Kintj John, act. iv se
c’est le peuple qu’on a quelquefois regretté de ne pas trouver dans nos tragédies françaises, mais qui ne pouvait certainement pas y figurer, puisque notre histoire même ne nous en parlait pas avant le dix- neuvième siècle. Comment un poète tragique lui eût-il donné une place sur le théâtre, quand nos chroniqueurs ne lui en accordaient aucune dans leurs récits? En Angleterre, l’esprit de l’histoire était tout différent et le poète n'avait souvent, pour recomposer la physionomie populaire, qu’à transcrire des passages de Hall et de Holinshed qui, malgré leur sécheresse, n’oubliaient pas d’exprimer les sentiments de la multitude.
Pour que le portrait du peuple soit vivant, il ne faut pas le présenter en bloc, comme un seul homme, ainsi que l’a essayé Voltaire. Car il perd alors tout caractère distinctif et il devient un être abstrait dont la figure reste voilée de nuages. Rien n’est plus faux ni plus ridicule que de représenter une foule de personnes qui font toutes en même temps la même phrase. Ce n’est plus une foule, puisqu’elle n’a pas de variété, et ce n’est pas non plus un personnage, puisqu’il n’a pas de caractère. Le vrai peuple ne parle ni n’agit avec unanimité. Les hommes qui le composent suivent chacun la pente de leur esprit et s’abandonnent à des inspirations aussi diverses que le sont leurs natures.
Shakspeare observe à merveille cette loi de la diversité, quand il fait intervenir le peuple dans ses drames. Il le peint au naturel, avec sa libre allure, avec ses émotions souvent grossières, avec ses caprices et ses emportements et surtout avec la variété d’opinions qui forme ce qu’on appelle le jugement populaire. Ce n’est point un portrait idéal qu’il trace et la noblesse y manque souvent. Mais il
tient plus à être ressemblant qu’à être noble, au rebours de nos grands tragiques, et pour atteindre la vérité dans ses peintures, il ne recule ni devant la vulgarité ni devant la grossièreté des détails. J’imagine que les motifs qui ont empêché Corneille et Racine de mettre le peuple en scène, sont d’abord la prédominance exclusive de l’aristocratie dans la société française au moment où ils écrivaient, et plus encore la loi de la tragédie qui, suivant l’opinion générale, ne comportait que des sentiments et des termes nobles, et la difficulté de ne point s’écarter du style élevé, en étudiant les mœurs des classes inférieures.
Une poétique dont le principe essentiel est de ne pas présenter la nature humaine sous toutes ses faces , mais de chercher, parmi les mille nuances qui la composent, les plus délicates et les plus belles, exclut toute peinture populaire. Il faut oser tout dire et tenir davantage à la vérité qu’à la beauté, pour descendre dans les familiârités de la vie du peuple. C’est là précisément le point de vue de Shakspeare. 11 ne s’interdit aucune imitation de la nature, il embrasse celle-ci dans son ensemble, et s’il est souvent avec elle généreux, touchant et même sublime, il s’abaisse aussi, comme elle, et il tombe, en la suivant de près, dans toutes les trivialités et toutes les petitesses auxquelles elle s’abandonne. Aussi n’emploie-t-il aucun artifice pour déguiser le langage des acteurs populaires qu’il nous montre. On dirait qu’il vient de les entendre et qu’il n’est que le rapporteur de leurs propres paroles.
Ce qui nous intéresse, dans de telles conceptions, c’est la conformité exacte de l’imitation avec la réalité ; c’est aussi, il faut le dire, l’instruction que nous en tirons et
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la lumière qu’elles jettent sur les faits historiques. Tandis que nous cherchons, dans les dialogues des principaux personnages, les causes des événements, nous en voyons les effets dans les entretiens des bourgeois, des artisans sur la place publique, des soldats sous la tente ou dans les mouvements tumultueux de la foule soulevée. Nous suivons ainsi le double courant de l’histoire, celui qui entraîne en haut les classes élevées et celui qui emporte à leur suite, qu’elles le veuillent ou non, les masses populaires. Il n’y a pas, dans les drames historiques de Shakspeare, une seule action des rois, des princes ou des ministres, dont le contre-coup ne se fasse sentir jusqu’aux derniers rangs de la société.
