‹ Shakespeare et l'antiquitéChapitre 124 sur 127 · Études critiques de littérature^ p · texte numérisé non relu

Études critiques de littérature^ p

49i MOLlUte, SHAKESPEARE ET LA CRITIQUE ALLEMANDE.

parate n*est plus dans le double sens d'un mot, entre une allilude el le décorum habituel, entre la folie du moment et la raison qui forme le fond delà vie ; elle est entre l'homme même el sa destinée, enire la réalité tout entière et l'idéal... Supposons maintenant qu'un artiste ait saisi dans toute sa vivacité celle irosie de la deslinée. Non pas, toutefois, pour s'en irriter ou s'en indigner. Il a appris à être tolérant... Il supporte, avec une sorte de pitié el presque de sympathie, toutes ces tristesses, ces misères, ces petitesses, ces pauvretés... Il se plaît à recueillir partout des vestiges d'une noblesse première et inaltérable. Seulement, il sait en même temps qu'à tout cela il y a un envers, et il aime à retourner l'envers de l'étoffe, à montrer la vertu dans son cortège d'étroitesses et de ridicules, à signaler le grotesque jusque dans les choses vénérables et vénérées. L'ironie de noire artiste est tempérée d'une sorte de mélancolie ; il s'amuse de rhumanilé, mais sans amertume. La perception des disparates de la destinée humaine par un homme qui. ne se sépare pas lui-même de Thumanité, mais qui supporte avec bonhomie ses propres faiblesses et celles de ses chers semblables, — telle est Tessence de Vhumour. On comprend le genre de plaisanterie qui en résulte: une sorte de satire sans fiel, un mélange de choses drôles et touchantes , le comique el le sentimental qui se pénètrent réciproquemenl.

» Ce n'est pas tout cependant. L'iuiraeriste, en dernière analyse, est un sceptique. Cette tolérance des misères de riiumanilé qui le caractérise ne peut provenir que d'un affaiblissement de l'idéal en lui. D'où il résulte que notre humoriste joue volontiers avec son sujet. Son but principal est de s'amuser et d'amuser les autres. Et c'est pourquoi il outrera facilement le genre de plaisanterie auquel il se livre; il multipliera les contrastes elles dissonances ; il cherchera le bizarre pour le bizarre même. Il lui faudra la drôlerie à tout prix; il aura des inventions burlesques; il tombera dans Téquivoque et la bouffonnerie. Ce qui n'empêche pas que la disposition de Thumoriste ne soit probablement, en somme, la plus heureuse qu'on puisse apporter dans la vie, le point de vue le plus juste d'où Ton puisse la juger.... L'humoriste est sans doute le vrai philosophe — pourvu cependant qu'il soit philosophe. >

L'HUMOUn DANS SHAKESPEARE. i93

11 nous reste à examiner Yhumour dans Shakespeare et dans Molière, à chercher si ces deux poètes sont des humoristes, et dans quelle mesure ils le sont. — Un mot d'abord sur Aristophane.

Incompatible avec la saine raison, la beauté, la simplicité sévère de l'art classique efl général, V humour est cependant compatible avec l'ancienne comédie grecque à cause de la licence extraordinaire qui la distingue à tous (es points de vue. Dans la comédie delà Paixj Trygée, traversant les airs à cheval sur un Bscarbot, s'écrie: <i Machiniste, fais bien attention à moi, car la peur commence à me prendre au ventre. » Cette plaisanterie, iont l'effet est de détruire l'illusion théâtrale, est un trait d'humour, et il y en a mille de même espèce dans le théâtre d'Aristophane. La forme générale en est humoristique par le décousu de la composition, par les digressions, les allusions et les saillies de toute nature qui esc<\motent continuellement l'idée prin- [^ipale sousrinaltcndu et l'accessoire, par la paraftase elle-même, intervention directe et brusque de la personne du poète dans son œuvre, sorte de préface bizarrement jetée au beau milieu de l'action dramatique, enfm par le rapprochement ou le mélange des trivialités les plus ignobles et du lyrisme le plus élevé et le plus éclatant.

