DU GOUVERNEMENT REPRÉSENTATIF
ET DES INSTITUTIONS POLITIQUES DE l’eUROPE, depuis la chute de l’empire romain jusqu'au xiv' siècle ( Cours d'Histoire moderne de 1820 à 1822), par M. Guizot, nouvelle éd. revue et corrigée. 2 vol. in-8. 1854. 10 »
— Le même ouvrage. 2 vol. in-12.. . 7 »
« Tous ceux qui ont entendu les admirables leçons professées à la Sorbonne par M. Guizot, dans les dernières années de l'empire et pendant la restauration, n’ont pas cessé de regretter qu’un enseignement qui a régénéré en France la méthode historique, et porte si haut la gloire de l’ecole moderne, fût en quelque sorte perdu pour eux-mêmes, obliges de recourir à de lointains souvenirs, livrés aux caprices d’une mémoire souvent rebelle. Pius vif encore est le regret de ceux qui, appartenant à une génération moins heureuse, n’ont pu recueillir de la bouche du maître ses éloquentes doctrines. Tous ont lu et relu les cours si célèbres de 1838 et 1839, V Histoire de la civilisation ; mais des travaux antérieurs de M. Guizot, de ses recherches profondes dans le sein du moyen âge, qui étaient comme les assises du monument dont le couronnement seul appartenait à leur admiration, ils ne connaissaient rien et ne pouvaient rien connaître.
* Pour combler cette grande lacune qu’il se propose de combler tout entière, le libraire Didier publie le cours de 1820 à 1822, sur l’histoire des origines du gouvernement représentatif.
« Le premier volume renferme une série de vingt-six leçons dans lesquelles M. Guizot déroule le tableau des anciennes institutions du v» au xi« siècle, chez les Anglo-Saxons dans la Grande-Bretagne, chez les Francs dans les Gaules, et chez les Visigoths en Espagne.
« Le deuxieme volume, qui comprend une autre série de vingt-cinq leçons, est consacré tout entier à l’histoire et à l'appréciation des premiers essais et des progrès du gouvernement représentatif en Angleterre, depuis la conquête des Normands jusqu'au règne des princes de la maison de Tudor. »
( Journal des Débats.) Armand BERTIN.
«.... Ce qui nous parait un livre si bien composé, dont tous les chapitres se rattachent à un ensemble, et dont le style est si ferme et si plein, a été un cours parlé à la Sorbonne, de 1820 à 1822, et ccs chapitres ont ete ujte suite de leçons. Des éditeurs, plus attentifs à tirer profit de la vogue de ce cours, qu'à le recueillir fidèlement, en avaient fait une publication précipitée et inexacte. M. Guizot a repris cette copie infidèle, et s aidant de sa mémoire et de ses notes, il a retrouvé ces leçons telles qu'il les avait prononcées. Il s'est même interdit d’en modifier ou den effacer certains passages, qui, vrais de la Térité relative de l'epoque, ont pu cesser de l’ètre après un laps de trente années; et l'aveu qu’il en fait est digne de lui. On peut retoucher un livre, je dirai même qu'on le doit; nos maîtres en usaient ainsi.... Mais un cours doit être publié tel qu’il a été prononcé. Il faut dire d'un cours ce que Montaigne dit des livres retouchés : « que celui qui a hypothéqué au monde son ouvrage, n’y a plus de droit. » Ce qui n’empêche pas qu'on ne fasse, si on le veut, de ce qui fut un cours un excellent livre ; mais faire un livre pour le présenter au public comme un cours, et comme dit encore Montaigne : « coirompre la besogne qu’on a vendue » je ne sais si la supériorité même du travail sorti de cette supercherie devrait la faire approuver, et j’aime mieux voir M. Guizot, cet homme que les révolutions renversent sans le diminuer, à celte hauteur où l’ont place ses talents et l’impuissance de ses adversaires, publier dans leur intégrité les leçons du professeur de faculté qui enseignait l’histoire moderne 41aSorbonne.de 1820 à 1822....»
{Assemblée nationale. Extrait.) D. NISARD.