‹ Shakespeare traduit de l'anglois. Tome 1Chapitre 71 sur 124 · OTHELLO, DESDEMONA · texte numérisé non relu

OTHELLO, DESDEMONA

CASSIO , paroissent avec une suite.

V r t t L f 7, A la garde cette nuit : dans ce p»(lt honorable, cher Lieutanant, montrons nous-memu l'exemple de la diftiiiliiiu fie non l'oubli de nos devoirs dans les plaisirs.

Jago a deja reçu sa Coliiigliu ; nuis cependant je veux encore tout ( 1 ) inspecter de mes } c.;ux,

OTHELLO

Jago est très-fidèle: Ami, bonne nuit: Demain, A l'heure de votre reveil, j'aurai à vous l'Hier. - V enez ma bien-aimée ; après la victoire, il faut en goûter les

( 1 ) lulUc militaire fruits : ce bonheur est encore à venir entre vous Be moi. — ( à Cassio & autres Officiers.) Garde heu-reuse.

( Othello & Desdemona sortent avec leurs suvans.)

( Jago entre.)

Vous arrivez à propos, Jago : voici l'heure de nous rendre à notre poste.

JAGO

Rien ne presse; il n'est pas dix heures, Lieutenant.

Notre General nous congédie avant l'heure pour l'amour de sa Desdemona. Gardons-nous bien de le blâmer ; il n'a pas encore paffé avec elle la folâtre nuit des noces, & c'cil: une fleur digne d'un Dieu.

Sans doute, c'cft une Dame accomplie.

JAGO

Et , J'en reponds pour elle , une femme friande de plaisir.

J'avoue que beauté ne peut être plus délicate & plus fraîche.

JAGO

Quels yeux que les stern ! Il me semble que ses regards appellent & défient les desirs.

CAS S lO.

Ses regards invitent à la tcndreffe, mais sans rien perdre de leur modestie.

Et dès qu'elle parle, n'est-il pas vrai que le son de sa voix est un signal qui éveille l'amour ?

En vérité, tout en elle est perfection !

Fort-bien ( i ) Nuit prospére à leurs mysteres amoureux. — Allons, Lieutenant, je posséde un th-con de vin ; & nous avons à deux pas un couple de braves insulaires prêts à trinquer à la gloire du noir Othello.

Non pas ce foir, cher Enseigne. J'ai un cerveau si foible pour le vin, une tête si déplorable Je voudrois que la société pût inventer quelque autre maniere de s'égayer ensemble.

( 1 ) Jago voyant qu'il fonde Cassio en vain , (iln, pouvoir l'engager a aucune indiscétion, ni rien tirer de lui ijuc des seutimens de teticit & d'admiration pour Desdemona, change de bacccaic.

JAr; 0.

Oh , ce font nos amis: Seulement un verre ; après, je boirai pour vous.

J'ai bu ce soir un seul verre, après mille insan-ces, 5c sur la foi trompeuse que l'eau tempéroit sa force ; tk voyez à mes yeux l'impression qu'il m'a déjà faite. Je fuis malheureux de cette infirmité, je n'ose plus hasarder ma foiblesse avec personne.

Eh quoi , Guerrier ? C'est une nuit de réjouissances ; nos amis vous invitent.

Où font-ils ?

A cette porte. De grâce, admettez-les dans la salle de garde.

J'y consens, mais c'est avec répugnance.

( Cassio Jbrt. )

Si je puis le déterminer à ver fer encore un verre sur celui qui! a déjà bu, il deviendra plus colerc & plus querelleur que l'epagneul hargneux de ma jeune

mamelle. OU LE MORE DE VENISE. 8c

Tome 1. L In.tirrcffc.- D'autre part mon imbécille Roderigo,dont l'amour a presque renversé la chétive cervelle , s'est abreuve ce foir de profondes rasades dédiées à Oef-demona ; & il se rient près de la garde. Fnt;" pai les coupes fetées à !.t ronde , j'ai eu soin de bien préparer nos trois braves Cypriotes, caracteres bouil-lait* & siers , qui, sans telle en arrêt sur le point d'honneur, semblent des élémens oppoics toujours prêts l mettre l'isle en guerre; & ceux-là font de garde aussi. Maintenant au milieu de ce troupeau d'hommes enivrés, me voilà moi de sens froid pour engager Caflio dans quelque imprudence propre à faire éclat dans l'isle : Mais je Us entends. — Pourvu que l'effet réponde au fonge de mon cer-veau , ma barque cingle rapidement avec vent & Inarce.

( entre sous une galerie voûta. ) Si OTHELLOf

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