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PRÉFACE. XIII

viDus lui-même, dont les études sont si consciencieuses sur tout le reste, parle de nous comme si nous n'avions pas changé depuis le dix -huitième siècle, et s'escrime inutilement contre des idées qui sont mortes chez nous avec l'ancien régime. Il se fût épargné la peine de relever les nombreuses hérésies que renferme la lettre adressée par Voltaire à l'Académie, à propos de la traduction de Le Tourneur , s'il avait bien voulu lire la leçon que M. VUlemain a consacrée à cette question dans son Cours de littérature. Il y aurait appris qu'il ne faut pas prendre pour un jugement définitif un accès de colère, et surtout que depuis un demi-siècle persbpue, eu France, ne compare Shakspeare à un Gille couvert de haillons.

Puisque l'opinion redevient favorable à la critique française en Angleterre, et même en Allemagne où on Ta si longtemps et si injustement accusée de ne pas comprendre le théâtre anglais, le moment n'est-il pas bien choisi pour publier en France une étude complète des œuvres de Shakspeare ? Le seul reproche qu'on puisse encore nous faire à l'étranger, c'est de nous en être tenus sur ce sujet à des considérations générales ou à l'analyse particulière de certaines pièces. Peut-être aussi sommesnous restés trop indifférents aux grands travaux des Allemands qui renferment tant de vues neuves et profondes pour qui sait les découvrir sous l'obscurité d'un langage abstrait. M. Philarète Chasles, l'homme de

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