King Richard the third^ act. i, se
sa place par le meurtre de Henri VI. « Où est ton' époux maintenant? lui dit-elle, où sont tes frères? où sont tes deux fils? où sont tes joies? qui t'implore? qui s'agenouille et dit : Dieu sauve la reine? où sont les grands respectueux qui te flattaient? où est la foule qui accompagnait tes pas? Rappelle tous ces souvenirs dans ta mémoire et vois ce que tu as maintenant I — 0 toi qui excelles à maudire, répond la malheureuse reine, reste encore un instant et apprends-moi à maudire mes ennemis. — Ne dors pas la nuit et jeûne le jour ; compare ta félicité morte avec tes douleurs vivantes ; représente-toi tes enfants plus beaux qu'ils n'étaient et leur meurtrier plus hideux qu'il n'est ; exagère le prix de ce que tu as perdu, pour haïr davantage l'auteur de cette perte; que ce soient là les pensées qui t'occupent et tu apprendras à maudire ' I »
Shakspeare fait ainsi de Marguerite la personnification d'une idée, encore plus qu'un caractère ; il la charge de représenter le désir delà vengeance, tel qu'il peut s'emparer d'une âme passionnée, à une époque de violence et de luttes sans pitié. Il l'anime de l'esprit sanguinaire qui inspire trop souvent les hommes du moyen âge et qui n'éclate nulle part avec plus de fureur que dans la guerre des deux Roses.
Quand nous ne connaîtrions pas la date de Richard III , la conception de ce rôle d'une Némésis moderne suffirait pour nous faire supposer que la pièce a été écrite dans la jeunesse du poëte. Elle est, en effet, de \ 593 ; elle succède immédiatement à la dernière partie de Henri VI et elle précède la tétralogie des Lancastres. Lorsque Shak»-