LE CARDINAL
Mcttez-moi en jugement quand vous voudrez. N’est-il pas mort dans son lit? (Il pense au duc de Gloster qu’il a fait assassiner.) Où donc devait-.il mourir? Puis-je faire vivre les gens, qu’ils le veuillent ou non? — Oh! ne me torturez pas davantage! Je confesserai... 11 revit, dites-vous. Alors montrez-moi où il est. Je donnerais mille livres pour le voir... Il n’a plus d’yeux ; la poussière l’a aveuglé... Kabattez ses cheveux ! Voyez ! voyez ! Ils se dressent, comme des lacs tendus, pour prendre mon âme au vol. Donnez-moi à boire et priez l’apothicaire de m’apporter le poison violent que je lui ai acheté ’.
Viennent ensuite les rudes soldats qui représentent les deux partis dans la guerre des deux Roses, le comte de Warwick, qu’on appelait le faiseur de rois, qui, après avoir fait couronner Édouard d’York, veut, pour se venger d’un affront personnel, lui arracher la couronne et meurt dans cette entreprise; Clifford, assassin du jeune Rutland, puis les membres de la famille d’York, tous célèbres, tous dignes d’intéresser l’historien par l’importance de leur rôle et le poète par leur caractère. Richard, le chef de sa maison, héritier légitime de Richard II, assassiné par les Lancastres, possède les qualités d’un roi, le courage personnel, la prudence et