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Shakspeare et son uvre

Les hommes sont si mobiles et si susceptibles de iiemeat, que la froide postérité

s qu'on appelle les grands hommes, les élevant tour à tour au-dessus les uns des autres, tatitiil au-dessus, Unitél au-dessous de lous , jusqu'à co nue, par un caprice nouveau, elle les laisse retomber, pour les en retirer encore, dans ce lit d'oubli où ils retournent dormir leur sommeil des siècles.

Nous avons vu nous-méme , dans le petit nombre d'années qu'il nous a été donné de vivre, ce phënoinnu de l'iu-laliilil'' H de !'(:i];'oi!oiiii:ii[ îles rqiu[;i-

SHiKSl'EARK.

lions i m ni orteil es se renouveler plusieurs fois mus cause apparente, surtout à l'époque do 1820 et de 1S:i(l. où une secte littéraire appelée le rotnuuiisme luttait contre une routine littéraire appelée le elits*!chmi: C'est ainsi qu'un grand poète italien, Diiatr, a Été récemment placé , pour une conception barbare, écrite dans une langue presque surhumain c, au-dessus de Virgile et d'Homère, ces dieux mortels du beau dans la conception et dans l'expression épi(]ue. C'est ainsi qu'Eschyle , Sophocle, Euripide, Corneille, Racine, Gietlie, Schiller, ces admirables ordonnateurs du drame poétique sur toutes les sirènes antiques et modernes, ont élé tout à coup descendus de leurs piédestaux pour faire place àlastntue unique d'un homme très-grand sans doute, mais grand comme le cahos, inniris grand cependant que la grandeur orilonnée et combinée du monde.

(ilïssons sur ces \ irissttudi's rtr U littérature, excu-

co poète naLiouti! des Anglais: nr l>- nHiqurmi.» qu'à lui-même ; appelons-le le grauil Pan de leur littérature populaire, s'ils le veulent, mais pl aimions- le néanmoins d'avoir écrit dans un temps où le goût, cette civilisation de l'esprit, n'existait pas, et où la barbarie et le génie se faisaient à la fois ombre et splendeur dans des pièces jugées par la populace. William Sliakspeare , nous aimons à le reconnaître , aurait été plus qu'un homme, s'il eut écrit un demisiècle plus tard pour l'élite d'un peuple plus policé.

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