‹ Shakspeare et son uvreChapitre 58 sur 77 · DESDÉMONA · texte numérisé non relu

DESDÉMONA

Et pourtant, j'ai peur de vous; car vous êtes fatal quand vos yeux roulent ainsi. Pourquoi aurais- je peur? Je l'ignore, puisque j'î y nore ma faute; cependant je sens que j'ai peur.

Ce sont les tendresses que j'ai pour vous.

Oui , et c'est pour cela que tu meurs.

S1UKSPEARE.

DESBE M »A A.

C'est une mort contre nature que celle qui tue pour crime d'amour. Hélasl pourquoi rongez-vous ainsi votre livre iiifri'ifiiiv ? (.indijuc passion sanglante agite tout votre être. Ce sont de mauvais présages; niais pourtant j'espère , j'espère que ce n'est pas mol qu'ils menacent.

Pabt! et soyez calme.

DESDÉMON A,

J'obéis. Mais do quoi s'agit-ilî

OTHELLO

Ce mouchoir que j'aimais tant et que je t'avais donné, tu l'as donné ù Cassio.

Non, sur ma vie et sur mon âme! Faites venir l'homme et interrogez-le.

OTHELLO

Cliere âme, prends garde, prends garde au parjure : tu es sur ton lit de mort.

DE3Di3tOflA.

Oui, mais pas pour y mourir encore I

Si! immédiate me ni! Donc confesse franchement ton

ITlQi? . C.V Vl Mlfill tVi UI' T l'"Jr î-l lli'l-l 1-iUt

Il's cliefs, tu n'écarterais pas, tu n'étoufierais pas la lorte conviction dont \c gémis. Tu vas mourir.

Alors, que le Seigneur iiil pitié de moi!

Amen, encore une fois !

des DÉ >l OSA.

Ht vous aussi, ayez pitié! Jamais je ne vous ai offensé de ma vie ; jamais je n'ai aimé Cassio que de cette ordinaire affection à laquelle le ciel m'autorisait. Jamais je ne lui ai donné de gage.

Par le ciel! J'ai vu mon mouchoir a sa main!

0 femme parjure ! tu pétrifies mon cœur, en voulant nie faire voir dans l'action que j'ai résolue un meurtre, et non plus un sacrifice ! J'ai vu le mouchoir !

Alors, c'est qu'il l'a trouvé. Je ne le lui ai jamais donné. Faites-le venir, et qu'il avoue la vérité !

BHAKSPEARE.

OTHELLO

Il a avoué.

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