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V. à ce Bi^et VA utobiographie de Gcethe

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qu'il doit une vengeance aux mânes de son gère, ni assez audacieux pour le venger. Uun renonce volontairement à la vie par faiblesse et par impuissance; Tautrey renoncerait, sans aucun doute, comme Tannonce son premier monologue, si elle ne lui était ôtée.

Mais lorsqu'on étudie attentivement leurs caractères, on s'aperçoit que les circonstances n'exercent sur eux qu'une influence s( condaire ; on pourrait retrancher de leur histoire les malheurs dont ils sont victimes , sans que leurs sentiments fussent changés et sans qu'ils pussent se réconcilier avec la vie. Ce n'est pas un événement précis, particulier; c'est leur tempérament qui conduit l'un au suicide , l'autre à une mort désirée. Il serait puéril de dire que Werther se tue parce qu'il aime Charlotte ; son amour n'est que l'occasion et le prétexte de son désespoir ; lors même qu'il n'eût pas connu Charlotte, il se serait infailliblement tué. Le coup de pistolet du dénoûment est prévu. Le suicide du jeune homme tient à la disposition habituelle de son âme. Tout deviendrait pour lui un motif de renoncer à l'existence. Qu'Hamlet ne voie pas l'apparition terrible qui lui révèle un crime et qui lui commande la vengeance, il n'en sera ni plus heureux ni plus calme; il n'en éprouvera pas moins le désir ardent d'échapper à la terre et de s'élancer vers les régions plus hautes où brille une plus pure lumière; il n'en portera pas moins dans tous ses sentiments' ces doutes orageux qui troublent sa conscience et qui empoisonnent jusqu'à son amour. Le travail incessant de la pensée , la réflexion passionnée fatiguent cet esprit malade. Les plaisirs de la jeunesse ne lui apportent plus aucune jouissance; le monde extérieur ne lui inspire que mépris et révolte. Qu'il ait ou non à remplir un devoir

douloureux, sa carrière n'en sera pas moins malheureuse et courte. L* ombre de son père ne décide pas de son sort qui était depuis longtemps décidé; elle donne seulement une direction nouvelle à ses méditations.

Repassons dans notre mémoire le premier acte de la pièce ; rappelons-nous Teffet que produit sur le jeune Hamlet cette vision surnaturelle, et combien son imagination en est frappée. L'apparition est d'autant plus vraisemblable que celui à qui elle s'adresse est déjà préparé, par l'art du poète, à* croire aux merveilles du monde invisible dans lequel plongent incessamment ses regards '. Hamlet qui fuit la société, qui cherche la solitude, qui s'entretient avec lui-même dans un langage mystérieux, semble tout prêt d'avance à converser avec les esprits, et, lorsque son père se montre, ses visions n'ont fait que prendre un corps. Dès lors ce vague malaise qui le tourmentait, cette inquiétude sans but qui le poursuivait toujours, trouvent un aliment réel. Il souffrait sans connaître les motifs secrets de sa douleur ; maintenant il sait pourquoi il souffre. Il va être obsédé par une pensée unique. A peine son père s'est-il éloigné, en lui recommandant de ne pas l'oublier, qu'il s'écrie :

« Me souvenir de toi! oui, ombre malheureuse, tant que la mémoire aura un siège dans ce cerveau en désordre. Me souvenir de toi ! oui, je veux, du registre de ma mémoire, effacer tous les souvenirs frivoles, toutes les maximes puisées dans les livres , toutes les impressions du passé, tout ce que la jeunesse et l'observation y ont déposé; et, à leur place, sur les tablettes de mon

1« V«^ rar rapparition de Tombre dans Hamlet, la leçon où M. Villemrfirr ctmrpHre \e, mt^ne.Whux rie Sltakspeare à celui de Voltaire. — fublem de k ÎÀnéruiure française au XVIH' siècle, 9« leçon.

cerveau, ton commandement figurera seul et dégagé de tout alliage impur. »

En effet, il a reçu une impression profonde. Depuis lors, rimage de son père assassiné s'offre sans cesse à son esprit. Dans une situation semblable, un héros tragique de Fantiquité, Oreste, par exemple, passerait facilement de la pensée à Faction; le crime une fois connu et révélé, il en punirait les auteurs sur-le-champ; il frapperait sans délibérer Claudius, et peut-être sa mère. Mais Hamlet est trop habitué à réfléchir pour agir si vite. Il ne cède point à un emportement violent, il médite sur la conduite qu'il doit tenir, et, pour mieux surveiller les coupables que lui désigne Tombre du roi de Danemark, pour ne point courir le risque de laisser pénétrer son secret, dans le cas où des paroles trop claires lui échapperai^t, il contrefait Finsensé. En cet état, lorsque sa raison paraît affaiblie, il peut tout entendre-et tout dire. L'incohérence de son langage et le désordre apparent de ses idées écartent tout soupçon. Pendant que ceux qui Fentourent cherchent à deviner la cause de sa folie et s'appliquent à la guérir, lui-môme, toujours maître de son esprit, observe ce qui se passe et recueille les indices qui peuvent confirmer les révélations du spectre.

