HISTOIRE DE LA REVOLUTION D’ANGLETERRE
1" partie : Histoire de Charles I er , par M. Guizot. 5® édition, augmentée d’un Discours sur l’histoire de la
révolution d ' Angleterre , 2 vol. in-8. 1854. 12 »
— Le même ouvrage, 2 vol. in- 12 7 »
N. B. f.e Discours, public pour la première fois arec ta 4e édition de l'Histoire de Chartes 1er, manque aux trois premières éditions de celte partie de l'Histoire de fa Révolution d’Angleterre; il se rend séparément pour Jes compléter.
* .... En 1826 , M. Guizot sut choisir comme matière d’histoire un sujet qui était alors le plus heureux parles analogies arec notre situation politique, et qui s’appropriait, de plus, à son talent par toutes les sortes do convenances; il entreprit Y Histoire île la révolution d Angleterre. Deux volumes seulement ont paru jusqu’ici ()8ü0), et le récit ne va que jusqu'à la mort de Charles 1er. M. Guizot, après une longue interruption, s’y remet aujourd'hui, et il signale Cette rentrée par le remarquable Discours qu'on peut lire. Ce Discours est écrit do main de maître. 11 y envisage la révolution d’ Angleterre dans tout son ensemble, depuis l'origine des troubles sous Charles Jcr jusqu’apres Guillaume III, et jusqu’à l'entière oonsolidation de l’établissement de 1688.
« Les deux volumes de cette Hislohc de la révolution d' Angleterre sont d’un sérieux intérêt, et présentent nn récit mâle et grave, une suite d’un tissu ferme et dense, avec de grandes et hautes parties. I.es scènes de la mort de StrafTordet du procèsde Charles 1er sont traitées simplement, et sont d'un grand effet dramatique. Ce qui était plus difficile etee que M. Guizot excelle à exposer, ce sont les dehats, les discussions, les tiraillements des partis, le cêté parlementaire de l'histoire, la situation des idees dans les divers groupes à un moment donné : il entend supérieurement cette manœuvre des idees. Sorti de race calviniste, il en a conservé un certain tour austère, l'affinité pour comprendre et rendre ces naturels tenaces, ces inspirations énergiques et sombres Les habitudes de race et d'éducation première se marquent encore dans le talent et se retrouvent dans la parole, même lorsqu'elles ont disparu des habitudes de notre vie; on en garde la fibre et le ton. Les hommes, les caractères sont exprimes, à la rencontre, par des traits vigoureux ; mais le tout manque d une certaine animation intime et continue. Les personnages ne vivent pas d’une vie à eux; l'historien les prend, les saisit, il en détaché le profil en cuivre. Son dessin accuse une main d’une grande fermeté, d'une grande assurance. 11 sait ce qu’il veut dire et où il veut aller; il n'hesite jamais.... M. O oizot vous tient et vous mène jusqu'au bout, combinant avec force le fait, la réflexion et le but.... »
l Constitutionnel . Extrait.) SAINTE-BEUVE.
« .... Je me souviens de l’impressiot que produisit la publication de ces deux premiers volumes de l'Histoire de la révolution <t Angleterre- On s'accordait à les regarder comme le chef-d’œuvre de M. Guizot. Le penseur profond s y montrait un grand et male écrivain, sans aucun des defauts ordinaires à l’ecole que l'on a nommee, chez nous, l’école doctrinaire. 11 semble que M. Guizot préludait, par ces deux volumes, au grand rôle politique qu’il allait jouer, et laissait déjà entrevoir dans l’historien grave et ferme de la révolution d'Angleterre l’orateur éloquent, le ministre futur du gouvernement parlementaire et de la monarchie de juillet Je crois encore lire ce
beau récit de la mort de Charles 1er, à la fois sobre et circonstancié, qui va jusqu'à l'àtne, par le simple expose des faits. Près de trente années se sont écoulées depuis celte époque.... et aujourd'hui M. Guizot, rentre studieux et calme dans la vie privée, a repris son œuvre, et publie deux nouveaux volumes de 1 Histoire de la révolution d'Angleterre.... La mort de Cromwell termine Ces deux volumes, comme celle du roi Charles terminait les deux premiers. Morts terribles l’une et l’autre! Tableaux dignes d’un Tacite, et dans lesquels la plume éloquente et sevère de M. Guizot ne laisse rien à désirer !.... »
{Journal des Débats, Extrait. ) S. DE SACY.