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V. no8 études sur les Contemporains de Shukspeare

JEUNESSE DE SHAKSPEARE. â7

un homme ou de chercher les moyens de le faire périr, de violer une jeune fille ou de comglôter contre son honneur, d'accuser quelque innocent et de me parjurer moi-même'. »

La pièce entière est écrite avec cette crudité de langage. Tout y est heurté, violent, contre nature. Un père y tue son fils et sa fille, et, pour se venger de l'assassinat de deux autres de ses enfants , fait manger à une mère les restes d'un fils. Une jeune fille, que ses ravisseurs ont déshonorée, paraît sur la scène avec la langue et les deux mains coupées.

Dans Périclès le ton s'adoucit et les caractères se rapprochent davantage de la nature. Ici , plus de violences ni de meurtres, mais une série de péripéties inattendues, des voyages sur mer qui dispersent les différents personnages sans les faire périr, des changements de scènes multipliés, un continuel imbroglio et des reconnaissances invraisemblables ; en un mot, les inventions fantastiques d'une imagination pleine de caprices. Le sujet de la pièce avait été indiqué à Shakspeare par la renommée populaire. C'était une légende tirée d'un roman grec du cinquième ou du sixième siècle, recueillie par un certain Godefroi de Viterbe , et traduite en anglais par Gower, contemporain du vieux Chaucer. On la chantait, nous dit le prologue de la pièce, au milieu des festins, au coin du feu et dans les fêtes solennelles ; les grands seigneurs et les dames de qualité la lisaient pour charmer leurs loisirs. Le poète change la forme épique que le romancier a donnée aux aventures de Périclès et les découpe en scènes dramatiques. Il ne le fait point, il

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