Mais, à considérer d'autres choses plus importantes — l'inspiration habituelle du poète, ses préoccupations favorites, son caractère, bref le fond de son théâtre et de sa pensée — Aristophane m'apparaît comme le contraire môme de l'humoriste. 11 est plein de petites passions et de préjugés étroits. On n'a jamais été plus homme de parti, et quel parti! celui du passé contre l'avenir et le progrès, des ténèbres contre la lumière. Sa polémique violente contre Euripide et contre Socrate ne fait pas honneur à la portée de son esprit aux yeux de la postérité. S'il raille avec une verve acharnée les démagogues et le peuple, c'^sl qu'il est très passionnément du parti conservateur et qu'il pense en politique comme les aristocrates. En combattant Cléon, il fait simplement les affaires deNicias.ll est avant tout citoyen, et je ne lui en fais pas un reproche; mais ce degré de passion civique est inconciliable avec la haute philosophie de Vhumour, Il est' impossible d'èlre moins dégagé des préjugés de son temps, plus

claquemuré dans le point de vue borné du passé et de la routine. Une œuvre, cependant, fait une brillante exception dans le théâtre politique d'Aristophane^ c'est la fantaisie aérienne des Oiseaux, Cette comédie charmante est le chef-d'œuvre de la poésie humoristique dans l'antiquité. Ici le poète s'élève bien au-dessus de la simple satire individuelle ou sociale; son ironie universelle, exempte d'amertume, se joue de toutes les classes de la société indistinctement, philosophes, devins, poètes, avocats, magistrats, législateurs ; montant plus haut encore, elle s'envoie jusque par- dessus l'Olympe; elle se moque des hommes et des diejix, du ciel et de la terre. Il n'y a rien de plus gracieux ni de plus hardi.

Dans les champs libres de l'air, les oiseaux imaginent de bâtir une ville forte {\i de devenir les maîtres du monde en interceptant toute communication entre les dieux et les hommes. Les dieux, inquiets, dépêchent en éclaireur la messagère Iris. Menacée de mort par les oiseaux, elle s'écrie :

tJe suis immortelle!

— Tu n'en mourrais pas moins. Ah ! ce serait vraiment intolérable! Quoi! l'univers nous obéirait, et les dieux seuls feraient les insolents, et ne comprendraient pas encore qu'il leur faut à leur tour subir la loi du plus fort! Mais, dis-moi, où diriges-tu ton vol?

— Moi? Envoyée par Jupiter auprès des hommes, je vais leur dire de sacrifier aux dieux olympiens, d'immoler sur les autels des brebis et des bœufs, et de remplir leurs rues d'une épaisse fumée de graisse grillée.

— De quels dieux parles-tu?

— Desquels? mais de nous, des dieux du ciel.

— Vous, dieux?

— Yena-t-il d'autres?

— Les hommes maintenant adorent les oiseaux comme dieux, et c'est à eux qu'ils doivent offrir leurs sacrifices, et non à Jupiter, par Jupiter M »

Rien de plus humoristique que ce dernier trait. — Lasitua-

i . Traduction de M. Poyard.

L'RtlMOtlR DANS SHAKiISPËÂRË. 495

lion devient tout à fait intolérabhle pour les dieux, qui se décident à envoyer aux oiseaux une ambassade composée de Neptune, d'Hercule et d'un dieu triballe, personnage grotesque. Ils se présentent dans la nouvelle cité au moment où Pisthétérus, organisateur de la république des oiseaux, est occupé à faire la cuisine.

« PISTHÉTÉRUS. — Esclave, donne la râpe au fromage; apporte le silphium, passe- moi le fromage, veille au charbon.

HERCULE. — Mortel, nous sommes trois dieux qui te saluons.

PISTHÉTÉRUS. — Attends que j'aie mis mon silphium.