On s'est étonné quelquefois que iShakspeare ait attribué à son héros tant d'indécision et de faiblesse. J'admire, au contraire, la variété des caractères qu'il trace. Lui qui a représenté tant de personnages emportés par la passion, il étudie une face ' nouvelle de la nature humaine. Au lieu de nous montrer, comme Font fait si souvent les poètes tragiques, un homme qui cède sans réflexion aux premiers mouvements de son âme, il décrit les agitations et les incertitudes d'un esprit

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inquiet , peu disposé à Faction , plus capable de raisonner sur les événements que de les conduire, pressé d'ailleurs par un devoir qu'il ne peut remplir sans commettre un crime.

On a trop jugé Hamlet au point de vue de la fatalité antique. Sans doute, si le prince de Danemark obéissait à une puissance irrésistible, s'il appartenait à une race maudite, qui a commencé par le meurtre et qui doit finir par le meurtre , il ressemblerait davantage aux héros d'Eschyle ; mais il n'est ni du même temps, ni de la même religion. Oreste frappe sans scrupules ; il punit de la peine du talion ceux qui ont tué son père. Aux yeux d'un chrétien, la vengeance ne paraît ni si juste ni si nécessaire. Dans la tragédie d'Alfieri , où le rôle d' Oreste est accommodé aux idées modernes, le fils d'Agamemnon s'arme malgré lui contre sa mère et ne la tue que dans un moment de folie où il ne reconnaît aucun de ceux qui l'approchent. Ainsi le voulaient les mœurs d'une société chrétienne qui, autrement, n'eût pas toléré l'atrocité du parricide.

Hamlet, en sa qualité de chrétien , doit hésiter à poignarder son oncle, le mari de sa mère, sur la foi d'une apparition évanouie, qui n'est peut-être que le rêve d'une imagination en délire. Ne comprenons -nous pas qu'il hésite ? 11 voudrait agir et il craint de le faire. S'il avait été dupe d'une illusion de ses sens I Si les coupables que l'ombre lui a désignés étaient innocents ! Ces perplexités nous émeuvent ; car, dès qu'une lutte violente s'engage dans le cœur d'un personnage dramatique, dès que ces combats sont portés sur la scène , ils nous inspirent un intérêt puissant. C'est cette incertitude et cette loyauté d'Hamlet qui constituent la tragédie. Il

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prolonge la sitoation , il retarde le dénoAment par sa ▼erta. Voyez -le, pendant sa folie , attentif à ne pas se trahir laHnême et à démêler la vérité qui se cache dans le coeur des coupables. Il consacre à cette investigation difficile toutes les forces de son esprit, et comme son esprit est très-ingénieux et très-pénétrant, il trouve un moyen presque infaillible de confondre Claudius et la reine. Pendant la représentation qu'il fait donner par des comédiens de passage et qui retrace la scène du crime , il observe le visage des deux époux. Le roi se trahit par son émotion ; c'est lui qui est l'assassin, car il a pâli et interrompu la pièce avec terreur.

On se demande alors pourquoi Hamlet n'agit pas ; pourquoi , lorsque le crime est manifeste, il ne le punit pas sur-le-champ ; pourquoi il n'a pas saisi son épée, au moment même où il épiait l'effet que devait produire la représentation sur le >'isage du monarque. Mais que l'on songe un instant à la responsabilité qui pèse sur sa tête et aux remords qui suivraient son action, s'il se trompait I Le sentiment qu'il éprouve, c'est l'émotion du jury qui va condamner un accusé à mort, sur de simples indice^. Si tous les hommes hésitent alors si les plus sévères et les plus fermes tremblent de frapper un innocent, que ne doit pas éprouver un jeune prince qui se charge d'exécuter lui-même l'arrêt qu'il aura porté, et qui doit juger, non pas un étranger ni un indifférent , mais le frère de son père et le mari de sa mère ?

