‹ Shakespeare et son œuvreChapitre 92 sur 93 · STEPHANO · texte numérisé non relu

STEPHANO

J'aurais donc été un roi fort ulcéré.

ALONZO, montrant Calibaii.

Voilà le plus étrange objet que j'aie jamais vu.

PROSPERO

11 est aussi monstrueux dans ses mœurs qu'il l'est dans sa forme. Allez dans ma grotte, misérables, prenez avec vous vos compagnons, et, si vous voulez obtenir mon pardon, décorez-la soigneusement.

GALIBAN.

Oui, je le ferai, je deviendrai sage, je serai meilleur, et j'implorerai ma grâce. Trois fois double âne que j'étais, de prendre cet ivrogne pour un dieu, et d'adorer ce fou imbécile.

PROSPERO

Sors, te dis-je.

AlONZO.

Hors d'ici, et remettez tous ces vêtements où vous les avez trouvés.

KBASTIEN.

Ou pour mieux dire, où ils les ont volés. (c«iiban.

Stéphane et Trinculo sortent.)

PROSPERO

Seigneur, j'invite Votre Altesse et sa suite à entrer dans ma modeste grotte ; vous vous y reposerez seulement celte nuit, dont une partie s'écoulera dans <les entretiens qui, je n'en doute point, vous la feront passer rapidement. Je vous dirai l'histoire de ma vie et les événements divers qui se sont succédé depuis mon arrivée dans cette ile ; et, dès que l'aube paraîtra, je vous conduirai à votre vaisseau, et de suite à Naples où j'ai l'espoir de voir célébrer les noces de nos enfants bien-aimés. De là je me retire à Milan, où désormais le tombeau occupera ma troisième pensée.

11 nip tarde d'entendre l'iiistoire de votre vio : olle doit éveiller étrangement l'attention de l'oreille qui l'écoute.

« PROSPERO

Je vous confierai tout, et je vous promets des mers calmes, dos vents i)ropices, et un navire si agile qu'il devancera de bien loin votre rovale flotte, (a pan.) Mon

Ariel, mon oiseau, c'est là ta mission ; libre ensuite, vole aux éléments. Adieu , vis heureux ! — Daignez me suivre? dis sortent.)

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