‹ Shakespeare et son œuvreChapitre 60 sur 93 · M A CD IF F · texte numérisé non relu

M A CD IF F

Luirez dans la chambre et aveuglez-vous devant une nouvelle Gorgone... Ne me dites pas de parler : voyez, et alors parlez vous-mêmes, (son.nt Macbeth et i.-îi.i.) Lveillcz-vous! Lveillez-vous! Sonnez la cloche d'alarme... Au meurtre! trahison! Banquo! Donalbainî Malcolm! éveillez-vous! Secouez sur le, duvet ce sommeil, contrefaçon de la mort, et regardez la mort elle-même... I)el)out, debout, et voyez une image du jugement dernier... Malcolm! lianquo ! levezvous comme de vos tombeaux et avancez comme des spectres pour être à l'avenant de cette horreur!...

Sonnez 1.1 cloche. (La rlocho iw^nne.)

25G SllAKSPEARE.

Entre Lady MACBETH.

LADY MACBETH

Que se passe-t-il? Pourquoi cette fcanfare sinistre convoque-t-elle les dormeurs de la maison ? parlez ! parlez !

M A cm FF.

0 douce dame! vous n'êtes pas faite pour entendre ce que je puis dire... Ce récit, fait aux oreilles d'une femme, la tuerait en y tombant... (Entre Banque) 0 lîanquo! Banquo! notre royal maître assassiné!

LADY MAC 15 ET H

(Juel malheur ! hélas ! dans notre maison !

lîANQUU.

.Ualiieur trop cruel n'importe où !

MACBETH

Que ne suis-je mort une heure avant cet événement ! J'aurais eu une vie bénie ! de ce moment il n'y a plus rien de sérieux dans ce monde mortel! tout n'est que hochet ! la grâce et la gloire sont mortes ! le vin de la vie est tiré ; cette cave n'a plus que de la lie à offrir !

« A cheval! à cheval! » s'écrient les deux fils et le-

MAriîK'nr. -2:.i

amis de Diincan. « Allons ivlléclnr avant d'agii', l'un on Angleterre rautre en Irlande, sachons quels dessoins couve cette trahison ! »

Kt chose étrange, vient annoncer l'écuyer du roi, les chevaux de Duncan , ces mignons de leur race, sont redevenus sauvages, ont brisé leurs stalles, et se sont échappés, résistant à, toute obéissance comme .s'ils allaient faire la guerre à l'homme.

Macbeth est prochnné roi !...

A ce premier crime en succ-do un second : la mort de Hanquo invité par Maclietli îx sa table et assassiné par SCS ordres en sortant la nuit du palais. Mais le fds de lianquo se sauve et le crime est perdu, car les sorcières ont prédit le titre de roi à la race de Danquo. « J'ai entamé , mais non tué le serpent î mais puissions-nous voir craquer la machine des choses et s'effonrln'r les mondes plutôt que de manger toujours dans la crainte et do dormir toujours dans le trouble de ces rêves terribles qui nous agitent la nuit. Oh ! j'envie Duncan, il est dans son tombeau, il y dort bion!... Sois tranquille, chère poule, » dit-il à sa femme, « les cho.ses que le mal a commencées se cons^dideront par plus de mal encore. »

Au milieu d'un festin qu'il donne aux seigneurs de sa cour, le remords le saisit sous la forme d' un accès de démence pendant lequel il s'accuse de ses meurtres. Sa femme frémit et prétexte la maladie qui le possède par moments : les convives épouvantés se retirent. Les trois sorcières reparaissent, et au milieu de leurs sortilèges un cri sans nom sort de terre et rassure Macbeth en termes équivoques : nul homme né d'une femme ne pourra le tuer. Jamais Macbeth ne sera vaincu tant que la grande forêt de Birnam ne marchera pas vers la colline de Bunferlane. Macbeth exulte comme Saûl à ces prédictions des pythonisses modernes.

Cependant il veut savoir encore si les fils de Banquo seront rois... Les sorcières lui déclarent la longue suite des rois fils et petits-fils de Banquo. Elles s'évanouissent.

MACBETH

Que cette heure funeste reste à jamais maudite dans le calendrier !

Macbeth apprend la fuite de Macduff, un des compagnons des fils de Duncan , qui marchent contre

MACIîETir. 250

lui pour venger leur pi-re et pour ressaisir le royaume. Il veut faire égorger lady .Macduiï et ses enfants.

Avant l'arrivée des meurtriers, lady Macduiï s'entretient avec son iïh.

LAMV MACniFF.

Cher petit, votre père est mort, comment allezvous vivre ?

i/lnfant.

Comme les oiseaux, mère !

i.ADV M A cm: F F.

Quoi ! d^ vers et de mouches ?

l'enfant.

Je veux dire , de ce que je trouverai : comme eux.

LAhV MVCDÎFF.

Pauvre oiseau ! lu ne craindrais jamais le lilct, ni la glu, ni les pièges, ni le trèbuchet !

l'enf vnt.

Pourquoi les craindrais-jc , mère? Ils ne sont pas riiu* pour les pauvres oisciux. Mon père n'est pas mort, quoi que vous disiez.

'2C0 snAKSPKAni:.

LADY MACDIFF.

Si, il est mort. Gomment remplaceras-tu un père ?

l'enfant.

Et vous, comment remplacerez-vous un mari ?

LADY MACDUFF

Ah ! je puis en acheter vingt au marché. l'enfant.

Alors , vous ne les achèterez que pour les revendre.

LAUY MACDUFF.

Tu parles avec tout ton esprit, et, ma foi, avec assez d'esprit pour ton âge.

l'enfant.

Est-ce que mon père était un traître, mère ?

LADY MACDUFF

Oui, c'en était un.

l'enfant.

Qu'est-ce que c'est qu'un traître?

LADY MACDUFF

Eh bien! c'est quelqu'un qui fait un faux senncnî.

MACBETH. 2IJ1

I,' KNFAN T.

Et ce sont des traîtres tous ceux qui font ra ?

i.ADY MAcorrr.

Oniconque le fait est un traître et mérite d'être pendu.

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