‹ Shakespeare (volume 2)Chapitre 28 sur 112 · I. The Merchantof Ventée , act. m, se. I · texte numérisé non relu

I. The Merchantof Ventée , act. m, se. I

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qui n'avait point eu pitié d'une grande infortune fût traité à son tour sans pitié. La loi morale qui domine toutes les conceptions des dramaturges angUiis le toulait ainsi. Hais, en même temps que le juif recevait ua châtiment mérité, le fanatisme des chrétiens était flétri en termes formels. C'est une des leçons qui ressortent le mieux de la pièce et que devaient le plus goûter les esprits philosophiques du seizième siècle.

Ia Marchmd de Veime a été fort étudié en Allemagne, où on le joue fréquemment et où il est Toccasion de nombreux commentaires. Ulrici et M. Gervinus y ont vu tous deux le développement d'une idée générale différente, et se sont trompés l'un et rauta*e par amour de la généralisation. Leurs opinions sui^ cette comédie sont un exemple frappant des procédés habituels de la critique allemande. Us y cherchent non des études de mœurs, qui soient du ressort de la poésie dramatique, mais la démonstration d'une de ces vérités profondes que poursuit la philosophie.

Suivant Ulrici, Shakspeare a voulu prouver qu'il n'y a rien de plus vrai que cette vieille maxime : Summum Jus, mmma injuria. Il fait sortir cette conclusion des deux intrigues qui se croisent dans la pièce. D'une part, Shylock s'appuie sur le droit strict, quand il réclame une livre de la chair d'autrui et, par conséquent, sa vie. Qu'arriverait-il si le contrat s'exécutait à la lettre? Le juif aurait acheté, moyennant une somme d'argent, le pouvoir de tuer légalement un chrétien. L'accomplissement du marché serait une criante injustice. Il vaut mieux, en ce cas, violer la loi que de la suivre jusqu'à être, injuste. Un jurisconsulte, moins subtil que Portia, qui ne s'attacherait qu'au sras littéral du billet signé

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