Richard II a-tril consumé en plaisirs frivoles le temps qu’il devait donner aux affaires de l’État et abandonné le gouvernement à d’indignes favoris qui ont pillé les provinces, aussitôt le bon sens populaire le juge et prévoit les malheurs qui résulteront de sa conduite. C’est un jardinier qui , en sarclant la terre, tire de l’histoire du roi une leçon morale et apprend à son ouvrier à ne pas faire comme le prince. Richard II a laissé pousser autour de lui les mauvaises herbes et celles-ci ont bientôt étouffé les bonnes. Le bon cultivateur s’y prend autrement: il arrache toutes les plantes nuisibles et il donne ainsi l’air et la vie à celles qui servent à la nourriture de l’homme.
Quand Édouard IV meurt, les bourgeois de Londres appréhendent les plus grands malheurs, ils sentent peser sur eux la lourde main du duc de Glocester, qui sera Richard III , et ils se communiquent leurs inquiétudes tout bas quand ils se rencontrent au coin des rues ou sur le pas de leurs boutiques. « Malheur au pays qu’un
enfant gouverne ! » s’écrie l’un d’eux. C’est là un mot profond qui résume la situation.
Dans Henri VIH, nous assistons à toutes les fluctuations de l’opinion populaire et nous voyons comment la foule passe, avec une extrême mobilité, de l’abattement à la joie. Lorsque Buckingham est condamné, chacun le plaint et se voile la figure, en annonçant de mauvais jours ; on accueille aussi , avec tristesse, la nouvelle du divorce de la reine Catherine. Mais ces impressions sont fugitives. La pompe du couronnement de la nouvelle reine, Anne de Boleyn, suffit pour distraire les esprits et les faire passer de l’inquiétude à la joie. Les bourgeois oublient toutes leurs appréhensions pour jouir de la beauté du spectacle ; ils attendent, bouche béante, le passage du cortège royal , ils font entendre , par intervalles, des acclamations bruyantes et ils ne savent ce qu’ils doivent admirer le plus de la magnificence du roi ou de la grâce de sa compagne.
Shakspeare connaît cet être mobile et capricieux qu’on appelle le peuple , et il le peint tel qu’il l’a vu. Mais les impressions populaires ne sont chez lui que le fond du tableau ; il les garde pour le lointain et il ne met sur le devant de la scène, en pleine lumière, que les grands personnages qui ont un nom et qui ont joué un rôle historique.
Ceux-ci appartiennent à l’aristocratie ; ils représentent cette noblesse indisciplinée, mais énergique, qui a fondé les institutions de l’Angleterre et qui les conserve. Il y a
parmi eux des grands seigneurs, des prélats et des princes du sang. Leur trait commun , c’est la fierté de la race et l’indépendance du caractère. Ils ne se ressemblent pas néanmoins ; quoique vivant dans le môme temps et dans les mêmes conditions sociales, ils pensent et ils agissent en hommes qui tirent de leur propre fonds les motifs de leur conduite. Chacun d’eux fait ce que lui inspirent ses sentiments, ses passions ou son devoir, sans imiter ses voisins et sans se soucier de l’opinion. Ils mettent déjà en pratique le self govemment qui distingue les Anglais des autres peuples de l’Europe. Il n’y a chez eux ni esprit de classe, ni convention qui aient assez de puissance pour enchaîner la liberté individuelle. L’individu est plus important que la caste. On le voit assez par l’histoire. Les longues guerres civiles de l’Angleterre ne sont pas des luttes de principes ou de classes, mais le résultat de l’antagonisme des hommes. Les adversaires y combattent, non pour faire prévaloir des idées, mais pour l’emporter les uns sur les autres et pour gouverner chacun à leur tour. C’est une arène où se déploie la force individuelle et où le prix appartient au plus habile, au plus entreprenant, et au plus résolu.
