‹ Shakespeare (volume 2)Chapitre 4 sur 112 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

exposait, à propos de son théâtre, des théories individuelles. On écrivait sur Shakspeare des livres où Tauleur Fabandonnait , dès les premières pages , pour résoudre à sa manière quelque problème d*esthétique, ou, si Ton s'attachait à l'interpréter, c'était avec l'intention de faire sortir de ses œuvres un système philosophique préconçu. Les Anglais , qui n'ont pas le goût de la généralisation , et qui , en prose , aiment les idées nettes autant qu'ils aiment le vague en poésie, ne tombaient dans ces défauts que sous l'influence de l'étranger et par entraînement. Mais en Allemagne, depuis Schlegel, Shakspeare a servi de prétexte aux rêves les plus bizarres. Les Allemands ont fait un Shakspeare à leur image, obscur, énigmatique, et toujours occupé à ramener ses conceptions à des formules abstraites; ils l'ont armé d'avance de la- science raffinée de la critique moderne, ils lui attribuent la connaissance préalable de tous les systèmes qu'eux-mêmes ont tirés, après coup , de ses pièces, et ils transforment ainsi son œuvre en une vaste synthèse qui embrasse les aspirations infinies de l'humanité. En interprétant habilement sa pensée, les différentes écoles de l'Allemagne, spiritualistes, panthéistes, réalistes, retrouvent en lui un de leurs ancêtres, et puisent dans ses drames des arguments en faveur des doctrines les plus opposées'. Shakspeare est tout, tout est

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