‹ ShakspeareChapitre 52 sur 128 · Thirdpart of king Henri VI, act. ill, bc · texte numérisé non relu

Thirdpart of king Henri VI, act. ill, bc

DRAMES HISTOMQUES.

En effet, tous les personnages qu’il a intérêt à tromper tombent successivement dans les pièges qu’il leur tend. Son coup d’essai, c’est de feindre l’amour et même d’en inspirer, lui boiteux et bossu, et à qui? à la veuve du deraier prince de Galles, à la jeune femme qu’il a précipitée du trône et dont ilnssassiné le mari et le beaupère. Il rencontre lady Anne au moment où elle conduit à Chertsey le corpus du roi Henri VI , qui a été retiré de Saint^Paul, et, en face de ce cadavre, il interrompue cortège funèbre pour faire une déclaration à la princesse. Repoussé avec mépris d’abord, il ne se décourage pas, il insiste, et il parle si bien, qu’il finit par toucher ce jeune cœur qui s’était gonflé de colère à son approche. Mais aussi comme il sait fasciner sa proie, quelle expression émue et attendrie il sait donner à son visage, quel air de sincérité à ses paroles 1 On l’écoute, on le regarde, et peu à peu, à la réflexion, à la haine succède une sympathie involontaire. Sa voix tremble, ses joues se décolorent, il a des larmes dans les yeux..Commeut ne pas le croire quand il s’écrie, comme s’il était dominé par une émotion plus forte que sa volonté : « Moi, qui n’ai pas pleuré 'quand Rutland fut tué ni quand Warwick m’annonça la mort de mon père, maintenant je verse des pleurs? » Savoir exprimer les meilleurs sentiments, feindre de les éprouver sans en ressentir aucun, rester toujours maître de soi-même quand on paraît le plus touché, n’avoir à la bouche que des mots de bonté, de bienveillance et de. tendresse , parler, eu effet, comme le plus doux et le plus sensible des hommes, quand on ne se nourrit que de haine et d’ambition , telle est la comédie que joue Richard pendant toute sa vie et grâce à laquelle il trompe jusqu’au bout ses victimes.

SHAKSPEAM.

Cerne dont U yeat se déÉsire soit ceux qu’il earesse le • plus et qu’il a le mieux persuadés de sou amitié. Il ac^ cuse sourdement son frère, le duc de Clarence, il attise contre lui la colère du roi ; mais en même temps il fait semblant de prendre sa défense, il regrette de le voir conduire à la Tour où lui-même l’a envoyé, il songe à le faire mourir et il lui promet de le délivrer. Il a si bien convaincu ce malheureux prince de sa bonne foi, que celui-ci^ en se débattant entre les mains des assassins payés par Gloster, leur dit : « Si c’est la promesse d’un salaire qui vous fait agir, retirez-vous, et je vous adresserai à mon frère Gloster qui vous payera ma vie à plus haut prix qu’Édouard ne vous eût payé ma mort. Dites-lui que le jour où York, notre illustre père, étendit son bras victorieux sur ses trois fils {>our les bénir et nous commanda, de tonte la chaleur de son -ime, de nous aimer les uns les autres , il était loin de prévoir cette tache faite à notre amitié. — Dites cela à Gloster et vous le verrez pleurer et s’attendrir. » Le témoignage des assassins ne peut détruire sa confiance en son frère. « C’est lui-même qui nous envoie, répwulent-ils. — C’est impossible, reprend Clarence, car il a pleuré mon malheur, il m’a pressé dans ses bras, et m’a" juré, avec des sanglots, de tout faire pour obtenir mon élargissement. ' »

Quand le roi désire réconcilier Ricdâard avec les parents de la reine, Richard s’y prête de bonne grâce, il paraît tout disposé à faire la paix et il leur tend la main au moment même où il est décidé à se débarrasser d’eux et à les accuser de la mort de Clarence. « Je ne connais pas , dit-il joyeusement , un seul Anglais vivant cemtre

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