I. Second part of king Henry IV, act. lu, $c
SHAK«PEARE.
l’on pouTait percer l’obscurité du temps, on ne se donnerait pas tant de peine pour atteindre le but qu’on poursuit, on n’en poursuivrait même aucun et Ton s’ abandon- I
neraitau hasard des événements, bien sûr que tout a une fin et que rien ne se réalise complètement ni ne dure en t
ce monde. « Il y a dix ans à peine, 'ajoute-t-il, que Ri- I
chard et Northumberland, amis intimes, s’asseyaient à 1
la inéme table, et deux années plus tard ils étaient en >
guerre. Il y a tout au plus huit ans que ce Percy était l’homme le plus avant dans mes affections; il travaillait i
pour moi comme un frère, et mettait à mes pieds son dévouement et sa vie. » Ces amis d’hier sont des ennemis aujourd’hui et se cherchent pour se tuer. Quelle '
source de réflexions amères pour un'roi qui pense et qui 'Sent fortement comme Henri IV ! I
La nouvelle de sa dernière victoire lui est apportée ^ au moment même où il va mourir, et il voit encore dans cette circonstance une nouvelle preuve de la misère humaine. « Pourquoi donc,- s’écrie-t-il, pourquoi donc estee que je me trouve mal à ces heureuses nouvelles? Fautil que la fortune n’arrive jamais les deux mainspleines'?* ^
Il n’a pu, d’ailleurs, réaliser qu’une partie de ses rêves, et il voit partout les limites que la nature a fixées aux facultés et à la volonté de l’homme. U avait résolu d’entreprendre une croisade, un pèlerinage en terre sainte , afin de se laver de la mort de Richard II, et il meurt avant d’avoir pu partir pour Jérusalem. Qu’esf^ce donc que la vie et combien les plus forts d’entre nous ne sontils pas impuissants 1 f
Le trait le plus remarquable du caractère de Boling-