Scythrop est le héros du roman de Peacock, Nigthmare
OÙ je commence à recouvrer mes facultés de lecture et de CDmposition. Ma santé, dès qu'aucun Libecchio ne souffle, s'améliore. De ma tour je vois la mer avec ses îles, Gorgona, Capraia, Elba et Corsica, d'un côté, et les Apennins de l'autre.
C'est dans cette tour que fut écrite en trois mois la tragédie des Cenci.
Shelley, écrit Mary, m'exhortait souvent à écrire une tragédie; il pensait que je possédais quelque talent dramatique, et se croyait fort à tort dénué lui-même de ce talent. Il s'imaginait que la première condition de ce genre était la capacité d'inventer et de suivre une histoire ou un plan, et qu'il manquait de cette partie de l'imagination, qui lui donnait cependant le plus grand plaisir dans les écrits des autres. Il prétendait qu'il était trop métaphysicien et trop abstrait, trop amoureux de la spéculation et de l'idéal, pour réussir comme écrivain dramatique.
Le sujet de tragédie qu'il m'avait suggéré était Charles I, et il m'écrivait : « n'oubliez pas Charles I; j'ai déjà songé à quelques scènes et à la manière de les conduire. Le second volume de Saint Léon * commence par cette pensée si fière et si vraie : il n'y a rien de ce que l'esprit humain peut concevoir, qu'il ne puisse exécuter. Shakespeare n'était qu'un être humain. » Il m'écrivait ces mots en 1818, et ne songeait pas alors combien il était près de produire un ouvrage qui serait le meilleur commentaire du passage qu'il me citait. Nous étions à Rome, en 1810, quand un de nos amis nous mit dans les mains le manuscrit de l'histoire des Cenci. Mous visitâmes les palais Colonna et Doria, où se trouvaient les portraits de Béatrice, et sa beauté Jeta le reflet de sa grâce sur sa terri-
Abbei/, que Shelley venait de recevoir, et qu'il lisait, comme palliatif à sa mélancolie.