SCENE XI
J A G 0 finit & d'un ton de mépris.
VA , pars, emplis ta bourse. — C'est ainsi que le fais trouver la mienne dans la dupe qui m'écoute : & ne feroit-ce pas profaner mon expérience, ce tré-sor que j'ai acquis, que d'aller dépenser le tems avec un pareil idiot sans plailir ni profit pour moi ? J'abhorre le More : & c'est l'opinion de Venise qu'en-tre les rideaux de mon lit il a rempli mon office ; j'ignore si ce bruit est vrai : mais pour un (impie soupçon de ce genre, je veux agir comme j'agirois pour la certitude du fait. — Il iii',ulliiiic ; mes des-seins n'en opéreront que mieux sur son cœur. - Cassio en l'homme qu'il me faut. — Voyons en-fuite. Gagner sa place, & donner un plein elloi à mes desirs de %,uliguiiice. Double fourberie.— Mais comment, comment? - Voyons. Au bout de quelque-tems insinuer dans l'oreille abuiée du More, que Caffio prend trop de libertés avec sa fem-me.— Caffio a une fraîcheur, une santé qui prêtent aux soupçons. 11 est formé pour rendre les femmes infidèles. Le More est d'un naturel franc & ouvert, prêt à croire les hommes honnêtes dès qu'ils se don-nent la peine du le paroître : il se taillera sans ré-fiftatice conduire à la ltliwre, comme Line stupide f 0 OTHELLO , oln'it à 11 main qui le mène. -- Je l'ai. ( ycflwt lt' .!'\ f /1' /,1' t e i , , -t. le \,p;n conçu. l'enfer & la ~Initie feront tvlore t la lumiere ce fruit mons-trueux. ( 1/.1 ,', , f. )
Fin du premier slcle. OU LE MORE DE VENISE. si