Cymbeline, act. i, sc
SHAKSPEARB.
« Le grillon ehante et les s^s de l’homme excédé par la fatigue recouvrent des forces par le repos. C’est à celte heure que Tarquin posa doucement son pied sur le parquet, avant d’éveiller la chaste épouse qu’il viola. « Cythérée, que tu es belle, ainsi couchée ! Lis plein de fraîcheur et plus blanc que ton linge ! Ah 1 si je pouvais la toudier! Rien qu’un baiser, un seuil Lèvres vermeilles et incomparables, que les vôtres doivent être doux ! — C’est son haleine qui parfume ainsi la chambre. La flamme de ce flambeau ' se penche vei*s elle et voudrait pénétrer sous ses paupières pour voir les astres qu’elles recouvrent, ces astres maintenant cachés comme sous un rideau, blancs et azurés, bordés d’un bleu qui a la teinte même du ciel
L’adresse de Jachirao qui n’a point réussi auprès d’Imogène réussit mieux auprès de Posthuraus. Celui-ci se croit trahi, et, après avoir lancé due malédiction générale contre les femmes ; il écrit à Pisanio de tuer la sienne, et lui adresse à elle-même une lettre mensongère qui l’attire à Milford où elle doit trouver la mort. Imogène accueille ce message avec l’ardeur d’une âme tendre qui a déjà beaucoup souffert de l’absence, et qui embrasse avidement l’espérance de se rapprocher de celui qu’elle aime. Son mari a débarqué sur le sol de la Grande-Bretagne, elle veut le voir, partir à l’instant et franchir sans se reposer l’espace qui les sépare. « Ohl que fr’ai-je des chevaux ailés! s’écrie-t-elle. Entends-tu, Pisanio ? Il est au havre de Milford. Lis et dismoi quelle est la distance d’ici là. Si, pour une affaire de peu d’importance, on met une semaine pour la par-