HERCULE. — Qu'est-ce que ces viandes?

PISTHÉTÉRUS. — Ce sont des oiseaux punis de mort pour avoir sittaqué les amis dti peuple.

HERCULE. — Et tu les assaisouues avant quc de nous répondre ?

PISTHÉTÉRUS. — Ahl Hercule, salut! Qu'y a-t-il?

HERCULE. — Les dieux nous envoient ici en ambassade pour traiter de la paix.... Nous n'avons pas intérêt à vous faire la guerre ; pour vous, soyez nos amis, et nous promettons que vous aurez toujours de l'eau de pluie dans vos citernes et la plus douce température. Nous sommes, à cet égard, munis de pleins pouvoirs.

PISTHÉTÉRUS. — Nous n'avons jamais été les agresseui^s ; et, au* joard'hui encore, nous sommes disposés à la paix selon votre désir, pourvu que vous accédiez à une condition équitable : c'est que Jupiter rendra le sceptre aux oiseaux. Cette convention faite, j'invite les ambassadeurs à dîner.

HERCULE. — Gela me suffit, je vote pour la paix.

NEPTUNE. — Malheureux ! Tu n'es qu'un idiot et un goinfre. Veux-tu donc détrôner ton père ?

PISTHÉTÉRUS. — Quelle erreur! Mais les dieux seront bien plus puissants, si lès oiseaux gouvernent la terre. Maintenant les mortels, cachés sous les nues, échappent à vos regards et parjurent votre nom; mais si vous aviez les oiseaux pour alliés, qu'un homme, après avoir juré par le corbeau et par Jupiter, ne tienne pas son serment, le corbeau s'abat sur lui à l'improvisteetlui crève l'œil.

NEPTUNE. — Bonne idée, par Neptune I

HERCULE. — C'est aussi mon avis... je vote pour que le sceptre leur soit rendu...

PISTHÉTÉRUS. — Ah! j'allais oublier un second article; je laisse

496 MOUÈRE, SHAKESPEAKE ET LA CRITIQUE ALLEMANDE.

Junon à Jupiler, mais à condition qu'on me donne en mariage la jeune Royauté.

NEPTUNE. — Alors, tu ne veux pas la paix. Retirons-nous.

PISTHÉTÉRUS. — Peu m'importc; cuisinier, soigne la sauce.

HERCULE. — Quel homme bizarre que ce Neptune ! Où vas-tu? Ferons-nous la guerre pour une femme?

NEPTUNE. — Et quel parti prendre ?

HERCULE. — Lequel? conclure la paix.

NEPTUNE. — 0 le niais ! Veux-tu donc toujours être dupé? Mais tu fais top malheur. Si Jupiter meurt après avoir abdiqué la puissance royale à leur profit, tu es ruifté ; car c'est à toi que reviennent toutes les richesses qu'il laissera.

PISTHÉTÉRUS. — Ah ! mon Dieu ! comme il t'en fait accroire ! Viens ici à l'écart, que je te parle. Ton oncle t'entortille, mon pauvre ami. La loi ne t'accorde pas une obole des biens paternels, puisque tu es bâtard et non fils légitime.

HERCULE. — Moi, bâtard! Que dis-tu là?

PISTHÉTÉRUS. — Mais sans doute; n'es-tu pas né d'une femme étrangère? D'ailleurs, Minerve n'est-elle pas reconnue pour l'unique héritière de Jupiter? Et une fille ne le serait pas, si elle avait des frères légitimes.

HERCULE. — Mais si mon père, au lit de mort, voulait me donner ses biens, tout bâtard que je suis?

PISTHÉTÉRUS. — La loi s'y oppose; et ce Neptune même qui t'excite maintenant serait le premier à revendiquer les richesses de ton père, en sa qualité de frère légitime. Écoute ; voici comment est conçue la loi de Solon: « Un bâtard ne peut hériter s'il y a des enfants légitimes; et s'il n'y a pas d'enfants légitimes, les biens passent aux collatéraux les plus proches. »

HERCULE. — Et moi, je n'ai rien de la fortune paternelle?