S’il n’y a pas là matière à ces considérations générales par lesquelles la philosophie de l’histoire groupe les faits et éclaire la destinée des peuples, la tragédie du moins y trouve un aliment que ne lui offriraient pas des scènes plus importantes aux yeux du philosophe. Elle y rencontre de grands caractères , et comme c’est surtout la nature humaine qu’elle étudie, elle peut choisir, parmi les personnages qui ont joué un rôle important, les physionomies les plus originales ou les plus tragiques. Shakspeare a ainsi dégagé sans peine de la masse
confuse des événements quelques types de grands seigneurs dont il a fait des acteurs importants de ses drames. 11 serait peu intéressant de les citer tous. Il suffit d’en connaître quelques-uns pour admirer la variété des portraits que trace le poète. A chacun il attribue des qualités différentes, sans s’écarter ni de la vérité historique, là où elle est certaine, ni de la vraisemblance, là où elle manque.
Il représente, dans Richard II, le chevalier sans peur et sans reproche du moyen âge, l’homme de guerre pour qui l'honneur est tout et dont le mâle langage ne respire que des sentiments héroïques. C’est Thomas Mowbray, duc de Norfolk.
Accusé injustement de haute trahison par Bolingbroke, ce fier gentilhomme en appelle au jugement de Dieu, suivant l’usage du temps, et défend son innocence les armes à la main. Les instances du roi qui craint de voir couler un noble sang ne peuvent le détourner de combattre, il refuse de tendre la main à son accusateur et il ne peut consentir à une réconciliation , tant que son injure n’est pas lavée. Au moment d’entrer en lice, il n'éprouve qu’une allégresse intrépide et il s’agenouille avec calme devant son souverain , en disant : « Aujourd’hui va vivre ou mourir, fidèle au trône de Richard , un loyal gentilhomme. Je vais au combat aussi content que si j’allais à une fête. » C’est là un caractère simple, sans nuances et qui n’a que des qualités chevaleresques.
Sliakspeare en a conçu de plus complexes et de plus dramatiques. Il met en scène, par exemple, deux ducs de Buckingham , tous deux vivant à des époques différentes, et, quoique fort dissemblables, dignes d’un égal intérêt.
SlIAKSPF.AliK.
Le premier est le complice de Richard III ; il aide ce rusé politique à s’emparer du trône, et il professe, comme lui, la maxime de l’indifférence des moyens. Dépourvu de tout préjugé, même de tout scrupule, il ne partage aucune des superstitions de son temps, il méprise la malédiction qui fait trembler ses amis, il ne croit à aucune intervention surnaturelle dans les affaires de ce monde et il n’a confiance qu’en lui-même , en son énergie et surtout en son habileté. C’est le type du courtisan adroit qui veut faire sa fortune, à travers tous les obstacles, et qui, poursuivant son but avec persévérance, ne s’inquiète pas du mal qu’il commet en chemin. Il est partisan déclaré du succès et toujours disposé à épouser la cause de celui dont il espère une récompense. Du vivant d’Édouard IV, il lui a promis fidélité, ainsi qu’à ses enfants ; mais, après la mort du roi, il se tourne vers le soleil levant et il devient le séide de Gloster dont il prévoit la future grandeur. Il serties projets de l’usurpateur avec un zèle intéressé et avec l’arrière-pensée de travailler pour son propre compte. Perfidie et violence , il met tout au service du nouveau maître qu’il s’est donné. Il se charge d’entraîner les enfants d’Édouard à la Tour où ils seront enfermés. C’est lui qui harangue le peuple de Londres, pour obtenir des voix en faveur de Gloster, qui fait crier dans les rues : Vive le roi Richard IIJ! par des partisans affidés, qui trompe le lord-maire et qui joue, avec le régent, la comédie hypocrite dans laquelle celui-ci refuse la couronne qu’on lui offre, pour des motifs de piété. Il fait semblant de croire à la dévotion et aux scrupules de Richard, il le supplie, au nom du peuple, d’accepter le pouvoir, il presse les magistrats municipaux d’insister, et, quand il a réussi à le décider,
il feint d’avoir remporté une victoire difficile qui doit combler de joie la nation.
