‹ Shakspeare, ses œuvres et ses critiquesChapitre 63 sur 139 · Kiug Richard the second, aol. v, se · texte numérisé non relu

Kiug Richard the second, aol. v, se

plus pauvres sujets dorment en ce moment! O sommeil, aimable sommeil, doux soutien de la nature, comment t’ai-je assez effrayé pour que tu ne veuilles plus fermer mes paupières et plonger mes sens dans l’oubli? Pourquoi, sommeil, aimes-tu mieux dormir dans des huttes enfumées, t’étendre sur des grabats incommodes et trouver le calme au milieu du bourdonnement des.insectes nocturnes, plutôt que dans les chambres parfumées des grands , sous des dais magnifiques et bercé par les sons de la plus douce mélodie? Dieu stupide, pourquoi te caches-tu avec les misérables dans des lits nauséabonds, et abandonnes-tu la couche royale, comme si c’était la botte d’unehorloge ou la cloche d’un beffroi?... Peux-tu, ô sommeil partial ! accorder ton repos au mousse suspendu pendant la tempête au haut du mât, et le refuser au roi pendant la nuit la plus calme et la plus silencieuse, malgré tous les moyens et toutes les ressources dont il dispose? Eh bien ! heureux celui qui se couche sur la dure ! Plus de repos pour la tête qui porte unecouronne!... ' » Ce n’est pas là simplement, comme on pourrait le croire au premier abord, une déclamation sur le sommeil. Lorsque Shakspeare développe une idée philosophique, même commune, on sent qu’elle lui est venue de la force de sa réflexion, et que, si elle a été exprimée par d’autres déjà, il l’a néanmoins trouvée seul et rendue avec une sincérité d’émotion qui nous la fait paraître nouvelle.

Bolingbroke n’est pas heureux, quoiqu’il ait atteint le but de son ambition. La possession du trône l’expose à de nombreuses souffrances. Les unes lui viennent des

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