CASSIO
Voilà ce que je cr.iigiiai.-t, mais je croyais qu'il n'avait pas d'arme ; car il «tait grand de cœur !
LODorico, t ne».
0 limier de Sparte, plus féroce que l'angoisse, la faim ou la mer, regarde le fardeau tragique de ce lit ! Voilà ton œuvrai... Ce spectacle empoisonne la vue ! Qu'on le voile ! Ion iiw im tMmui m \v lit) Graliano, gardez la maison , et saisissez -vous des biens du More, car vous en héritez. U cwio.) A vous, seigneur
gouverneur, revient le clniiimenl de cet infernal scélérat. Décidez l'heure, le lien, le supplice... Ohl qu'il soit terrible ! Quant à moi, je m'embarque à l'instant et je vais au sénat raconter, le cœur accable, celle accablante aventure, (u. «mm.]
Il n'y a rien dans sou! n.'Ia qu'une Iiorreur physique. On n'est pus poète pour si peu: les boucliers feraient à ce pri\ 1rs plus ;;r;iudcs tragédies ilu monde.
Les pièces liisioriques du l'histoire d'Angleterre sont très-su périeures a Othello, selon moi.
Les pièces imaginaires ou de pure fantaisie sont des mélodrames tour ii tour amusanis ou terribles, qui donnent, du génie de l'écrivain populaire une idée transcendante : Mesure puiir mesiirr, les litres d'une uut'td'àli', ta Tempête sniUvjl. l'arc muons rapidement la Tempête, et voyons qnelli' ['''rondilé d'imagination!
Voici ce qu'en dit un des écrivains les plus sagaces et les plus réfléchis de l'Académie française, U. de ) 'on ger ville.
« l'rospcro, duc de Milan, préférant le savoir cabalistique à l'art de régner, se laisse détrôner par son frère Antonio. Banni, errant sur la mer avec son
enfant, la jeune Miranda, Prospéra aborde une île déserte, qui appartenait à une espèce de sauvage amphibie nommé Calikui, fils monstrueux d'un génie anéanti par les esprits des airs. Prospéra asservit en Calibau, qui devient son esclave. Dans l'île, nu ( sjiril n >"■ ; 1 l ■ - 1 1 i" 1 : ri î : friii'i'iné rknis l'écrira 1 d'un arbre; la science magique de Prospéra le délivre. Celui-ci se nomme Aricl, et se consacre par reconnaissance nu service de Prospéra. Caliban est le serv iteur grossier attache !i la terre ; Ariel, pure intelligence, exécute les volontés de son maître dans les airs. Ces deux personnages, par un admirable contraste, représentent l'abrutissement de l'ignorance et du vice et la légèreté vive et brillante de l'intelligence. Hiranda, dans son désert, eboyée par l'amour de son puissant père, devient à quinze ans une merveille de beauté, d'innocence et de grâces. AloilEO, parvenu nu trûne de Naples, son fils Ferdinand, Antonio, l'usurpateur de Milan, et Sébastien, frère du roi, traversent !a mer. Prospéra l'apprend par son art; il commande à son serviteur Aricl de soulever une tempête qui jettera dans l'île su famille coupable. L'ordre s'exécute ; les voyageurs, séparés par le naufrage, sont à leur insu portés sur la rive. Ferdinand devient le compagnon dVsr.l;ivar:<; f lallban ; il est soumis à de rudes travail v. Miranrla l'aperçoit; elle le plaint, le contemple et le protège. Inspiré par Prospero lui-même, un violent amour les embrase tous deux. Le roi de Naples, Sébastien, Antonio et
LA TEMPÊTE
leur suite errent dans une autre pallie de l'Ile, surveillés par des esprits invisibles. Le perfide Antonio conseille à Sebastien de tuer lu roi pendant son sommeil. Ariel, envoyé p;ir Prospero, éveille le roi; les traîtres remettent l'exécution de leur forfait à la nuit suivante. Les voyageurs, pressés par la faim, se placent à une table que plusieurs fantômes avaient coupie, leur reproche leurs forfaits, leur annonce que les dieu* vengent ici le crime qu'ils ont commis envers Prospero ; puis il disparaît au bruit du tonnerre. Rien de plus comique que la tentative des matelots ivrognes qui, aidés de Caliban, veulent se rendre niai'ii'- (lr l'ili 1 i't d i ; * i ( n i r i 1 1 : ■ mit: Si'oitidt: f'iïis l'rnspero qu'ils ne reconnaissent pas. Mais l'omniscience de l'ancien duc de Milan déjoue leur complot; il ordonne à Ariel de lui amener tous les autres voyageurs. Alors il se fait rei'on naître de ses ennemis, leur pardonne, unit Ferdinand à M irand a, retourne en Italie avec sa famille heureuse et repentante. Cette pièce est surtout remarquable par le personnage de la jeune Mir.mda : le; scène; cliarmantes entre celle-ci et Ferdinand, le; parole; solennelles de Prospero, les imprécations de Caliban, création si originale et'cependant si poétique, les citants ravissants d' Ariel, qui ont inspiré Trilby à M. Charles Nodier, offrent le tableau le plus varié et le plus animé.