Mais la destinée môme de Buckingham est un exemple de la vanité de l’ambition et du peu de fond qu’il faut faire sur l’habileté humaine. Ce comédien consommé, qui sait au besoin affecter la gaieté ou la tristesse, qui a, quand il le veut et quelles que soient ses secrètes préoccupations , le sourire sur les lèvres ou des larmes dans les yeux, qui trompe tout le monde et qui espère élever sa fortune sur la ruine de celle des autres, trouve néanmoins son maître en politique et se laisse tromper à son tour par un plus habile que lui. En s’associant à un scélérat, il s’est engagé tristement à le suivre jusqu’au bout, et le jour où il recule, il est sacrifié. Il n’a plus le droit d’avoir ni hésitation, ni scrupule, ni sentiments personnels. Gloster, qui s’est servi de lui, comme d’un instrument docile, ne lui conserve sa faveur qu’à condition de le trouver toujours prêt à tout entreprendre pour son service. Après lui avoir demandé la couronne des enfants d’Edouard , il lui demande leur vie , comme la conséquence du pacte secret qui a été conclu entre eux. Buckingham, moins endurci que son complice, hésite à * répondre , et cette incertitude est son arrêt de mort. Il est pris, condamné à mort et livré au bourreau, sans que le tyran qu’il a fait monter sur le trône daigne le voir et l’entendre. Il se repent alors et il comprend de quelles chimères il s’est nourri, à quels vains projets il a consacré une vie qui aurait pu être noblement employée et utile à son pays. Il avoue en même temps qu’il est coupable, puisqu’il s’est parjuré, et qu’il a mérité son sort. « Le crime, dit-il, est puni par le crime et l’injustice par l’injustice. »
SHAKSI’EAIIE.
C’est ainsi que le poète, fidèle à l’esprit des Moralités d’où le théâtre anglais est sorti, tire en général une leçon morale des événements et de la conduite de ses principaux personnages.
Il a mis en scène, dans Henri VIII, un autre Buckingham , non moins malheureux que le premier , quoique vertueux. Celui-ci est un exemple de ce que peut souffrir l’innocence persécutée. Son seul crime est de conserver la dignité de son nom et de sa race, de ne pas vouloir s’humilier devant le cardinal Wolsey, favori du roi, et de juger les actions du ministre avec la liberté d’un honnête homme , tandis que tous les courtisans les admirent avec servilité. Il compte sur son rang, sur ses services et sur son dévouement à la royauté, pour être à l’abri de toute violence. Mais son ennemi est plus fort que lui. On l’accuse d’avoir comploté la mort du souverain, on invoque contre lui le témoignage de son intendant qui a été gagné, on ne lui permet pas de se défendre, il est arrêté, conduit à la Tour, avant d’avoir été entendu, et cette accusation banale, mais qui réussit presque toujours sous le règne des princes absolus , parce qu’ils ne pardonnent pas à ceux qui ont une fois menacé leur vie ou leur pouvoir, le fait condamner à mort. Il n’a point à se repentir, comme le complice de Richard III, et le poète nous donne, par sa bouche, une leçon différente. Il nous apprend comment un homme de bien, injustement frappé, doit mourir, quelle dignité il peut encore porter sur l’échafaud, et quels sentiments conviennent à une âme chrétienne, dans cette suprême épreuve. Il faut citer le discours que Buckingham adresse au peuple, avant de mourir, comme un modèle de résignation courageuse et de piété véritable.
