BIANCA
Ho, Cassio, d'où tenez-vous ce mouchoir ? C'est le don de quelque nouvelle conquête. Ah ! je devine la cause d'une absence que j'ai trop fentic. En êtesvous-là ? Fort-bien.
Allez, femme , rejettez vos vils soupçons au Démon qui vous les a soufflés: Vous êtes jalouse main-tenant ? Vous croyez voir un gage de quelque maitresse pour me rappeller son souvenir? Non en bonne-foi , Bianca.
Mais à qui appartient-il ?
Je n'en fais rien encore. Je l'ai trouvé dans ma chambre ; l'ouvrage m'en plaît fort: avant qu'on le redemande , ce qui ne peut manquer d'arriver, je voudrois en avoir le dessin : Prenez le , copiez-cil la broderie, & laissez-moi pour ce moment.
Vous laisser, & pourquoi?
J'attens ici le Général, & je n'ai pas envie , com-me ce ne feroit pas une recommandation pour moi, qu'il me trouve accosté d'une femme.
Et pourquoi, s'il vous plaît ?
Ce n'est pas que je ne vous aime.
Non , non , vous ne m'aimez point : Je vous prie, du-moins reconduisez-moi quelques pas ; & dites si je vous verrai ce foir ?
Je ne puis vous accompagner bien loin , car c'est ici même que j'attens ; mais je vous verrai dans peu.
B I A N ( A d'un (. n ih.unn.O
CcIa va fort bien : Maintenant vous in'imposez des conditions dont il faut que je me l')'c.
( Ils sortent. )
Fin du troisieme Acte.