King Richard the second, act. m, se
n*a même pas celle de lutter contre elle. Il s'y résigne tout de suite, sans combat, non pas avec la virilité de la résignation chrétienne qui exige un effort de la volonté, mais avec Tafifaissement d'une nature inerte qui s'abandonne elle-même, pour devenir le jouet des événements. Il a encore des éclairs de colère, il se fâche et il s'irrite contre ceux qui l'insultent, mais la pensée ne lui vient pas de se soustraire à son §ort par un acte énergique. Arraché brusquement à la sécurité qu'entraîne la possession paisible d'un trône, il se replie sur lui-même et l'activité de son esprit, qui se laissait distraire par le spectacle du monde, se ranaène à l'analyse des sentiments qu'il éprouve. Sa pensée indécise flottait au hasard ; elle se recueille maintenant sous le coup du malheur et se revêt d'une teinte mélancolique qui la rapproche d'une philosophie détachée des biens terrestres. Elle s'exprime alors, par un procédé familier à Shakspeare, sur le ton de l'ironie et avec une amertune qui n'épargne aucun des préjugés humains. Le roi trompé et trahi méprise tout ce que fait, tout ce que pense l'homme, cherche la vérité derrière les voiles dont l'hypocrisie sociale la couvre et arrache de son cœur, avec un douloureux plaisir, toutes les attaches par lesquelles il tient encore à l'existence. « Qu'on ne me parle plus de consolation 1 s'écrie-t-il, quand il a appris que ses favoris ont été mis à mort. Nos biens, nos vies, tout ce que nous possédons appartient à Bolingbroke ; il n'est rien que nous puissions dire nôtre, rien si ce n'est la mort, et ce chétif morceau d'argile qui sert à recouvrir nos os. » Pendant qu'il parle, ses serviteurs l'écoutent avec le respect qu'on témoigne d'ordinaire aux souverains. « Couvrezvous, leur dit-il brusquement, et n'insultez pas à un être
àt chair et de sang par les démonstntioiis (fan respect ridieiile. Kitex de eAlé les iMnneizrs traditioiuiels, Fétîqoette et les eérémoaîes. Joaqa'à prés^it. toos tous ^Hes mépris mr mon compte. G)mme toos. je tû de pain, je ress^is les besoins éi la doolenr : je ne puis me passer d'amis, Soomis à tontes ces nécessîtés, comment poùrex-vons me dire qœ je snis roi ? * »
Quoique abattn par le maDiear et incapable de résister à la main qai le firappe, il n'est point calme cependant, n rongit quelquefois de son humiliation et fl se juge luimètne aussi ^éveretneat que peorent le âûre les témoins de sa Êûblesse. Quand ou Tient lui demander de rendre \ BoliBgbroke tous ses biens et de révoquer Tarrét prononcé contre lui , il le fait sans difficulté, mais il ajoute aussit/jt : ^ 0 Dieu ! ô Dieu l faut-il que ma bouche, après aToir prononcé contre cet homme un rigoureux arrêt de bannissement, le réroque aujourdliui, arec des paroles bienveillantes? Oh ! que ne suis-je aussi grand que ma douleur ou moins grand que mon nom? Oh ! que ne puis-je oublier ce que j*ai été ? ou ne plus me rappeler ce qu'il faut maintenant que je sois? » Puis U ajoute, un instant après, arec un complet abandon de sa volonté : < A présent, que doit faire le roi ? Se soumettre. Le roi se soumettra. Veut-on le déposer ? Le roi s'y résigne. Veuton qu'il renonce au nom de roi ? Pour Dieu, qu'on le lui 6t^; ! Je suis prêt à échanger mes joyaux contre un rosaire. . . et mon vaste royaume contre un étroit tombeau^ ! » Ces alteniatives de résignation absolue et de résignation mêlée de regrets concourent, avec l'ironie qui s'y ajoute , à donner à Richard une physionomie atta-