« Vous tous, bonnes gens, qui êtes venus si loin pour vous apitoyer sur moi, écoutez ce que j’ai à vous dire; après quoi, rentrez chez vous et oubliez-moi. J’ai été aujourd’hui condamné comme traître , et c’est à ce titre que je dois mourir. Cependant j’en prends le ciel à témoin, que ma conscience me tue en même temps que la hache me frappera, si je ne suis pas un sujet fidèle! Je n’en veux nullement à mes juges de ma mort ; en l’état de la cause, ils ont bien jugé. Mais quant à ceux qui ont voulu me faire mourir, je pourrais leur souhaiter d’être plus chrétiens ; qu’ils soient ce qu’ils voudront, je leur pardonne de tout mon cœur. Cependant qu’ils ne se glorifient pas dans le mal et qu’ils n’élèvent pas l’édifice de leur méchanceté sur la tombe des grands ! car alors mon sang innocent crierait contre eux. Je n’ai jamais espéré que ma vie serait prolongée en ce monde et je ne veux pas le demander, quoique le roi ait plus de miséricorde que je n’ai pu commettre de fautes. O vous, en petit nombre, qui m’aimez et qui osez pleurer Buckingham, vous ses nobles amis et ses compagnons, pour qui seuls il lui est amer de mourir, parce qu’il se sépare de vous, venez avec moi , comme mes bons anges jusqu’à ma mort ; et, quand la hache, qui doit faire entre nous un long divorce , tombera sur moi , que vos prières composent toutes ensemble une douce offrande et portent mon âme vers le ciel ' ! »
Shakspeare aime les sages, mais il aime encore mieux les héros. Aussi le portrait le plus brillant qu’il ait tracé dans sa longue galerie de grands seigneurs est-il celui du vaillant Holspur, fils du comte de Northumberland,
i. Kimj Henry VIII, act. U, sc. 1.
SHAKSPEAHK.
Chez ce jeune gentilhomme se retrouvent toutes les qualités des races du Nord, la fierté native, les instincts belliqueux , l’amour de la gloire et du danger poussé jusqu’à la témérité, l'impétuosité des sentiments et la violence des passions qu’aucune digue ne peut arrêter, une fois quelles sont déchaînées. Il a contribué, ainsi que toute sa famille, à faire de Bolingbroke un roi d'Angleterre, et il sert fidèlement le monarque qu’il s’est donné, jusqu’au jour où celui-ci offense son orgueil. Mais, de même qu’il n’a pas fait grâce aux ennemis de Henri IV sur le champ de bataille, il ne pardonne pas une injure, quel que soit le rang de celui dont il la reçoit. On lui conteste le droit de garder les prisonniers qu’il a faits en combattant les Écossais , et l’on refuse de racheter son beau-frère, Mortimer, qui est tombé entre les mains des Gallois. Le roi lui-même appelle Mortimer un rebelle, défend que son nom soit prononcé et quitte Percy, en lui disant : « Envoie-moi tes prisonniers ou tu entendras parler de moi. » Par ce langage impérieux, Bolingbroke s’est fait un ennemi mortel. Le bouillant Hotspur s’abandonne à toute sa colère, quand le prince est parti. « Mes prisonniers, s’écrie-t-il, quand le diable viendrait me les demander en rugissant, je ne les enverrais pas. Je vais courir après lui et le lui dire à l’instant. — Ne plus parler de Mortimer ! Parbleu, je parlerai de lui ! et que le ciel refuse tout pardon à mon âme, si je ne me joins pas à lui' ! » Son irritation, corhme celle d’Achille dans l’Iliade, va jusqu’à la fureur. Habitué à briser toutes les résistances et incapable de se modérer , il s’enivre de ses propres paroles, il s'échauffe à mesure qu’il exprime ses griefs