A ce moment, sans doute, on peut faire un reproche au héros. Hamlet manque de bonne foi avec lui-même ; il ne s'avoue pas ses angoisses secrètes. Dans le monologue du troisième acte, lorsque , tout plein encore de la colère que lui a causée l'étrange égarement de son

oncle devant les comédiens, il le rencontre seul et en prière, lorsqu'il pourrait le tuer justement et qu'il en a le désir, il ne nous dit pas la véritable raison qui arrête son bras. S'il recule encore , ce n'est point qu'il craigne d'envoyer au ciel l'âme de Claudius ; non, les motifs de son hésitation ne sont ni si spécieux , ni si cruellement raffinés; il ne frappe pas, parce qu'il craint de commettre un meurtre et que son cœur généreux s'indigne d'un assassinat. S'il s'agissait d'humilier le criminel par des paroles sévères, par l'éloquence et l'amertume du langage, ce rôle lui conviendrait mieux. Lui qui n'a point su punir son oncle , il punira sa mère dans une scène pathétique où il retrace les vertus de son père et le crime de Claudius ; il ne mettra pas le poignard à la main , mais, comme il le dit lui-même , il y aura un poignard dans chacune de ses paroles, et il aura déchiré le cœur de la reine. Il se venge autant qu'il peut le faire, sans en venir à un acte décisif.

Shakspeare nous a habitués aux personnages qui, par la force de leur volonté ou par le développement de leurs passions, créent eux-mêmes les situations dans lesquelles ils se trouvent. Nous avons vu, par exemple, que le roi Lear, aussi bien qu'Othello, tenait entre ses mains son propre sort, et décidait de sa destinée par une action dont l'influence s'étend sur toute la pièce. Hamlet ne leur ressemble pas ; au lieu de provoquer les événements par son énergie , par un vice ou par une vertu dominante, il les subit sans résistance, il en est la victime et non l'auteur. 11 se laisse envoyer en Angleterre par le roi dont il se défie et dont il doit redouter les projets comme autant de pièges; il obéit, les yeux fermés, et si un hasard providentiel ne plaçait sur son

thtmm ifes firsÊé» qû ie fiMit pnMOtticr et fMiht, 4!iaitt ïttsf^Àr ^¥mnft mi^«tt. il ne jeuitUT 30D p«Te ai se détendre iiû-iiutee.

Lji faîbksée «Je sa toodnite tienl aux caoses que mmti arcns diéjâ signalées: plus k nMmeBl approdie* nït phs sa réflfcololîott TatQIe. D TGadraît que les éTfin^fls se déiMOiiasscnt d^eux-ménies^ sans » partkipatioB. et c'est précisémenl ce qui Tai armer. Ptedanl qu'il hésîle. ob C0Bspife contre lai ; Q a donné à ses ennemis le teni|is de se recoDnaitreet,aolieadenieiiac»', c^est Iniqniest en danger. D s'en remet ao hasard , il laisse à la fiortime le soin de trancher la question ; die la tranche ^ en effet, car toot excite notre surprise^ toat est impréTu . dans la dernière scène. La reine boit le poison qui ne loi était pas préparé; Laérte reçoit on coop de Tanne qu'il araît empoisonnée et a^ec laquelle il comptait tuer son ad- Tersaire ; enfin le roi , qui aTait tendu le piège , tombe Tictime de son propre artifice. Hamlet périt aussi. K'eslce pas le seul dénoôment qui couTienne à son caractère ? La mort le délivre de toute incertitude. S'il sur- Tirait à sa mère et à son oncle, il se tuerait lui-même bienti^t après. Il vaut mieux qu'il meure et qu'il ajoute par sa mort à l'horreur tragique, en souillant d'un crime de plus la mémoire de Claudius.

Aucun rôle n'est plus difficile à jouer sur la scène que celui d'Hamlet ; c'est l'écneil des meilleurs acteurs. Le talent le plus souple et le plus délicat peut seul saisir et rendre les nuances différentes dont il se compose. Quelle habileté exigent ces scènes de folie on le prince de Danemark s'abandonne en apparence à tous les caprices de sa fantaisie, on cependant chaque parole cache une intention et doit produire un effet, sans que celui qui la

prononce semble s'en apercevoir I J'assistais un jour à Londres à une représentation d'Hamlet; ce rôle était rempli par un des meilleurs comédiens de l'Angleterre, par M. Phelps, Félève de Kean etThéritier de Macready. Pour trancher les difficultés , Facteur avait pris le parti de ne pas les rendre. Il avait adopté un ton général de fermeté et d'énergie qui contrastait singulièrement avec la pensée de Shakspeare ; il accusait les traits qui ont besoin au contraire d'être adoucis; il soulignait les mots, comme Ton dit dans le jargon du théâtre, et il appuyait sur les intentions. De propos délibéré , c'était un rôle pris à rebours, un mauvais Hamlet qui eût été, sans aucun doute, un excellent Othello. Peut-être n'y a-t-il pas moyen de faire autrement ; peut-être est-il nécessaire de supprimer les nuances pour être compris et applaudi par le public. Ce caractère si finement étudié par le poëte perd donc en général à la représentation ; il gagne, au contraire, à la lecture, qui appelle et suppose la réflexion. Il faut voir jouer Roméo et Juliette, il faut lire et relire Hamlet,

