‹ Shakespeare traduit de l'anglois. Tome 1Chapitre 96 sur 124 · Tome I. Z · texte numérisé non relu

Tome I. Z

C'cil un propos de cette créature : Elle se fera, dans l'ivresse de sa passion, persuadée que je IVpou-ferai. Cette chimère la flatte , mai) nulle promesse de nia part.

OTHELLO bas.

Jago me fait signe : Sans doute il va commencer l'histoire.

Elle étoit ici, il n'y a qu'un moment; elle m'ob-sède par-tout. L'autre jour j'etois sur le bord de la mer, causant avec quelques Venitiens, tout-à-coup arrive l'étourdie, & se jette ainsi à mon cou. ( Cassio point par son geste le mouvement de liUnca. )

OTHELLO bas.

S'cerialu. 6 mon cher Cassio : c'est ce que son geste exprime , je le vois.

Et elle y reste attachée, s'y abandonne, 6c me noie de ses pleurs, ac me tourmente, & m'entraîne. Ha, ha, ha!

OTHELLO bas.

Le voilà qui lui peint la manière dont elle l'a entraîné dans ma chambre. Oh, je vois ta perfidie 178 O T H E L r O , sur ton visage ; quand verrai - je sur ton coeur les vautours que j'y veux attacher?

Il faut que j'évite sa rencontre.

Devant-moi! Tenez, la voilà qui vient.

S C E N E IV

B 1 A N C A parott.

C A S S 1 0 l'appercevant.

( 1 ) Àrds * t f comme la biche dam ta faison de ses amours! Mais celle-ci parfume l'air sur sa trace. - ( J Biama* Que prétendez-vous en me poutfuivant de la forte ?

B 1 A N C A irritit.

Que toutes les furies de l'enfer vous poursuivent ! Vous-même, qu'avez-vous prétendu par ce mouchoir que vous m'avez remis tantôt ? J'étois une bonne

( s ) Le Trllt dit ~iftihtw, Espèce de chat fauv»gc très-en~ lin à l'amour. Nnui lui avons rubftiw le nom d'un ani-mal plus noble dans noue iaaigae.

Z 2 dupe de le prendre ; Bt ne faut-il pas que jcti copie le delfin ? Oui, sans doute , il est bien vraisembla-blc que vous l'ayez trouve dans votre chambre , sans savoir qui peut l'y avoir lailft. C'est un gage amou* reux de quelque syrène, & c'est moi qui en dois co-pier le dessin ! ( elle lui jett avec dépit le mouchoir. ) Tenez , rendez-le à votre belle. De quelque part qu'il vous vienne, je n'en broderai pas un point.

Comment, ma douce Bianca ? Quoi donc? quoi donc ?

OTHELLO bas.

Par le Ciel, voilà sûrement mon mouchoir !

B 1 A N C A un peu aJollde.

Si vous voulez venir souper ce foir, vous en ctes le maître ; sinon, venez, dès qu'il vous plaira. ( elle firt. )

Suivez-la, suivez-la—

Il le faut bien, sans quui elle va femer des pro-pos dans la ville.

Soupez-vous chez elle ?

Oui , c'est mon projet.

Peut-être pourrai-Je vous y voir;\ car J'ai vraiment besoin de causer avec vous.

Venez-y, je vous prie : Vous viendrez ?

JAGO

N'en dites pas plus, partez. ( il pousse Cajîo qui

fort.)

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