SCÈNE VIII
[Cour dans l'intûricur du château.]
entrent BA N QU et FLÉ ANGE précédés d'un SERVITEUR portant un flambc.iu.
BAXQUO.
Où en est la nuit, enfant?
FLÉANCE.
La lune est couchée ; je n'ai pas entendu l'horloge.
BAXQUO.
Elle se couche à minuit.
FLÉANQE.
Je crois qu'il est plus tard, monsieur.
BAXQUO.
Tiens; prends mon épée... Le ciel fait de l'économie, il a éteint toutes ses chandelles... Emporte ça aussi. La sommation du sommeil pèse sur moi comme du plomb, et pourtant je ne voudrais pas dormir. Puissances miséricordieuses, réprimez en moi les pensées maudites auxquelles notre nature
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donne accès dans le repos!... Donne-moi mon épée.
(Entrent Macbeth et un serviteur qui porte un flambeau.) Qui
va là?
MACBETH
Un ami,
BANQUO
Quoi 1 monsieur, pas encore au lit? Le roi est couché. 11 a été d'une bonne humeur rare, et il a fait de grandes largesses à vos gens. Il présente ce diamant à votre femme, comme à la plus aimable hôtesse, et il s'est retiré dans un contentement inexprimable.
La scène noctunie de l'assassinat est atroce et terrible. Dans l'âme de Macbeth, qui voit des poignards vivants s'animer et lui tracer la route vers l'appartement de Duncan endormi, le remords précède le crime. Chez lady Macbeth, la passion de régner étouffe tout, excepté l'ambition. Elle le pousse du geste dans la chambre. 11 en sort les mains ensauT glantées. 11 tue, par les conseils de sa femme, tous les courtisans et pages assoupis par le vin , dans la chambre voisine, afin de les accuser de son forfait, et àfi prétendre qu'en trouvant son hôte royal mort, il les a tués tous dans son indignation.
On entend du bruit. Macbeth regarde ses mains : « Tout l'océan du grand Neptune suffirait- il à les