‹ Shakspeare et son uvreChapitre 62 sur 77 · MONTANO · texte numérisé non relu

MONTANO

0 monstrueuse action!

É »n LIA.

Trahison! trahison! trahison! J'y songe, j'y songe... Je devine! Oh! trahison! trahison!... Je l'ai pensé alors 1... Je me tuerai de douleur... Oh! trahison!

IAGO

Allons, étes-vous folle? Rentrez à la maison, je vous l'ordonne.

Mes bons messieurs, ne me laissez pas interdire la parole! 11 est juste que je lui obéisse, mais pas à présent! H se peut, lago, que je ne retourne jamais à la

Oh! oh! oh!

Oui, jette-toi là et rugis! Car tu as tué k plus adorable innocente qui ait jamais levé les yeux au ciel.

Oh! elle émit impure! is« n-h>™i.) Je ne vous reconnaissais pas, mon oncle; votre nièce est ici gisante : ces mains viennent en ellel rie loi ôter le souille. Je sais que cette action est horrible et hideuse.

Pauvre Desdémona! Je suis heureux que ton pere ne soit plus! Ton mariage lui a éle fatal, et une pure douleur a tranché le: Il 1 usé di> .ses jours. S'il vivait encore, ce spectacle l'aurai! jcii' dans lu désespoir; il aurait maudit son bon ange, et il serait tombé parmi les réprouvés.

C'est bien malheureux, mais lago sait qu'elle a mille fois commis avec Cassio l'acte d'impudeur. Cassio l'a avoué. Et elle l'a récompensé de ses tendres labeurs en lui donnant le premier souvenir, ie premier gage d'amour qu'elle avait eu de moi; je l'ai vu à la main de Cassio; c'était un mouchoir, antique offrande que ma mère avait reçue de mon pére.

OTHELLO

0 ciel! ô puissances célestes 1

ÎAr.o.

Le jour se fera! le jour se fera!... Me taire, monsieur? Non! — Non, je veux parler, libre comme l'air! Quand le ciel et les hommes et les démons, quand tous, tous, tous crieraient : Honte sur moi! je parlerai.

IAGO

Soyez raisonnable et rentrez.

ÉHILIA.

Je ne veux pas. ii. s , n>f. C c u femme «• un épvl

GHAT1ASO.

Fi! Votre épée contre une femme!

0 More slupide! ce mouchoir dont tu parles, je l'avais trouvé par hasard el donné à mon mari; car maintes fois, avec une insistance solennelle que ne méritait pas un pareil chilfon, il m'avait suppliée de le voler!

S1IAKSPEAJ1E.

IAGO

Misérable catin!

Ému a.

Elle l'a donné à Cassio? Pion. Hélas! c'est mot qui l'ai trouvé et qui l'ai donné à mon niaril

ia<;o.

Cftvogiio, tu mens!

km r LIA.

Par le ciel, je ne meus pas! Je ne mens pas, messieurs! U oiiifiio.l 0 meurtrier idiot! qu'est-ce qu'un fou pareil pouvait faire d'une si noble femme! Uoî°

N'y a-t-il donc tir. fumliv.-; ,m ciel que pour tonner T Oh! l'insigne scélérat! (wsdui q u'otfctuo parie, mmu™ m

cnllra ion <l>ta.l

GlUTIAXO, montnit Ùmllia qui dunctlla.

Elle tombe; pour sûr, il a tué sa femme.

Oui, oui. Oli! mettez-moi à côté de ma mailresse.

[/infime scélérat! Prenez cette épée que je viens île retirer au More, et allez garder la porte en

ll' li-r; '■• If Imv [■l- (pj. [.lill- l H»i

je cours après le fuyard, car c'est un misérable

damné! tUonlim «Oimliino HrtlDl.)

Je ne suis même plus vaillnnL. Le premier marmouset venu me [irait! in<m épée ' ^ l;l ' s de droit l'Iimmeur survivrait-il à l'honnêteté ? Que tout finisse a la fois !

Que présageait ta chanson, maitresseï... Écoute ! peux- tu m'entendra î Je vais faire comme le cygne et expirer en musique... Le saule! Le saule'. Le saule!... More, elle était chaste ; elle t'aimait, cruel M--rr I'"' ■■>■ 'î jM-.-r \ h I- .ii'i'i-f i j

dis vrai! En disant ce que jf: ]n:n»;, je meurs, je meurs 1 Wm °>l""«.i

J'ai une autre arme dans cette chambre ; c'est une épée d'Espagne trempée dans l'eau glacée. Oli : la

BIIAKSPEAB E.

,i ,cr« u pont.) .Mon oncle , il faut que je

fii tu essayes, il t'en coûtera cher. Tu n'as pas J'arme; il faut te résigner forcément.

Regarde-moi ilone et |KiiIr-mtii ; sinon, tout désarme que je suis, je me jette sur toi !

n.» GRAT1ANO.

(Ju'y a-t-il?

Regardez ! j'ai une arme : jamais meilleure épée n'appuya sur la cuiwe d'un soldat. J'ai vu le jour où, avec ce faible bras et cette bonne lame, je me suis fait un chemin à travers des obstacles vingt fois plus puissants que votre résistance. Mais, ô vaine forfanterie 1 qui peut maîtriser sa destinée? U n'en est plus ainsi à présent ! fie vous enrayez pas, même en mu voyant armé. Voici le terme de mon voyage, en voici le but, voici le point de repère de ma voile épuisée! Vous reculez d'effroiT Crainte superflue! Menacez seulement d'un roseau la poitrine d'Othello,

otiiello. an et il reculera... Où donc irait Othello? (cgnuaptui ut.d.imoRa.) Ah ! quelle mine tu as maintenant, fille de mauvaise étoile ' IVtle comme ta chemise ! Quand nous nous rencontrerons iiu jour du jugement, tnn apparition précipitera mon âme du ciel , et les démons l'attraperont. Froide! Froide, ma fille ï Froide comme ta chasteté 1 0 maudit, maudit scélérat I Fouu t lez-moi , démons, loin des jouissances de cette vision céleste ! Souillez-moi dans vos ouragans ! Itùtissez-moi dans le soufre! Lavez-moi au\ torrents profonds de la Haoïme liquide!... 0 Dcsdémona I Desdemona I Morte! morte! Oh! oh I ohl

km L.0D0V1C0, HONTANO, CASS10,

u knutm. ,,„. d* «fftka cortulHiinu «on. 1AG0 LODOV1CO.

Où est ce forcené? où est ce malheureux ï Voici celui qui fut Othello : me voici.

LODOVICO, rhrrthjot li S u.

Et où est cette vipère î Faites avancer ce scélérat!

IITII El. 1.0 , tporHTMt :< S o,

Je regarde ses pieds.'.. Mais c'est une faille. Si tu es un diable, je ne puis te tuer. In di«h !•««,)

m sHAtsPEAnn.

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