‹ Shakespeare traduit de l'anglois. Tome 1Chapitre 87 sur 124 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

o THE L L 0 entre.

EH bien» Seigneurt comment vous trouvez-vous

O T H E L L O a\a icnit.unu.

Bien , ma digne épouse. (.) sàrts) Oh que de peine à diilimuler ! — Comment vous portez-vous, Deltlemona ?

DES DEMON A

Bien, Seigneur.

son attic g uerrière & sensible , pour n'éprouver déformait que les tourmens de la jalousie & le ~foreurs dc la vctigcaiicel. cil (\:naiu(nu.ut ra.heu"}U\: & dans la nature.

Donnez-moi votre main» (la fixant.) Cette main est bien (1) sensible , Madame.

Elle n'a point encore éprouvé les atteintes de làge, ni des peines.

OTHELLO

Ceci dénote une complexion féconde & un ccrur prodigue. — Frôlante ,brùl inte & moëllense! — Cette nuin me dit que voui avez besoin de retraite , de moins de liberté, de jeûnes , de privations & de pi eux exurcilus; C.It il v a ici un matin génie, plein de jeunesse & de feu, qui souvent se mutine ! voilà une bonne main , une main bien franche !

DESDEMONA

Oh voui pouvez bien le dire avec vérité; car ce fut cette main qui donna mon cœur. (i) (1) Fil Anglois moift, ny>iti. Nom Avon? changc le mot «taux fois £ v préféré ftnfthte & "WtU,'.u!t , & nom croyons avoir icnd't Hmprelîjon qu'éprouve Othello en touchant la main de ru-Himont.

(2) Notre /f! moderne ejl, <its m,tint & non des cœurs. Cest une attention satytique a>i tcm«. Jjqnc* 1 fit à peine monté sur le ui>nc t qu'il créa la nouvelle dignité de BarenU

Une main libérale! Autrefois le cœur donnoit la main ; mais dans notre blazon moderne, on dorme la main & plus le cœur,

Je ne connois point cette diflitiâioii i revenons à votre promet.

pour de l'argent. Entr'autrcs prorogative*, il leur fut permis d'ajouter à leurs armes de famille, une main de gueule sur un écusson d'argent. Shakespeare fait allusion à cette création burfalc , & donne à entendre que plusieurs de ces Baronets Avoiw-nt des m.ïin* » mais n'avoient pas de e-rur, c'est-à-dire, Je l'argent pour acheter le turc & nul im-rrc poui nbu-rir l'hon-neur. Mais la pla* grande a du Po;'te , c'est davoir fjtt dans cette allusion un compliment à (un ancienne prorttln.e la Reine Elizabeth,

Le prétexte dont Ce servit Jacques 1 pour Cc pro met de l'argent par cette création étoit la réduction de m I'ion incc d'Ulster & des autres panics de l'Irlande , expension dont il vouluit perpétuer la mcmoiiu , eu sassant i. citr cette addition dans ses armoiries. Klilabeth a\oit tenu une conduite bien opposée. Elle conftioit ks tiin. lC\I\ 'lui avoient employé, non pas leur or, mais luu fut a ion Lnuc. îlétoii afVc £ ordinaite au* Poëtn dum.H^.c5. «ic ce *eur la, de lan cer des traits de satyre sur l'ignuminic du ngne de Jaeq",c> I. Warburtcn. If" OTHELLO,

Quelle promesse , ma belle?

DESDEMONA

J ai envoyé dire à Cassio de venir vous parler.

OTHELLO

J'ai dans la tète une humeur opiniâtre qui m'im-portune : Prêtez-moi votre mouchoir.

DESDEMONA

Le voill, Seigneur.

OTHELLO

Celui que je vous ai donné.

DESDEMONA

Je ne l'ai pas sur moi.

OTHELLO

Non ? —

DESDEMONA

Non en vérité , Seigneur.

OTHELLO

Vous avez tort. Ce mouchoir, une Egyptienne le donna jadis à ma mere ! C'étoit une magicienne dont l'art alloit presque jusqu'à lire dans les pensées. Elle lui promit que , tant qu'elle le

conferveroit OU LE MORE DE DENISE, confervetoit, elle fcroit toujours aimable aux yeux de mon père, tlk feule maitresse de son cœur : Mais que si elle avoir le malheur de le perdre ou de le donner, à l'instant mon père ne verroit plus en elle qu'un objet d'aversion , «3c livrerait son lui-ineur volage A de nouvelles amours. Ma mere en mourant m'en fit don, & me recommanda, quand ma destinée me donnerait une épouse, de lui en faire présent. Je l'ai fait ; et prenez-en bien foi n : Conservez-le aussi précieusement que la tendre prunelle de votre œil. Le perdre ou le donner, feroit un revers au-deilus de tous les malheurs.

DESDEMONA

Est-il possible ?

OTHELLO

Rien n'cft pltiç vrai. — tîne vertu magique rl-fidt) dans ce tissu. (i) Une Prêtresse, qui deux u-m fois avoit vu le soleil achever le cercle de t ~m.. , en

(i) Othello ne croit pas cc qu'il a$rmc ici :!\'l," r,v*t .l'fln' phare: mais il veut faire une imprciîîoii fciriMf ( n l'.inn fim< ple & foihle ,te; Defilemona, .& attachet plus il impoiM•>. „• a son présent, & par-la, le l'oiftc «loiru* n nlî pltiq 1-e à ce moveti. sur lequel va rouler désormais lïnii'g.K de la pu c. Il' qui duit concourir a motiver la sanglante catastrophe Ju «ic-nouement.

* r"m, 1. ourdit la trame dans les accès de ses fureur. propUtriques ; les vers qui en filèrent la foie étoient enchantés ; & le iifeau fut teint dans le fang de jeunes V ier ées.

DES D E M 0 N A

En veutt. ! Dites-vous la vérité ?

Rien ii'est plus vrai. Ainli songez à le bien con-set ver,

Ah plut au ciel que je ne l'eusse jamais vu!

Comment , &' pour quelle raison ?

DESDEMONA

Pourquoi me parlez-vous d'un ton si I)rtifque , li emporté

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