Thirdpart of king Henri F/, act. m, se
En effet, tous les personnages qu*il a intérêt à tromper tombent successivement dans les pièges qu*il leur tend. Son coup d'essai, c'est de feindre Tamour et même d*en inspirer, lui boiteux et bossu, et à qui? à la veuve du dernier prince de Galles, à la jeune femme qu'il a préci* pitée du trône et dont il assassiné le mari et le beaupère, n rencontre lady Anne au moment où elle conduit à Cbertsey le corps du roi Henri YI , qui a été retiré de Saint-Paul, et, en face de ce cadavre, il inteiTomptIc cortège funèbre pour faire une déclaration à la princesse. Repoussé avec mépris d'abord, il ne se décourage pas, il insiste, et il parle si bien, qu'il finit par toucher ce jeune cœur qui s'était gonflé de colère à son approche. Mais aussi comme il sait fasciner sa proie, quelle expression émue et attendrie il sait donner à son visage, quel air de sincérité à ses paroles ! On l'écoute, on le regarde, et peu à peu, à la réflexion, à la haine succède une sympathie involontaire. Sa voix tremble, ses joues se décolorent, il a des larmes dans les yeux. Gomment ne pas le croire quand il s'écrie, comme s*il était dominé par une émotion plus forte que sa volonté : « Moi, qui n'ai pas pleuré quand Rutland fut tué ni quand Warwick m'annonça la mort de mon père, maintenant je verse des pleurs? » Savoir exprimer les meilleurs sentiments, feindre de les éprouver sans en ressentir aucun, rester toujours maître de soi-même quand on parait le plus touché, n'avoir à la bouche que des mots de bonté, de bienveillance et de tendresse , parler, en efiet, comme le plus doux et le plus sensible des hommes, quand on ne se nourrit que de haine et d'ambition , telle est la comédie que joue Richard pendant toute sa vie et grâce à laquelle il trompe jusqu'au bout ses victimes.
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Ceux dont il Teat se défaille «mt ceux qu'il «asvesse le plus et qu'il a le mieui persuadés de son amitié. 11 accuse sourdem^t aon frère, le duc de ClaFânce, il attise contre lui la colère du pol ; mais en même temps il Ssii semblant de prendre sa «défense, il regrette de le ¥ûsr e^mduire à la Tour ou bai-mtsm Ta eay&yé^ iltsooge à le faire mourir «t il faû promet de le délhirrer. H a si hieA con^incu ice malbeuren prince de sa bonne foi, que celui-ci, est se débattant eatre les mains des assassins payés par Gioster', leur dit : « Si c'est la promesse d'an salaire qui tous £ût agir, letifea-^voiis, «et je vous adresserai à mon fière Clioster q«à vous payera ma vie i plus baut prix qu'Edouard ne tous eàit payé oaa fiBM>rt. Dites-lui que le jour où York, noire illustre père, ^^adit s(m bras victorieux sur ses trois fils p<Hir les bénir éL nous commanda, de toute la cliaieur de son âme, de nous limer les uns les aistres , il était loin de préyoir cette tacbe faite à notre amitié. — Dites cela à filoster et vous le verrez pleurer et s'attendrir. » Le témoignage des assassins ne peut détruire sa confiance en son frère. « C'est lui-même qui nous envoie, réposident-ils. — C'est impossible, reprend Clarence, car il a pleuré mon malheur, il m'a pressé dans ses bras, et m'a juré, avec des sanglots, de' tout faire pour obtenir mon élargissement. * j» Quand le roi dé^ne réconcilia: Richard avec les parents de la reine, Richard s'y prête de bonne grâce, 11 paraît tout disposé à faire la paix et 11 leur tend la xsmn au moment même où il est décidé à se débarrasser d'eux et à les accuser de la mort de Clîureaice. « Je ne connais pas , dit-il joyeusement » un seul Anglais vivant contra
1« King Richard ihe tkird, ftGt« i, ie« 4»
DRAMES HfSTOfilQUES. i9t
lequel mon eœur ait phis de rancune que n'en avrait l'enfant qm rient de naître. > Qui ne le croirait alor»? Déjà on Ini a entendu dire d'un ton pénétré : «r Quand en m*excîte contre mes ennemis, je me prends à sonprrer et je réponds que Dieu nous ordonne de rendre le bien, pour le mal. »
La crédulité de Hastings est un autre exemple de la confiance absolue qu'inspire le duc de Gloster à ceux qnll Teut tromper. Le duc arrive an ccnseU, le Tisage riante Faîr ourert et gracieux ; intérieureinent il a déjà condamné Hastings à mort. Cehii-ci, bien loin de pré- TOfr son sort, fait T éloge de la bonne hinnenr du protecteur. « n faut , dit-il , que Son Altesse soit occupée de quelque pensée qui lui plaise, pour nous avoir souhaité le bonjour arec tant de cordialité. A mon avis , il n'y a personne dans toute la chrétienté qui soit moins capable que lui de déguiser son affection ou sa haine. On peut sur-le-champ lire sur son visage ce qu'il a dans le ccrar. n n'a de mauvais vouloir contre personne dans cette assemblée, car si cela était, il Taurait laissé voir dans ses traits ^. » A peine a4-il fini de parler, que Gloster entre et demande sa tête. C'est là un de ces contrastes qn'atme le poète et qui font ressortir un caractère par le brusque rapprochement de l'apparence et de la réalité.
La politique artificieuse de Gloster ne s'exerce pas seulement dans le cercle de sa famille et de ses relati(ms privées. Pour obtenir la couronne, du vivant des fils d'iàdouard, il a besoin de tromper la nation^ et devant les délégués de la Cité de Londres il joue, en comédien consommé, une scène d'hypocrisie dans laquelle il a