« 11 existe entre les grands génies de tous les temps et de tous les lieux une certaine ressemblance
île famille qui se transmet à leurs productions. Ainsi, Miranda rappelle >aii-i , ;„i de ['Ddijfaèu, cette royale fille ijuî descend avec tant de noblesse et de grâce aux plus humbles soins domestiques, et qui, loin de fuir quand l'effroi disperse ses compagnes, attend l'approche île l'él ranger suppliant, parce qu'elle croit voir en lui un malheureux à secourir, et sert ainsi de guide -an héros d'Ithaque. La lille d'.Ucinons prouve qu'il est possible d'associer la grandeur nu devoir, et que la simple vertu, la louchante bonté, forment le plus précieux ornement de la femme et le plus digne cortège de la beauté. La Miranda de Shakspeare, aussi noble, aussi pure, aussi ravissante que la Kausicaa. d'Homère, n'a toutefois connu d'autre palais que la grotte paternelle, d'autre sceptre que la baguette de l'enchanteur à qui elle doit le bonheur et la vie; mais son cœur a devine tout ce qui est juste et louable; il est devenu le sanctuaire de tous les sentiments généreux. Avant d'avoir connu des infortunés, l'instinct de la vertu lui enseigne à les secourir. Nausicaa passe avec dignité des marches du trône aux plus pénibles devoirs de famille ; Miranda , de l'obscurité qui enveloppe sa naïve jeunesse, remonte aux grandeurs sans altérer sa candeur ravissante.
" Créée parle caprice d'une imagination sublime, Miranda n'est cependant point placée hors des limites de la nature humaine; bien qu'elle soit placée dans une sphère idéale, ses perleciinns appartiennent
Indéfinissable merveille .-ipparnit comme un de ces soudes ravissants qui, dans l'absence île nos. impressions habituelles, nous abreuvent de délices que les voluptés de la terre ne reproduisent pas. Les perles de la rusée suspendues au feuillage tremblant, la neige éblouissante nui voltige dans l'air, n'échappent pas plus à l'analyse de l'art, que 1k caractère de Hirnnda n'échappa à l'analyse de la pensée.
a Dans la sauvage solitude qui la sépare de l'univers, excepté 1rs regards de s'in père, elle n'eut pour témoins des jeux de sou enfance que les hôtes îles forets, les oiseau*., les zéphyrs mystérieux, l'esclave' aiii|)l]il>ie Miliju^ué par l'art paternel, elles Ilots du rivage, qui lanldr fuis olit caressé ses membres délicats.
ii Pure comme le frais bouton que nul souille n'a effleuré, aussi naïve que Galatée cessant d'être marbre et n'étant pas encore amante, Miranda ne connaît que son père; il est pour elle le monde entier; le reste de l'espèce humaine ne lui est révélé que par son propre cœur. Elle ne se doute pas que l'homme puisse cire méchant ; aussi, quand pour la
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Qeurne craint de s'épanouir, i|uc l'arbre n'hésite à
se couronner de fruits.
« Des trésore de bonté, de raison, de grâce, de noblesse, brillent dans cet être enchanteur; tout germe du mal en a été banni. Cependant, ce a' est pas un ange que le génie a voulu créer; ce n'est pas nue de ces fictions où la poésie associe des charmes fabuleux aux dons de la. nature : Miramlan'iM qu'une femme, et c'est précisément ce qui la rend si admirable, car l'idéal étonne et flatte l'esprit, le vrai seul touche et charme le cœur. ■
« Miranda, devant le premier homme qui lui apparaît, est une autre Kvc, pudique ;i force" d'iuuu- 'cence, imposante à force de candeur. Livrée à un doux étonnement, entraînée par un instinct curieux, elle interroge à la fois sa propre pensée et l'étranger qui lui-même la contemple. Est-ce un compagnon, un ami donné par le destin 1 Elle lu souhaite. C'est encore Eve, s'éveillaut à la vie, couchée parmi des Heurs, demandant à tout ce qui l'environne : (Jui suis-jeî où suis-jeï et cherchant l'appui, le guide que lui indique la nature. Miranda, pure comme ii\e, éprouve un sentiment ennobli par la bienfaisance; elle se plait à édiangi-r des regards de sympathie avec son hoie mystérieux ; mais, surtout, elle veut écarter les périls et les maux dont il est menace. Elle n'a aucune idée de la beauté, et pourtant elle le trouve beau: est-ce un esprit descendu des cicux, un être insaisissable? Son cu'ur lui fait espérer da-
vantage. Gnmiiie l'aveugle, f ju e l'ail rem! smuliiio elairvoyant, sent que l.i lumière lui est désormais indispensable, .Miranda ne croit pas qu'il lui soit possible maintenant tïis vivre sans celui qui la charme; elle remit une nouvelle existence, ou plutôt elle acquiert à la fois la vie et l'amour. Docile à ce dieu qu'elle ignore, comme Eve ignorait le divin artisan, elle se soumettra h son empire. La mère des hommes, la main dans la main de son ami, le suivit au berceau nuptial sans autre voile que le nuage embaumé eshale de l'haleine des fleurs ; et Miranda eut prête a confier sa pudeur à l'hymen, à prendre pour témoins de cet aLi^u^ii; mw^re If silence du désert, la pompe désastre-, l'Oerai), le.- esprits, licites légers des airs, et l'oiseau solennel, diantre tio la nuit.
■I Le guide tuldaire dont le magique pouvoir veille sur Miranda, du fond de sa ténébreuse solitude, la transporte sur le trône où l'accompagnent h vertu, le bonheur et l' amour. »
seine s'ouvre sur un vaisseau ballotté par la