‹ Shakespeare traduit de l'anglois. Tome 1Chapitre 92 sur 124 · BIANCA · texte numérisé non relu

BIANCA

Ho, Cassio, d'où tenez-vous ce mouchoir ? C'est le don de quelque nouvelle conquête. Ah ! je devine la cause d'une absence que j'ai trop fentic. En êtesvous-là ? Fort-bien.

Allez, femme , rejettez vos vils soupçons au Démon qui vous les a soufflés: Vous êtes jalouse main-tenant ? Vous croyez voir un gage de quelque maitresse pour me rappeller son souvenir? Non en bonne-foi , Bianca.

Mais à qui appartient-il ?

Je n'en fais rien encore. Je l'ai trouvé dans ma chambre ; l'ouvrage m'en plaît fort: avant qu'on le redemande , ce qui ne peut manquer d'arriver, je voudrois en avoir le dessin : Prenez le , copiez-cil la broderie, & laissez-moi pour ce moment.

Vous laisser, & pourquoi?

J'attens ici le Général, & je n'ai pas envie , com-me ce ne feroit pas une recommandation pour moi, qu'il me trouve accosté d'une femme.

Et pourquoi, s'il vous plaît ?

Ce n'est pas que je ne vous aime.

Non , non , vous ne m'aimez point : Je vous prie, du-moins reconduisez-moi quelques pas ; & dites si je vous verrai ce foir ?

Je ne puis vous accompagner bien loin , car c'est ici même que j'attens ; mais je vous verrai dans peu.

B I A N ( A d'un (. n ih.unn.O

CcIa va fort bien : Maintenant vous in'imposez des conditions dont il faut que je me l')'c.

( Ils sortent. )

Fin du troisieme Acte.

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