‹ ShakespeareChapitre 27 sur 137 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Seconde période de la vie de Shakspeare. -t- Ses comédies. — Prédominance de la comédie de caractère sur la comédie d'intrigue. — Ses types comiques, le pédant, le Français, l'hôte, le bouffon, le capitaine fanfaron, les valets et les soubrettes. — Caractère moral de ses pièces. — Respect du poëte pour le mariage et pour l'autorité paternelle. — Importance de I*amour dans ses œuvres comiques. — Ses nombreux types d'amants. ~r Les personnages humoristiques de Shakspeare. — Faut-il les considérer comme les seuls interprètes de la pensée dn poëte P — Le Marchand de Venise et les critiques allemands.

On distingue en général les œuvres des poètes comiques en comédies de caractère et comédies d'intrigue. Cette division ne s'applique qu'imparfaitement aux pièces de Shakspeare. Chez lui, Tintrigue est presque toujours la partie faible et sacrifiée ; il la prend toute faite dans les nouvelles italiennes ou dans les romans du moyen âge; il ne s'inquiète pas de l'accommoder aux exigences de l'art dramatique, il en conserve les longueurs et les invraisemblances; il l'accepte comme un texte donné par la tradition, auquel il ne faut rien* changer, pour ne pas dérouter le public, et il n'y voit qu'une occasion de développer des caractères. Il ne sait pas qu'il y a un art de l'agencer habilement et d'en nouer les fils avec tant de dextérité, que l'enchaînement seul des scènes procure aux spectateurs un plaisir de curiosité, indépendant de toute impression littéraire ou morale. Le moindre vaudevilliste de nos jours s'étonnerait tantôt

Page 1