Le rôle de Pistolet dans les Joyeuses femmes de Windsor
3. V. sur ce sujet les ingénieuses et savantes réflexions de M. Phila« rète CbasleSy dans ses Etudes sur Shakspeare, Paris, Amyot.
ce sir Lucy, dans le parc duquel on dit que le jeune William avait braconné; le vieux soldat taillé tout d'une pièce, qui fait mouvoir son esprit avec autant de raideur que son mousquet *, le noble qui met tout son plaisir à boire et qui s'endort chaque soir au milieu dés fumées du vin' ; et jusqu'à ces robustes constables auxquels la comédie contemporaine faisait une réputation générale de sottise et d'ivrognerie®. Une des caricatures les plus chères au peuple britannique, c'est celle d'un Français qui estropie la langue anglaise. Bien avant que nous eussions mis sur la scène l'Anglais ridicule, ils avaient imaginé le Gaulois ridicule. Nous trouvons, dans les Joyeuses bourgeoises de Windsor , un médecin de notre nation aussi emporté que mauvais linguiste. A côté de lui, figure un prêtre gallois dont l'accent barbare devait aussi égayer l'assemblée. Il est même juste de dire que celui-ci est le plus ridicule des deux et que, voulant nous donner deux exemples d'une détestable prononciation, Shakspeare a choisi le plus plaisantdans son propre pays. N'oublions pas le rôle de l'hôte que le théâtre anglais a créé et que Walter Scott, qui connaissait si bien Shakspeare et ses contemporains, a repris avec tant de bonheur. C'est un type disparu aujourd'hui, mais qui représentait à merveille un des côtés les plus piquants des mœurs anglaises. L'hôte se tient habituellement sur la porte de son auberge, qu'une enseigne monumentale désigne de loin aux passants; il a le visage fleuri et un embonpoint respectable, comme pour donner tout d'abord une idée favorable de la chère qu'on fait chez lui ; quand
i • \, Loi Joyeuse» femmes de Windsor,