‹ Shakespeare (volume 2)Chapitre 24 sur 112 · Much ado about notinçt act. i, se · texte numérisé non relu

Much ado about notinçt act. i, se

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dentamoctreoxdeBéatrice en mAme temps €it par la même ruse qu'elle. Du reste, une fois que sa passion est connue; il prend son parti en brave et il ne manque pas de bc»inès raisons pour s'excuaer. « le m'attends bien, 6'^<»*ie-4-il, à voir pleuvoir sur mdi les ^arcannes et les quoMbets, parce que je me suis longtemps moqué du mariage. Mais pourquoi les goûts ne clumgeraieBrt4ls pas ? Pourquoi des pardles en l'air, cette JBMEdrm-fe artillerie du «er-* veau, m'empôeberaient<«Ues de^uvvre mes penobants '? » Ailleurs il ajoute : « Un collège aitîer de Poseurs d'épi*grammes ne me ferait pas changer mes idées. Croyezvous que je me soucie d'ime satine ou d'un sarcasme? Non, celui qui s'inquiète des propos d'autrui n'osera rien faire qui ait le sens commun. Biref, j'ai résolu de me marier, et tout ce qu'on peut dire à l'e&contre m'est parfaitement indifférent. Vous auriee donc tort de rétorquer contre moi mon propre langage^ car l'homme est une créature changeante et c'est par là que je conclus '. »

Cette conversion de Bénédkt rentre dttas le thème fa* vori de Shakspeare. Ella jHfOuva une fois de plus la puissance de la pulsion. Qui lux résistera, quand le sceptique lui rend hommage T

Biron, le personnage le plus spirituel de Peities d'anumr perdues^ finit aussi par un ditbyrambe en l'honneur de l'amour. C'est im humoriste amusant, plein de verve et de gaieté, qui applique son ironie aux croyances et aux illusions de ses compagnons. Q fait partie d'une sorte 4e confirérie gu'a organisée le roi de Navarre pour se rendre célèbre. Mais dès le début, il se nH)que des statuts de l'ordre auquel il appartient. Il a juré^ avec Be& amis^ de

'1. Much ado about nothing, aet. i, BC. !• 3. /d.,act. V, se. 4.

frayailler, de vivre d'abstinence et de se mortifier pendant trois ans. Mais il n*a aucun goût pour ce genre de ^vie, et il se dédommage des privations qu'il entrevoit par nne foule d'épîgrammcs. On veut qu'il étudie. « A quoi bon tant de trarauxt répoud-il. Pourquoi pâlir sur un livre? Quand la vérité crève les yeux, â quoi bon se donner tant de mal pour la découvrir? Est-ce la peine de se condamner à une si laborieuse existence, pour en arriver à citer ce qu'ont écrit les autres? »

n ne croit pas à Faiistère vertu qu'affectent les courtisans du roi de Navarre, a Vous avez beau être résolus à vivre dans la pénitence, leur dit-il, vous n'échapperez point aux tentations. Chacun apporte en naissant ses penchants et ses goûts que la force ne saurait dompter. Si la tentation est d'accord avec votre caractère, vous y succomberez. Je vous prédis que la nécessité vous rendra parjures mille fois pendant ces trois années. » En effet, un des articles de leur règlement leur défend de s'entretenir avec des femmes. Dès le jour môme où il est promulgué, le roi de Navarre reçoit la visite d'une princesse de France envoyée en ambassade auprès de lui. Voilà doîM; Fédit réformateur vîolé par celui qui l'a porté, et qui devait donner l'exemple de la fidélité A la foi jurée. Cette première infraction aux conventions établies entraîne toutes les autres. On peut s'armer de courage dans le cabinet et décider à l'avance qu'on résistera à toutes les attaques des sens; mais, en face du péril, on se trouve moins fort et moins bien armé qu'on ne Tavait cru.

Les quatre jeunes gens, qui voulaient fuir la société des femmes ont à peine vu la princesse et ses trois suivantes, qu'ils deviennent tous quatre amoureux. Biron lui-même, le sceptique Biroff, est atteint par la contagion

de Tamour. Du moins il avait prédit qu'il ne fallait pas contrarier le vœu de la nature; il s'était moqué de la confiance que ses amis témoignaient en leurs propres forces, et s'il ne résiste pas mieux qu'eux, il lui reste la consolation de ravoir prévu. Il supporte courageusement son malheur, il ne s'épargne pas à lui même les épigrammes et il raille sa maîtresse, tout en reconnaissant qu'ilne peut pas s'empêcher de l'aimer. « Eh quoi I moi amoureux, dit-il, moi soupirer 1 moi chercher une épouse, une véritable montre d'Allemagne toujours dérangée, qu'il faut sans cesse réparer, qui ne va jamais bien et dont il faut toujours surveiller la marche! Que dis-je? Me parjurer, ce qui est pis que tout, et sur trois femmes, aimer justement la pire, une petite folle au teint pâle, au visage velouté, où sont incrustées deux boules noires, en guise d'yeux, une donzelle qui vous en fera porter, quand vous lui donneriez Argus lui-même pour eunuque et pour gardien. Et je soupire pour elle, et je perds le sommeil pour elle, et je la demande au ciel dans mes prières I Allons ! C'est un châtiment que Cupidon m'inflige pour avoir méconnu sa formidable et mignonne puissance*. » Chacun des nouveaux amants cherche à cacher sa passion à ses compagnons, pour n'être pas accusé d'avoir violé le règlement. Biron surprend le secret de tous, sans se trahir lui-même, et se donne le malin plaisir de les démasquer, en présence les uns des autres. « A quelle comédie bouffonne j'ai assisté, leur dit-il; de combien de soupirs, de gémissements, de douleur et de désespoir j'ai été témoin 1 » Et il les persifle sans pitié. Mais il est dénoncé à son tour. Lui aussi fait des vers, il pousse dos soupirs et il raconte ses chagrins amoureux aux

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