LE BOSSEMAN
Sire, si je pensais être bien éveillé, je tâcherais de vous en informer. Nous étions tous frappés par un sommeil de mort, et (comment? nous ne le savons pas) tous jetés sous les écoutilles. Là, il n'y a qu'un moment, des accents étranges et divers, des hurlements, des cliquetis de chaînes qui s'entrechoquaient, et plusieurs autres bruits tous horribles, nous ont réveillés : nous nous précipitons, nous retrouvons la liberté, et nous revoyons dans tout son lustre, fraîchement réparé, notre royal, notre bon et fier navire ; notre maître bondit de joie à cette vue. En un clin d'œil, nous avons été séparés des autres, et amenés ici encore tout assoupis comme dans un songe.
ARIEL, à Proflpero i part.
Ai-je bien travaillé ?
PROSPERO, à ijiel à part.
A merveille, mon génie diligent, tu vas être Kbre.
ALONZO
Voilà le plus étrange dédale où jamais aient erré des hommes; il y a dans ces conjectures quelque chose qui surpasse tout ce qu'a jamais conduit la nature : il faut qu'un oracle rectifie en ceci notre propre jugement.
PROSPERO
Seigneur, mon suzerain, ne tourmentez point votre esprit à débattre en lui-même la bizarrerie de ces aventures ; nous choisirons, et dans peu, un moment où je pouiTai vous donner à vous seul (et vous le trouverez sage) l'explication de ces heureux événements : jusque-là soyez tranquille, et croyez que tout est bien, (a pan.) Approche, esprit, mets en liberté Caliban et ses compagnons; romps le charme. (Aripi sort.) Comment se trouve mon gracieux seigneur? Il manque encore de votre équipage quelques mauvais drôles que vous oubliez.
ARIEL rentre en chassant dorant Inl GALIBAN, STE- PHANO et TRINGDLO, tdtus des habits qu'ils ont
TOlés.
STEPHANO
Que chacun se démène pour le salut de tous les autres sans s'occuper du sien; car tout ici*bas n'edt que hasard. — Courage, monstre hargneux, courage I