‹ Shakespeare traduit de l'anglois. Tome 1Chapitre 97 sur 124 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

OTHELLO s'avance.

OTHELLO

DE quelle mort le tuerai-je, Jago?

JAGO

Avez-vous remarqué comme il sapplaudissoit dans son infâme action ?

O Jagoi — Et le mouchoir » l'avez-vous vu ?

OTHELLO

(1) Etoit-ce le mien ?

Le votre ! J'en fais ferment. Et de voir le cas qu'il fait de cette femme insensée votre Epouse ! Elle lui a donné ce mouchoir, & il court le donner à sa maitresse !

Je voudrois le posséder neuf ans entiers mourant fous ma lllalll. - Une femme accomplie! Une belle femme ! Une femme si douce !

11 vous faut oublier tout cela.

Oui; qu'elle périsse , qu'elle foit détruite, anéan-tie cette nuit ; car elle ne vivra plus. — Oui, mon cœur est changé en marbre , je sens sa dureté; il

(1) D'abord Cur de rimp!,:ç paroles il a été convaincu. A prê-sent sur des preuves plus claires il voudroit douter & démen-tir sa propres yeux ; telle est la nature de la jalousie. is-1 OTHELLO, repuutÏë ma main. — Oh, l'univers n'avoit pas une plus duuce créature. — Elle ctoit digne de partager la couche d'un Liliperetir, & de lui imposer ses loix.

JAGO

Eh ! ce n'en pas Il votre objet.

OTHELLO

Qu'elle (ott maudite ! Je ne dit que ce qu'elle est en effet. — Si adroite AU* ouvrages de l'-à'lguille! -- Une Mufkiemie admirable ! — Oh, lei accens de sa voix charmeroient la férocité d'un tigre: Tant de noblesse, de ressources & de variété dans l'esprit !

Elle n'en est que plus coupable avec tant de qualités.

Oh mine. mille fois plus Et d'une naissance si honnête ! —

Ah trop honnête.

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