PRÉFACE. VU
dans la critique, ne doivent être que le point de départ de travaux plus rigoureux et plus exacts que ceux qui n'ont d'autre fondement que Testhétique. La preuve que les esprits philosophiques qui étudient Shakspeare le comprennent ainsi, c'est que leur activité ne se ralentit pas, et que tout en profitant de ce que font pour eux les scoliastes, ils vont plus loin et recommencent sur de nouveaux frais l'œuvre de leurs devanciers. En Allemagne, M. Gervinus venait à peine de terminer le quatrième et dernier volume de son grand ouvrage sur Shakspeare, que M. Ereyssig commençait sur le même sujet une nouvelle étude en trois volumes qui n'a été finie que cette année (1858-1860). En Amérique, le philosophe Emerson a donné une place au poète dans ses Représentative men; et en Angleten*e, pendant que M. Halliwell continue ses consciencieuses recherches, il parait à Edimbourg, sans nom d'auteur, une nouvelle exégèse de Shakspeare plus hardie et plus originale qu'aucune de celles que la Grande-Bretagne a produites.
Quelle que soit néanmoins l'audace particulière de certains esprits^ l'importance qu'on attache de toutes parts à l'étude du texte de Shakspeare les oblige désormais à compter, pour le comprendre, beaucoup moins sur leur imagination que sur l'étude attentive dé ses œuvres. 11 était temps qu'une nouvelle direction fût imprimée à la critique. Elle perdait de vue l'objet dont elle devait s'occuper, et , au heu d'étudier le poète, elle