‹ Shakespeare et son œuvreChapitre 61 sur 93 · I.' i:\FA NT · texte numérisé non relu

I.' i:\FA NT

Et tous ceux qui font un faux serment méritentils d'être pendus ?

[\r)V MAC ruri'.

Tous.

l'emam.

Qui est-ce qui doit les pendre?

LAnV MA(.I>IIF.

Eh bien ! les honnêtes gens.

F." KNFANT.

Alors les faiseurs de faux serments sont des imbéciles ; car ils sont assez nombreux pour battre les honnêtes gens et les pendre.

F.ADV M \(. I)f FF. •

Que Dieu t»' vienne en aide, pauvif >iniiel fini (<• tiendra lieu de père ?

l'enfant.

Si mon père était mort, vous le pleureriez ; si vous ne le pleuriez pas, ce serait signe que j'en aurais bien vite un nouveau.

LADY MACDTJFF.

Petit bavard ! comme tu jases !

(]ette sublime et candide réponse de l'enfant avant celle de Racine dans Alhalic,

Aux petits des oiseaux il donne la pâture.

l'égale et la surpasse, car elle ne déclame pas. L'invention, de plus, en appartient à Shakspeare. Mais Racine ne la connaissait pas : il n'était donc pas plagiaire. La nature dans Shakspeare avait inventé mieux que la rhétorique.

Ici le poëte nous transporte en Angleterre et nous rend témoins d'une scène évidemment légendaire entre Macduff, qui est allé offrir la couronne d'Ecosse à Malcolm, iils réfugié de Duncan, et ses sujets. Malcolm, pour éprouver Macduff et déjouer le piège qu'il suppose, se peint lui-même, dans ses réponses,

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comme un scrlrrat capable de toutes los (Irbanclies et (le tous les forfaits qui feront gémir ses sujets futurs sous tous les vices de son caractère. Les Écossais seraient-ils assez fous |)()ur lui rendre la couronne! MacdulT s'indigne et retire ses propositions. Mal(M)lm alors le rappelle et lui dit qu'il a voulu seulement l'éprouver, lis se concertent pour marcher ensemble à la tète de six mille hommes contre le tyran dans son château de Dunsinane.

Entre ROSSE.

M A f: 1)1' F F le questionne :

Voyons, ne soyez pas avare de vos paroles. Où »'U .sont les choses?

Quand je suis parti pour porter ici les nouvelles qui m'ont accablé, le bruit courait que beaucoup de braves gens s'étaient mis en campagne; et j'y crois d'autant plus volontiers, que j'ai vu sur pied les forces du tyran. Le moment de la délivrance est venu; un regard de vous en Ecosse créerait des soldats, et feiait que nos femmes même combattraient pour mettre fin à leurs cruelles angoisses.

M AI.roi.M.

Qu'elles se consolent; nous partons pour l'Ecosse.

CIlAKSPKARi:.

Sa Majesté d'Angleterre nous a prêté dis. mille hommes et le brave Siward; pas de plus vieux ni de meilleur soldat que lui dans la chrétienté.

ROSSL.

Plût au ciel que je pusse répondre à ces consolations par d'autres! mais j'ai des paroles qui devraient être hurlées dans un désert où aucune oreille ne les saisirait.

M A CDU FF.

Qui intéressent-elles? la cause générale? ou ne sont-elles qu'un tribut de douleur dû à un seul cœur?

ROSSE

Il n'est pas d'âme honnête qui ne prenne une part à ce malheur, bien que la plus grande en revienne à vous seul.

MACDUFF

Si elle doit m'échoir, ne me la gardez pas ; donnez-la-moi vite.

ROSSE

Que vos oreilles n'aient pas de ma voix une horreur éternelle, si elle leur transmet le son le plus accablant qu'elles aient jamais entendu.

MACDUFF

llumph ! je devine!

Mvcr.i.Tii. 2g:i

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