Le caractère d'Hamlet est- il le caractère préféré de Shakspeare ? Est-ce là son propre portrait ou du moins son idéal ? Grande question sur laquelle on a beaucoup discuté, depuis un siècle et surtout depuis la publication du Wilhelm Meister de Gœthe ! Sans doute Shakspeare a mis beaucoup de lui-même dans ce rôle. Il a attribué au jeune prince des qualités qui sont les siennes, et placé dans sa bouche les réflexions que lui suggère' sa propre expérience. Hamlet pense en philosophe et en artiste, comme le poëte. Les jugements ironiques qu'il porte sur les hommes et sur les choses rappellent ce que Shakspeare a déjà fait dire aux personnages humo-

ristiques qui expriment mieux que d'autres sa véritable pensée, à Bénédict, à Biron, à Jacques, à Richard Fauconbridge et à Henri V. Seulement Hamlet a plus réfléchi qu* aucun d'eux sur la nature humaine, il connaît mieux notre sottise, notre perversité et notre néant, et il mêle à ses observations une plus grande amertume. On peut croire qu'il y a, dans ce changement de ton, un indice des souffrances personnelles de l'écrivain, qui n'aurait pas développé, avec tant de complaisance, un caractère aussi peu dramatique que celui du prince de Danemark , s'il ne s'était par instants identifié avec lui.

n est certain, d'ailleurs, que toute la partie littéraire du rôle d'Hamlet n'est que l'expression des opinions que Shakspeare s'était faites sur les conditions de l'art dramatique , et quand on voit qu'il a chargé positivement son héros de parler une fois en son nom , on doit supposer qu'il lui a accordé, dans d'autres occasions , le même privilège. Les leçons que le jeune prince donne aux comédiens sont à coup sûr celles que le poëte veut donner aux acteurs anglais. Pourquoi ses idées philosophiques ne seraient-elles pas aussi celles du poëte? Faut-il conclure dé là qu'Hamlet et Shakspeare ne sont qu'une seule et même personne, et que tout ce que pense l'un appartient nécessairement à l'autre ? Non , sans doute. L'auteur dramatique exprime des sentiments trop variés, et son génie flexible se prête trop bien à toutes les modifications de l'esprit, pour qu'il se laisse enfermer dans l'étroite prison d'un rôle unique. Il donne quelques-uns de ses traits à plusieurs de ses personnages , mais il ne s'absorbe dans aucun d'eux.

Il n'y en a aucun non plus qui ne soit qu'un simple reflet de sa propre image. Car il faut qu'il tienne compte

de Vaction dramatique, et s'il peut attribuer ses sentiments à ses héros , il ne doit pas oublier qu'il les place sur un théâtre beaucoup plus vaste que celui de la vie bourgeoise, et au milieu d'événements qui n'ont aucun rapport avec les petits incidents de sa propre existence. Il peut mettre dans la bouche d'Hamlet des idées philosophiques et des réflexions générales qui sont les siennes ; mais dès qu'il le fait agir ou qu'il exprime simplement l'impression que produisent sur lui les faits particuliers, il renonce évidemment à toute allusion personnelle.

Il y a donc deux parties dans le rôle d'Hamlet : l'une qui est en complète harmonie avec les idées du poète, et l'autre qui répond à la situation que fait au personnage la lutte de son caractère et de sa destinée. Les Allemands ont confondu pendant longtemps ces deux éléments distincts ; ils ont cru qu'Hamlet ressemblait exactement à Shakspeare, ou que du moins c'était là le modèle idéal que l'écrivain proposait à ses lecteurs. Aussi ne voyaient-ils en lui que de bons côtés et l'admiraient -ils avec un enthousiasme sans réserve. Cette admiration reposait au fond sur la conformité réelle qui existe entre les sentiments du héros et l'esprit germanique. L'Allemagne reconnaît en lui la personnification de ses idées et le symbole vivant du rôle qu'elle a joué dans le monde. Comme lui , elle a le génie de la spéculation , sans avoir la force d'agir; elle pense et elle médite, pendant que les plus grands événements s'accomplissent en Europe, en dehors d'elle et souvent contre elle ; elle s'occupe des travaux pacifiques de l'intelligence , elle suit d*un œil attentif le mouvement philosophique de ses universités » elle possède plus qu'aucune nation le

