‹ Shakespeare (volume 2)Chapitre 93 sur 112 · Cymbeline, act. m, se · texte numérisé non relu

Cymbeline, act. m, se

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de son injoaliee. D faut pour cela qu'elle atteigne le hlTre de Milfofd oit elle doit &*eaibarquer. Mais en route, accablée de fatigue, mourant de faim , elle entre dans une cavente où. elle rencontre trois incocmus. Ce sont ses deux frères etunvieux'seigiieur qui les a enlevés autrefois à Cymbeiine pour se Tenger de lui. Elle îgaore leur existence; eux-mêmes ne connaissent pas leur sœur. Cependant un penchant mutuel les rapproche, et, dès qu'ils se sont vus, ils s'aiment.

LTiîstoire de Guîdérius et d'Arriragos, qui complique la marche générale de la pièce et qui parsrft en déranger Funité, se rattache par un lien plus sensible au dévelc^ pement du caractère dTmogène qu'au reste de l'œuvre* Si l'on admet, comme je le crois, qu'Imogène soit le cen> tre de l'action, on établit sans peine un rapport entre sa destinée et celle de ses frères. C*est sous son patronage en quelque sorte et grâce à Fintérét qu'elle nous inspire, que les deux jeunes gens nous întéressent à leur toiHr dès qu'ils entrent en scène. Si leurs aventures ne se confondaient pas avec celles de leur sœur, le poète avraît beau nous les présenter sous des traits aimables, il aurait beau, même au dernier moment, leur donner le rôle de libérateurs de la Grande-Bretagne, nous regao^ derionsles scènes oh ils paraissent comme de purs botsd' œuvre. C'est à elle que nous songeons en les voyant, et nous ne nous occupons d'eux ipte loisqu'^ils lui parlent ou lorsqu'ils parlent (Folle. IVàilIeurs, leur admiration naïve concourt au dessein gteéral de Sliakspeare,. en nous faisant mieux eonnaftue la boBté et le charme de la jeune femme. La première ^s qu'ils ïaperçoîT^nt sous son costume dliorame^ ils s'arréteirt cemnie ai «me vision céleste leur apparaissait. « Si je ne le voyais man-

ger nos provisions, dît Bélarius le vieux seigneur, je le prendrais pour un sylphe... Par Jupiter, c'est un ange ou une merveille terrestre. Voyez cette divMié qui s'avance sous les traits d*un adolescent! » Quand ils Font quittée, î!s s'entretiennent de rîinpressîon <iu'elle a produite sur eux, et sa douce image se présente encore à leur es* prit. « Comme il chante f quelle toîx céleste ! dît Arviragus. — Avec quelle délicatesse H apprêtait nos mets ! répond Guîdérius. Tl découpait nos racines et en formait des chiffres élégants. T(os breuvages, prépares par ses mains, eussent rendu la santé à Jttnon malade. » De son côté, Imogëne éprouve pour eux une sympathie involontaire. Au sortir de la cour où elle souffrait, et oi on lui faisait un crime de ses se^ifirances , die rencontre enfin des hommes humains et sensibles. « €e sont de bienveillantes créatures , dit-elle. Dieu i que de mensonges j'ai entendus î Wos courtisans disent que hors de la cour tout est sauvage; comme Texpérienceme prouve le contraire * ! »

Le poète oppose ici, comme îl l'a fiiit ailleurs, surtout dans Comme i7 vous plaira ^ la simpHcité de ht vie pastorale aux vices des cours, ï! met du côté de lliomme élevé simplement les vertus mâles et les sentiments généreux. Au sein des bois, dans les montagnes sauvages où l'enfant de la nature dispute sa vie aux éléments et aux bêtes féroces, il n'avilît pas dans sa personne la dignité humaine; comme le courtisan, il ne vend pas sa liberté pour acquérir des richesses , car n'ayant pas de besoins, il méprise l'or; il ne dépouillé pas le feible, il

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