King "Richard the tkird, act. m, se
posé de quelques desseins arrêtés depuis longtemps. On se parle à soi-même quand on est ému, quand on est sollicité en sens contraire par des motifs également puissants ; on le fait moins quand on est décidé. Il n'est pas non plus très-naturel qu'un personnage fasse avec cyniime les honneurs de lui-même, qu'il s'attribue les sentiments les plus bas et qu'il dévoile toutes les mauvaises pensées qui se cachent au fond de son âme. Il y a des choses qu'on ne se dit pas tout haut, des idées qu'on ne s'exprime pas, qu'on ne ramène pas à une forme précise et qu'on laisse dans le vague, par une sorte de pudeur instinctive.
Gloster déchire tous les voiles et se confesse sur la scène. Il épargne ainsi toute besogne à l'esprit du public, il porte sur ses propres actions le jugement qui doit être celui des spectateurs intelligents, et il nous indique, ce qui n'est guère vraisemblable, tous les motifs que nous avons de le mépriser. « Je fais le mal , dit-il quelque part, et je suis le premier à jeter les hauts cris. Je mets sur le compte des autres les méchants tours que je trame dans l'ombre. — J'habille ma scélératesse de sentences prises dans les livres sacrés , et j'ai l'air d'un saint quand j'agis le plus en démon ^ . y> Nous aimerions mieux que cela ne nous fût pas dit. Nous le voyons et nous le verrons assez, dans la suite de la tragédie, sans qu'il soit nécessaire que le coupable s'accuse. Il y a même un contraste choquant entre la brutalité des aveux de Gloster et la finesse dont il fait preuve pour atteindre son but. Un homme si habile, si habitué à dissimuler avec les autres, n'est pas si sincère avec lui-même ; dans la soli-