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Vos enfants seront rois!
n \ Noio.
N ous serez roi !
Kt ihanc de Caudor aussi: ne l'onl-elles pas dit?
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242 SHARSPEAUK.
En propres termes, avec le même accent... Qui va là?
Dans la scène suivante , les courtisans de Duncan arrêtent les deux guerriers. Ils annoncent à Macbeth que le roi lui a donné le titre de comte de Cawdor.
(i Les honneurs nouveaux le revêtent comme des habits neufs! » s'écrie Banque; « ils n'adhéreront à leur moule qu'avec l'usage et le temps ! »
Macbeth, innocent et étonné, lui répond :
« Si la fortune veut me couronner, eh bien I elle peut aussi me couronner sans que je m'en mêle ! Advienne que pourra! le temps et l'occasion passent à travers la plus sombre journée ! »
La scène suivante est au château de Macbeth. Le roi y entre et comble ce brave de sa reconnaissance.
« Étoiles de la nuit, éteignez vos feux ! » dit tout bas Macbeth, h Qu'aucune lumière ne voie messombres et profonds désirs ! Que l'œil se ferme sur le geste ! Et pourtant, puissé-je voir accomplir l'événement dont le regard s'effraye ! »
MACULTU. 2J3
Le roi se retire dans riutérieur du château pour se reposer.
Lady Macbeth outre un pai)ier à hi main dans une salle du château d'Inverness. Elle lit à denii-voi\ la lettre de son mari, qui lui raconte la prétliction des sorcières et surtout ce mot équivoque : Tu seras roi !
« Ah! je me dcii * de ton caractère! » se dit lady Macbeth, « tu seras tout ce qu'on t'a promis. Mais ta nature est trop pleine du lait de la tendresse humaine : tu ne voudrais pas tricher, mais tu Voudrais mal gagner. Et moi, je te crie : « Fais ceci pour me « posséder! accours ici, et que je verse mon énergie « dans ton oreille ! »
« Le corbeau lui-même s'est enroué à croasser l'arrivée du roi Duncan sous mes créneaux. Venez ! venez! venez! esprits qui escortez les pensées de mort! Dése\ez-moi, et, du crâne au talon, remplissez-moi toute de la jjIus atroce cruauté. Epaississez mon sang, fermez en moi tout accès, tout passage au remords; qu'aucun retour compatissant de la nature n'ébranle ma volonté farouche et ne mette le holà entre elle et l'exécution ! Venez à mes mamelles de femm*', et changez mon lait en fiel, vous, ministres du meurtre, quel que soit ie lieu où, invisibles substances, vous aidiez aux méchancetés de la nature. Viens, nuit épaisse, et enveloppe-toi de la plus som-
bre fumcc de l'enfer : que mon couteau aigu ne voie pas la blessure qu'il va faire ; et que le ciel ne puisse pas m'apercevoir à travers le drap des ténèbres, et me crier : Arrête ! arrête ! »
Entre MACBETH.
LADY MACBETH, continuant.
Grand Glamis ! Digne Cawdor! plus grand que tout cela par le salut futur ! Ta lettre m'a transportée au delà de ce présent ignorant, et je ne vis plus que dans l'avenir.
MACBETH
(Hier amour, Duncan arrive ici ce soir.
LADY MACBETH
Et quand repart-il ?
MVCBETH.
Demain !... c'est son intention.
LADY MACBETH
Oh ! jamais le soleil ne verra ce demain : Yotre visage, mon thane, est comme un livre où les hommes peuvent lire d'étranges choses.. c Pour tromper Je monde, paraissez comme le monde : ayez la cordialité dans le regard, dans le geste, dans la voix -.
MACBETH. Hh
ayoz l'air (]o la fleur iniiorciito, mais soyez le serpent qu'cllf rouvre. Il faut pourvoir à celui qui va vonir; c'est moi qur vous chargerez de (léptVlicr la grandi' aiïaire de cette nuit qui, pour toutes les nuits et tous les jours à venir, nous assurera une souveraineté exclusive et Tenjpirc absolu.
MACRKTU.
Nous en reparlerons.
F. AM V \| \( RI ru.
Ayez seulement le front serein : il faut toujours craindre de changer de visage. Pour le reste, laissezmoi faire. (lU sortent.)