PISTHÉTÉRUS. — Rien absolument. Mais, dis-moi, ton père t'a-t-il fait inscrire sur les registres de sa phratrie ?

HERCULE. — Non, et il y a longtemps que je m'en étonnais.

PISTHÉTÉRUS. — Qu'as-tuà montrerle poingau ciel? Veux-tu le battre? Mais sois pour nous, je te ferai roi et te donnerai monts et merveilles.

HERCULE. — Ta seconde condition me semblejuste; je t'accorde la jeune fille...

piSTHÉTÉRUs. — Voilà des oiseaux découpés fort à propos pour le repas de noces. »

Tout est humoristique dans cette prodigieuse scène, notamment la plaisante attribution que le poète fait aux dieux des usages et de la législation des hommes. On a obtenu de nos jours un grand succès de rire en travestissant d'une manière semblable les personnages célestes; mais, bien entendu, on n'a osé parodier qu'une mythologie morte, au lieu que la témérité, presque inconcevable pour nous, de V humour d'Aristophane se jouait de la vivante religion du peuple.

C'est peu de dire que l'ironie d u poète n'épargne pas les dieux. Elle ne ménage pas même les oiseaux, ces nouveaux maîtres du monda. Pisthétérus en fricasse quelques-uns pour le repas d'Hercule etde Neptune, et il ose dire au chœur entier des oiseaux, qu'il veut .exciter contre les hommes: « Une foule d'oiseleurs vous tendent des lacets, des pièges, des gluaux, des filets de toute espèce; on vous prend, on vous vend en masse, et les acheteurs vous tâtent pour s'assurer si vous êtes gras. Encore si Vonvous servait simplement rôtis sur la table ! mais on râpe du fromage dans un mélange d'huile, de vinaigre et de silphium, auquel on ajoute une autre sauce grasse, et on verse le tout bouillant sur votre dos ! »

Arrivons enfin à Shakespeare et à Molière. Aux yeux des critiques étrangers (on l'a dit en commençant celte étude sur Yhumour) Shakespeare est plus humoriste que Molière. Je partage entièrement l'avis de ces critiques : mais je ne suis point disposé à faire de la qualification d'humoriste un éloge absolu et sans réserve. J'accorde que l'humoriste est le vrai sage; il est seul déniaisé ; il n'est la dupe de rien; il connaît trop les secrets des coulisses pour prendre au sérieux la comédie humaine ; le monde lui apparaît comme une grande foire aux vanités, et en même temps il est né avec un tempérament si heureux qu'au lieu de pleurer et de s'indigner au spectacle de tant de misères et de sottises, il rit. Reste à savoir si ce désintéressement, cette indifférence suprême doit être l'idéal du véritable artiste.

Si l'on pense avec Malherbe qu'un bon poète n'est pas plus utile à l'État qu'un bon joueur de quilles (et ce paradoxe est sou-

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m MOLIÈRE, SHAKESPEARE £T LA GRITIQOE ALLEMANDE.

tenâble), alors tout ce qui petit élever le poète à la sérénité delà philosophie, même aux dépens de l'activité pratique et des services rendus, est à souhaiter pour son propre perfectionnement et pour ûotre plaisir. Si, au contraire, on regarde le poète, non comme un individu complètement isolé du monde dans ces temples sereins dont parle Lucrèce, mais comme un membre du corps social; si Ton pense avec Aristote que l'homme est un animal politique et que Fauteur comique doit à sa manière, pfo îU parte virili, satisfaire, lui aussi, à cette définition, alors il ne faut pas que le poète plane trop au-dessus de l'univers, de peur qu'il ne puisse pas assez contribuer de sa personne au mouvement de la machine. 11 doit pousser aux roues et, pour cela, marcher franchement avec nous sur la route poudreuse et, s'il le faut, dans l'ornière. « Montre-moi ton pied, génie, dit quelque part Victor Hugo, et voyons si tu as comme moi au talon de la poussière ter* restre. Si tu n'as pas de cette poussière, si tu n'as jamais marchédans mon sentier, tu ne me connais pas et je ne te connais pas. Va-t-en I » Il n'y a de réellement utiles en ce monde que les gefls naïfs et bornés ; quant à ces sages, si affranchis de nos passions etsi désintéressés de nos affaires, on s'en passerait, car ils ne font rien.

