‹ ShakespeareChapitre 53 sur 137 · King John, act. m, se · texte numérisé non relu

King John, act. m, se

par sa âûblesse, il commel antant de mal qu'jm méchant. Shaispeare montre, dans ce rôle comme dans celai de Henri VI, qoe les qualités qui seraient permises à on particulier deviennent des défauts chez un roi. Déjà la même idée avait été indiquée par Marlowe dans Edouard IL Shakspeare la reprend et la développe poor la seconde fois. Afin de nous intéresser au sort de Richard n, Q a besoin de tout son art, car il n'y a tiea de moins tragique qu'un caractère irrésolu. Comme il n'a point à nous parler de grandes actions, il faut qu'il nous peigne des sentiments , et c'est en effet l'âme du prince plus que sa conduite qu'il étudie. Il ne peut, sur ce point, demander des renseignements à l'histoire, qui ne s'occupe que de la vie publique des souverains. (Test par intuition qu'il devine les agitations secrètes d'un cœur royal. Et cependant comme il paraît bien informé et avec quelle exactitude . il décrit les phénomènes du monde moral ! D se représente, par la force de son imagination, ce que doit être un prince qui n'a pas su garder sa couronne, il le juge d'après les actes que lui attribue l'histoire et il recompose ainsi une physionomie qui n'est peut-être pas véritable, mais qui, à coup sûr, mériterait de l'être. Telle qu'elle est du moins, elle nous procure l'illusion que nous cause un portrait, dont nous disons qu'il doit être ressemblant, sans avoir vu l'original.

La faiblesse, qui fait le fond du caractère de Richard, perce dès qu'il est entré en scène et mis en demeure d'agir. Il refuse d'abord et accorde ensuite au duc de Norfolk et à Bolingbroke l'autorisation de se battre en champ clos ; puis, au moment du combat, il la leur retire et les condamne à l'exil, l'un pour dix ans, l'autre

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pour toujours. 11 revient même un peu après sur un de ses arrêts et il adoucit la peine de Bolingbroke. Pour éviter une effusion de sang que commandent les lois de la chevalerie, il commet une injustice, en frappant deux seigneurs, dont l'un est certainement innocent. Cette double punition est une sorte de compromis qu'accepte sa conscience, afin de n'avoir pas à répondre de la mort, même juste, d'un homme. La faiblesse du roi se révèle, non-seulement par l'irrésolution dont il fait preuve, quand il devrait prendre un parti énergique, mais encore par les entraînements auxquels il cède, sans savoir résister à ses passions. Il est entouré d'une troupe de favoris avides qui gaspillent les finances de l'État, et il n'ose les en empêcher. Aussi, quand il a une guerre à soutenir, trouve-t-il ses coffres vides et en est-il réduit à affermer les revenus du royaume : mesure impolitique qui soulève contre lui l'indignation générale. Il va même jusqu'à confisquer les biens de son cousin, du fils de Jean de Gand, pour se procurer l'argent dont il a besoin. Cette série de fautes, toutes causées par l'indolence de Richard, le conduisent sur le bord d'un abîme qu'il ne découvre qu'au moment où il va y tomber. Bolingbroke s'est soulevé; il arrive de France, réclamant l'héritage paterneï et entraînant à sa suite les nombreux mécontents d'Angleterre. Néanmoins il serait encore temps d'agir. Un roi énergique essayerait d' étouffer la rébellion à sa naissance. Richard, qui guerroie en Irlande, qui a sous ses ordres une armée toute prête, pourrait marcher surle-champ contre les révoltés et les attaquer avant qu'ils aient grossi leurs forces; mais il hésite, il attend et il laisse échapper l'occasion qui ne reviendra plus. Les Gallois, qui s'étaient rassemblé^ pour le défendre, se dis-

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persent sur le taux, bruit de sa mort, que confirme s<m inaction. Un retard d'un jour lui fait ainsi perdre douze mille hommes. Pendant ce temps, Bolingbroke avance et c'est lui qui prend l'offensive. Au lieu de chercher les moyens de résister, le roi se berce d'illusions puériles. Comme les esprits faibles, il ne veut pas croire au danger, tant qu'il ne l'a point vu, et il se renferme dans une sécurité trompeuse dont sa paresse s'accommode. Son imagination plus puissante que sa raison lui fournit un prétexte pour ne point agir et il en profite. « Ne suis-je pas roi ? se dit- il à lui-même. Un roi a-t-il quelque chose à craindre ? Le nom de roi ne vaut-il pas quarante mille hommes? Tous les flots de l'Océan ne sauraient effacer du front d'un roi l'onction sainte. La parole des mortels ne saurait déposer le représentant que le Seigneur s'est choisi. A chacun des soldats que Bolingbroke a réunis pour lever le fer contre notre couronne d'or. Dieu, pour défendre Richard, oppose et entretient à sa solde céleste un ange immortel*. » C'est ainsi qu'un homme sans volonté cherche à se rassurer lui-même et se dispense de prendre un parti. Il laisse faire le ciel ; mais le ciel n'aide que ceux qui s'aident eux-mêmes. Richard reconnaît bieûtôt qu'il s'est trompé, que les anges ne veillent pas sur lui et que, malgré son caractère sacré, il est à la merci de Bolingbroke. Il passe alors derexcès de la confiance à l'excès de l'abattement. La faiblesse qui n'a pas empêché un fait de s'accomplir, quand elle l'aurait pu, le subit en effet, quand il est accompli, avec une sorte de fatalisme, comme une nécessité inévitable. Richard, qui n'a pas eu la force d'éviter sa destinée,

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