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lequel mon cœur ait plus de rancune que n'en aurait Fenfant qui vient de naître. » Qui ne le croirait alors? Déjà on lui a entendu dire d'un ton pénétré : « Quand on m'excite contre mes ennemis, je me prends à soupirer et je réponds que Dieu nous ordonne de rendre le bien pour le mal. »
La crédulité de Hastings est un autre exemple de la confiance absolue qu'inspire le duc de Gloster à ceux qu'il veut tromper. Le duc arrive au conseil, le visage riant, l'^r ouvert et gracieux ; intérieurement il a déjà condamné Hastings à mort. Celui-ci, bien loin de prévoir son sort, fait l'éloge de la bonne humeur du protecteur. « ri faut, dit-il, que Son Altesse soit occupée de quelque pensée qui lui plaise, pour nous avoir souhaité le bonjour avec tant de cordialité. A mon avis , il n'y a personne dans toute la chrétienté qui soit moins capable que lui de déguiser son affection ou sa haine. On peut sur-le-champ lire sur son visage ce qu'il a dans le cœur. D n'a de mauvais vouloir contre personne dans cette assemblée, car si cela était, il l'aurait laissé voir dans ses traits ^.\» A peine a-tril fini de parler, que Gloster entre et demande sa tête. C'est là un de ces contrastes qu'aime le poète et qui font ressortir un caractère par le brusque rapprochement de l'apparence et de la réalité.
La politique artificieuse de Gloster ne s'exerce pas seulement dans le cercle de sa famille et de ses relations privées. Pour obtenir la couronne; du vivant des fils d'Edouard, il a besoin de tromper la nation, et devant les délégués de la Cité de Londres il joue, en comédien consommé, une scène d'hypocrisie dans laquelle il a