piotA &tit iiiéta]ib\'fiiqiie ^ If «enf de l'idéal : nus ndlBe fierd de rue krétdité. elk oppose dsiiûsaimeinflidssBK &fl6, -et pli» fille réfiffcliil. pins eDe tronve de moiîfe ffouv lit pr«uâre anaan parti dans^ leE^ a&iresliiiiiiames. Cegt oe qui lakait dire à Frefli^'Hâi : « BamlfiL c'-eat rAIksmainie. >>

S*D T a gnélgue cliose d'exafréré dans cette •oon^ftraifico)^ U ireoj «fit pas moins rrai que le caractère «am> pleiee d*Hamlet «emble appartenir déjà à la Tîe modérais. C&A XB} TH-enr de notre temps gne le poète a jeté «dans «D Eiècle béroique, où ladion sépale a du priii «t m i3 reiïte ai»Hlefisoiis de sou r61e, fw^œ ^pTû ne sait pcôadt a^. D a toate la «eBso&Jlilé des romairtiqaes. ^\ ih^rjl depltts iBâanoc^[M}«e,daiisles<>0Dce{]^tka3sâesé^^ do dix-iiasUèiDe e^ dv dn-a^eorième siède, «pe ia «oèBc des fSMsoTenrs et r^rxdamalkfs famettse: •« Kâasl panire Torick 1 » Ceft U qu^est la rentable source de la rêverie aliemaiide et anglaise. Hamiet, ainsi «pie Fa dit M Gerrinus, a ouvert Féclase des eaux seotimentales qui ooi inondés à U fin do dernier siècle ^

Nulle part le romantisme, et par conséquent la gédie de Sliakspeare, n*a exercé plus de ravages qa^i Allemai^ie. f>es Anglais étaient préservés des inconvénients de la roélanc^ilie par leur esprit pratique ; mais les Allemandi^ sV'U sont enivrés , ils ont répété, comme le poète ^ « Ia Utffit est une prison, » et ils se sont abandonnée» aux vagues tristesses de la méditation solitaii^ au mépris de Taetivité sans laquelle ni les hommes, ni iifs peuplifs ne |»euvent \\\rv, Il n'y a rien de plus dangereux pour mu^ miUm que ci^t affaissement des âmes. Aussi r^'oM ronittnti<|ue a-t-elle ma! servi les intérêts iU* U \mir\v, gi'miani«|u^i m lui faisant préférer aux

luttes viriles de la vie active les chimères de la poésie. Aujourd'hui les politiques d'outre-Rhin réagissent contre cette tendance, comme l'avait déjà fait Goethe avant eux, quand il se moquait des imitateurs de Werther ; ils accusent de puérilité la littérature sentimentale , et ils cherchent à guérir leurs compatriotes de la maladie de ' l'inaction.

C'est pour cela que M. Gervinus, qui ne perd jamais de vue, au milieu de ses travaux-littéraires, l'idée patriotique, insiste sur les défauts d'Hamlet comme sur des défauts nationaux. Ce n'est point là, dit-il, un homme à imiter et ce n'est pas un modèle que nous propose Shakspeare. N'oublions pas que ses irrésolutions causent un mal qu'un peu d'énergie éviterait. Il ne sait ni venger son père , ni aimer son amante. Pour n'avoir pas voulu frapper le vrai coupable, quand il en trouvait l'occasion, il tue Po- U>nius qui est innocent ; et ce meurtre qu'il n'eût pas dû commettre entrahie la folie et la mort d'Ophélie. Il quitte celle-ci, d'ailleurs, avec un froid égoïsme, il ne la console pas quand il l'a af&igée, et il l'abandonne au désespoir. C'est encore lui qui fait mourir Rosencranz et Guildenstem, en substituant leurs noms au sien dans la dépêche que le roi de Danemark envoie au roi d'Angleterre. Il ne fait que se venger d'eux sans doute ; mais il n'eût pas été obligé de le faire s'il n'avait pas tant tardé à agir. En versant à propos lé sang d'un scélérat, il aurait prévenu un carnage dont la responsabilité pèse sur lui. C'est ainsi que le's hommes faibles et incertains font plus de mal, avec beaucoup de vertus, que les hommes résolus qui eu ont moins.

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