‹ Shelley, sa vie & ses œuvresChapitre 110 sur 110 · PERSONNAGES · texte numérisé non relu

PERSONNAGES

AMON, TAMAR, ET MUSICIENS, chantant dans la coulisse.

TAMAR. — Toi, mange pendant qu'on chante.

AMON. — J'aime mieux écouter.

AMON ET LES MUSICIENS. — Il n'a pas d'amour, celui qui se tait.

AMON. — Ainsi, divine Tamar, ne sois pas surprise de mon audace, si tu me vois aujourd'hui violer les lois de la pudeur et du respect. Cette main blanche, permets que, sans changer les lis en aspics, elle serve d'antidote à mon poison.

TAMAR. — Lâche ma main, Amon ; c'en est trop maintenant de te plaindre d'une erreur '.

1. Allusion à une scène précédente, où Tamar s'était prêtée à jouer auprès de son frère le rôle d'une amante imaginaire, pour tromper son chagrin.

AMON. — Si c'en était une, tu aurais raison ; mais il est temps que la passion rompe enfin la chaîne de mon affliction.

AMON ET LES MUSICIENS. — Car il n'a pas d'amour, celui qui se tait.

AMON. — Je meurs pour toi, Tamar. Ma confiance m'a tué.

TAMAR [à part.) — Qui eût pu le prévoir? {Haut.) Vois, Amon...

AMON. — Je ne regarde plus rien.

TAMAR. — Je suis ta sœur.

AMON. — C'est vrai. Mais si un proverbe dit : « le sang bout sans feu », que fera le sang avec du feu ?

TAMAR. — Notre loi permet de marier parents avec parents. Demande-moi à mon père.

AMON. — Il est tard pour employer la prière.

TAMAR [appelant). — Holà!

{Un musicien entre.)

AMON. — Tamar demande que vous chantiez.

TAMAR. — Moi ?

LE MUSICIEN. — Nous obéissons. {Il sort.)

(On chante dans la coulisse).

AMON. — Je ne puis pas ne pas te posséder. Jonadab, ermesur l'heure.

JONADAB {du dehors) — La porte est fermée.

TAMAR. — Songe au péril.

AMON. — Je ne le crains pas.

TAMAR. — Père ! Seigneur! Absalon !

AMON. — Ta voix ne peut plus rien avec sa douce harmonie.

TAMAR. — Eh bien, je crierai vers le ciel.

AMON. — Le ciel répond tard.

TAMAR. — Alors ce fer te tuera. {Elle lui prend son épée et fuit.) Si tu me suis, j'ai beaucoup de force et de courage.

AMON. —Tu m'as blessé en la tirant, et quoique ce puisse être un augure, je ne crains rien. Une fois déclaré, je dois poursuivre ; car c'est certain....

ÀMON ET LES MUSICIENS. — Il n'a pas d'amour, celui qui se tait.

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