SCENE XVI
RODERIGO entre.
R ODFR l G O.
( t ) M E voilà courant, non comme un Chasseur qui voit sa proie, mais comme l'animal qu'un aveugle instinct porte sur la trace. Ma bourse s'épuise ; j'ai été cette nuit cruellement maltraité & je le juge , le seul fruit de mes peines fera de l'expérience : ainsi pour l'argent que Je laisse ici remportant un peu plus d'esprit, il me faudra regagner Venise.
Que Je plains ceux qui n'ont point de patience ! Quelle blessure fût jamais guérie autrement que par degrés ? Pour opérer, vous le savez , nous n'avons que notre génie , non le secours de l'art magique
( t ) Ido follow here in the chucc, not like a hound that hunts , but ont that fills up the cry.
Mot à mot. Je suis ici la chassé , non comme le chien qui chaiVe avec intelligence, mais comme celui qui fuit les auti-cu eu aboyant. l'esprit Humain dépend dans sa marche de la pro-gression du tems. Tout ne va-t-il pas bien ? Cnffio vous a frappé; & vous pour cette insutre légers vous avez perdu Caflîo : (I) quoique le soleil fasse croître quelques épines sur votre partage , les plantes qui fluirilTent Ics premières doivent porter les premiers fruits : fachez vous posseder. (il s'avance à une fenêrr .) Sut ma parole, il est jour. Le plaisir & 1'¡\éHoI1 abré-gent la durée des heures. Retirez-vous; allez au lo-gis que votre billet vous tifrigile ; sortez , vous dis-je.
Dans la fuite vous eu fuirez davantage.— Non, encore une fois, partez. ( 'lodcrtgo fort comme à regret.)
11 reste deux choses à faire : d'abord que ma femme agule auprès de si maitresse en faveur de ("amo ; je cours l'y pousser : — Et moi, pendant ce tems, je tire le More à rentre; puis au moment où il pourra trouver Cassio sollicitant sa femme, je le ramené pour fondre brusquement sur eux. Oui, c'est-là mon plan, ma marche. 0 mon projet, ne va pas t'engourdir dans l'indolence & les délais !
( 1 ) De plusieurs plantes qu'on cultive ensemble de avec le même soin , les unes doivent dans l'ordre ré gulier de la na. ture, donner leurs fruits plutôt que le* autres. Il y a en tout un progrès, une gradation nécessaire. Nous ne devons pas plus déséspérer des événement qui s'opèrent lentement, que des fruits tardifs. Johnjon,
Fin du sécond Aclt*
* Tome I. N 4