Molière croyait ingénument que (d'emploi de lacomédie est de corriger les vices des hommes* » ; il s'en tenait à la bonne vieille devise : Castigat ridendo mores, et il agissait en conséquence. Les dilettanti de Testhétique, qui sourient de cette prétention, sont-ils bien sûrs qu'elle n'ait pas été justifiée par le succès? Sont-ils bien sûrs que le progrès moral et intellectuel de la France aurait été aussi rapide si Molière n'avait pas fait, en homme honnête et convaincu, la guerre aux vices et aux ridicules de son temps? L'auteur du mémoire que j'ai déjà cité sur les Conditions de la bonne comédie, M. Hillebrand, pense que ce qui manque à notre comédie contemporaine pour rivaliser avec celle ide Molière, c'est avant tout le courage et le bon sens de ce grand homme, et il ditéloquemmenl:

€ Si aujourd'hui le poète avait la hardiesse dépeindre diaprés nature, comme ditMolière, eiào rendre agréablement sur le théâtre les défauts de tout le monde; s'il osait attaquer les engoue-

l » Préface du Tartuffe^

L^HUMdUR DANS SHAKEâPEAftE. 499

ments du moment ; si, au lieu de la glorifier, il flétrissait la bohème de Tart et des lettres ; s'il mettait à nu Tineptie de nos « grands hotnmes y ou la pauvreté de nos « brillantes » réputations ; s'il portait impitoyablement sur la scène nos grands écrivains organisant la réclame à défier le charlatan de foire ; s'il riait de la littérature pompeuse et guindée que personne n^ose ne pas admirer; s'il flagellait un peu nos hommes aux grands principes humanitaires y blwl idées généreitses; s'il raillait nos niveleurs insatiables, nos défenseurs pathétiques du droit wowveaw, nos belliqueux apôtres de la Révolution et de la civilisation; s'il défendait avec verve la société contre les attaques creuses et emphatiques qu'on accumule contre elle, et s'il découvrait l'inanité des idoles du temps, ne trouverait-il personne qui voulût rire avec lui * ? » Pour suivre le programme qiie M. Hillebrand trace à nos auteurs contemporains et que Molière a suivi, il faut que le poète ait la naïveté sublime de croire qu'il est, lui aussi, un homme d'action et qu'il peut faire quelque bien. Cette illusion généreuse ou cette noble confiance n'est guère possible à l'humoriste, qui est désabusé, sceptique, comme le dit fort justement M. Scherer, et chez qui la tolérance philosophique pour toute l'humanité provient d'un affaiblissement de l'idéal. Voilà le vilain côté de l'fcuwMmr, le revers de la médaille. Et voilà pourquoi, en convenant que Shakespeare est un plus grand humoriste que Molière, je ne saurais attribuer à ce mot la valeur d'un éloge absolu pourlepremier de ces poètes ni d'un blâme quelconque pour le second. V humour universel de Shakespeare a peut-être été moins utile à la civilisation que la lutte en champ clos soutenue par Molière pour la vérité contre l'erreur. L'humanitéles admire également tous les deux; mais son cœur a plus d'estime pour la foi vive du combattant que pour la haute indifférence du philosophe et de l'artiste, et Molière est plus aimé que Shakespeare.

L'horizon du poète français est pi us étroit que celui de son grand rival, j'aime mieux dire de son frère aîné ; cela n'est vraiment pas contestable, et il ne sert à rien de le nier, comme l'afaitson

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