‹ ShakespeareChapitre 25 sur 137 · V. Nathan Drake, Shakspeare and histimes · texte numérisé non relu

V. Nathan Drake, Shakspeare and histimes

cène, il eut des épreuves personnelles à traverser et , peut-être fut-ce le contre-coup de ses malheurs que ressentit Shakspeare, lorsqu'au commencement du dixseptième siècle, celui-ci composa Hamlet et laissa voir, par le choix de ses sujets dramatiques, une disposition à la mélancolie. Lord Southampton commit l'imprudence de désobéir à la reine sur une question que les hommes ne soumettent pas en général au contrôle des puissances politiques, mais que le despotisme féminin d'Elisabeth faisait entrer dans les attributions delà royauté. Il aima, sans la permission de sa souveraine, miss Vamon, cousine du comte d'Essex. On lui défendit de l'épouser, il s'obstina, et, après quelques aventures qui nous font connaître la violence de son caractère, après avoir pris à l'abordage un vaisseau espagnol , dans l'expédition qu'Essex dirigea contre la flotte de Philippe II, après s'être battu eti duel avec le comte de Northumberland et avoir frappé, dans l'antichambre même de la reine, un (îe ses chambellans, il se maria, malgré la défense formelle qui lui en avait été faite. Elisabeth répondit à cette bravade en l'envoyant à la tour de Londres, où il passa sa lune de miel. Il n'en sortit que pour conspirer avec Essex, il fut pris, condamné à mort, comme son chef, et obtint par grâce que sa peine fût commuée en une détention perpétuelle dont le délivra l'avènement de Jacques I".

Ces cinq années de vicissitudes et de malheurs qui commencent en 1598, date du mariage de lord Southampton, correspondent précisément à l'époque où Hronie de Shakspeare devient plus amère et accuse, avec un accent plus douloureux, la méchanceté humaine. Sous le nouveau roi, le fougueux gentilhomme recouvre ses

places* SCS bomieim el on ]ditt gpriBd crédit que Cet heureux changement snrrena dans la posàîoB de lord Soothampton ne fut sans dcMde pas une des moâdfes causes da bonheur €t de la tranquillité d'esprit que retrouva Sbakspeare dans les demiètes années de

D y eut toujours néanmoins entre les deux amis la différence des rangs, qu'il ne dépendait d'aucune bieuTeillance de combler, et que Cûsait ressortir daiautage encore la constitution aristocratique de TAngl^eFre. Le comédien Shakspeare ne pouvait, malgré son génie, s*estimer Tégal d'un des plus grands seigneurs da royaume. Il semble qu'il eu ait souffert, au moins an début de leurs relations, et, parmi les sentiments qu'il épanche dans ses sonnets, on voit poindre un regrel douloureux de la destinée humiliante à laquelle il est condamné. C*est alors qu'il s'écrie : « Disgracié par la fortune et les r^ards des hommes, je pleure tout seul sur ma condition proscrite, je tpouble le ciel sourd de mes cris stériles, je jette les yeux sur moi et maudis mon sort*. » Ailleurs, il ajoute, sous l'influence de la même tristesse : « Ne pleurez pas sur moi, quand je serai mort» plus de temps qu'il n'en faut au glas sinistre de la cloche pour annoncer au monde que je me suis enfui de ce yU monde, pour demeurer avec les vers les plus vils... Que votre amour pour moi finisse avec ma vie même, de peur que le monde sage ne regarde vos gémissements et ne se moque de vous, à cause de moi, quand je n'y serai plus ^ »

Le grand poète sent peser sur sa tête le préjugé qui

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