XII PREFACE
glaise S un article remarquable où Ton reproche aux Allemands de prêter à Shakspeare une foule d'intentions, de desseins cachés et de théories philosophiques qu'il n'a jamais soupçonnés, et où l'on oppose aux rêves d'Ulrici et du docteur Rotscher les jugements si vrais de MM. Guizot, de Barante et Villemain. On y rappelle, sous forme de leçon adressée à l'Allemagne, que l'illustre auteur du Tableau de la littérature française au dix-huitième siècle, et de Y Essai sur Shakspeare, a rendu depuis longtemps pleine justice au jpoëte anglais, et qu'aucun Allemand n'a aussi bien parlé que lui des pièces qu'il a étudiées.
Ainsi, après beaucoup de tentatives ambitieuses et avortées, les étrangers en reviennent eux-mêmes au point où nos maîtres avaient laissé la critique de Shakspeare, il y a près de quarante ans. Ce n'est point un médiocre honneur pour l'esprit français que d'avoir trouvé sitôt des traits justes et délicats pour caractériser le génie d'un poëte dont nous comprenons les beautés moins facilement que les peuples de race teutonique. Nous avons d'autant plus de motifs de nous en réjouir que les critiques d'outre-Rhin ne citent jamais ceux de nos écrivains qui se sont occupés du théâtre anglais, et qu'ils feignent de croire queiious en sonmies restés sur ce sujet aux opinions de Voltaire. M. Ger-
I. Beutley'6 Quarterly Rewiew, Shakapearian literature, oct. 1859.