‹ Shakespeare et son tempsChapitre 27 sur 36 · HIONK. CHUTE DE LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

HIONK. CHUTE DE LA RÉPUBLIQUE

Et rétablissement de la monarcbib en Angleterre en 1660; étude historique par M. Guizot. Nouvelle édi tion. 1 beau volume in-8 , avec portrait. 1854.. . 5 *

— Le même ouvrage, 1 vol. in-12 3 50

« .... Tarais lu Monk en 1831; mais le relisant ces jours derniers, et trouvant dans le récit des traits qui me semblent convenir de la manière la plus curieuse aux choses et aux hommes de notre temps, je me suis imaginé peu à peu que ces traits étaient nouveaux, que M. Guizot les avait ajoutes comme malgré lui dans sa nouvelle édition, cédant, sans y songer, à ce goût d'analogie et de ressemblance qui est un des charmes et un des dangers de l’etude de l'histoire. Eh bien ! je me trompais. J’ai relu le Monk de 1837. M. Guizotn’y a rien ajouté; il n’a pas voulu en faire un homme de notre temps. Les traits qui me frappaient le plus à cause de leur ressemblance avec notre temps, je les avais vus autrefois. Seulement ils ne m’avaient pas frappé comme aujourd'hui. Les événements du jour, les espérances du lendemain ne leur avaient pas encore donné un sens particulier. Mais qui ne comprend que ces curieuses ressemblances n'ont de prix que parce qu’elles sont imprévues, involontaires, sincères enfin, et non pas préméditées et préparées avec plus ou moins de bonne foi? Si ce sont des rapprochements de fantaisie, elles n'ont plus de mérite, elles ne peuvent plus profiter à l'instruction du lecteur ; elles peuvent tout au plus l'amuser ou le tromper un instant, en lui faisant croire que le passé peut servir de modèle ou de programme à l'avenir. 11 n’y a de bonnes et d’instructives ressemblances en histoire que celles que trouve le lecteur, et non pas celles que prépare l’auteur. Le mérite du livre de M. Guizot est d’avoir été fait en 1887, et d'être lu en 1850. L’ouvrage n’est pas un à-propos : c’est la lecture qui l’est. Tous les grands historiens ont cette bonne fortunelà. Comme ils ne se préparent pas pour un temps, ils sont de mise pour tous les temps.... »

< .... Ce caractère d’homme habile, ou d’homme heureux et d’homme* heureux sans éclat, sans entrain, sans vanité est quelque chose d’à part dans l'histoire. M. Guizot l’a admirablement représenté. Et qu’il me soit permis, à ce sujet, de finir par une remarque toute littéraire sur le Monk et le Washington de M. Guizot. 11 a montré, dans la peinture de ces deux personnages, un nouveau côté de son talent d'historien. Tout le monde sait l’étendue et la profondeur du regard que M. Guizot jette sur l’histoire. Il est maître dans l’art de peindre en quelques traits un pays et un siècle. Il a au plus haut degré le don des idées générales ; mais tout le monde ne lui reconnaissait pas le talent de faire un portrait et d’étudier un caractère. On croyait que c'était un grand publiciste, un historien philosophe qui juge de haut et qui embrasse l’ensemble. On ne savait pas ou on ne voulait pas savoir que c'était aussi un observateur pénétrant, habile à saisir les détails d'un caractère ou d’une scène historique, un narrateur piquant et intéressant, que le scrupule de la vérité préservait seul du mérite d'un grand conteur. Apres avoir lu Mon k et Washington, après avoir vu le relief qu’il a donné à ces deux figures, sans les exagerer, après avoir goûté le charme de quelques-uns des tableaux d’intérieur que contient la vie de W ashington, et la vivacité de quelques-unes des scènes de la vie de Monk, personne, je le pense, ne sera plus tenté de refuser au grand peintre d’histoire le mérite d’être aussi un grand peintre de portraits... »

[Journal de* Débat*- Extrait.) SA1NT-MARC-GIRARD1N.

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