ACTE IL
LE ROI
Daos certaiae& 'heures d’égarement Votre Majesté e'imagina'i être un pauvre pécheur du nom de Zéphoris. *
ZÉPIIORIS.
Oui, certes, je suis Zéphoris, c’est moi !
, LE ROI
Hélas I voilà que le roi retombe dans un de ses acc^'de fièvre. Le médecin du roi I
Un médecin ! Non, non, c’est inutile... ça va bien l’ça va trèsbien I... J’ai horreur des médecins.
LE ROI
Alors Votre Majesté va prendre son repas du matin.
ZÉPHORIS.
Un repas I (a part.) Oh! quelle idée! (Saut.) Oui, je veux déjeuner... je veux déjeuner.
LE ROI
Le déjeuner du roi ! (Des esclaves apportent à Zëphoris des plateaux chargé de fruits et de flacons.)
' DUO
ZÉPHORIS.
On ne peut pas manger et rêver à la fois ;
Voyons donc si je rêve.
(71 prend un fruit et le porte à sa bouche.)
Ebl mais... eh! mais... je mange.
{Après avoir tendu sa coupe à un esclave.)
£b I mais... eh I mais je bois.
Oui, je bois... et je mange {
LE ROI
Versez, versez encor
De ce vin couleur d’or. (71 boit.)
ZÉPHORIS.
' Songe heureux ! rêve étrange,
^ Est-ce à toi que je dois Le bon vin que^je bois?
Ils disent vrai, peut-être ;
C’est moi qui suis le roi. , .
LEROI
^ Oui, vous ôtes le roi.
^ LE CHOEUR. . '
Notre roi! notre roi! " .
ZÉPHORIS.
Non I non ! cela ne peut pas être.
Que l’on jette par la fenêtre
SI J’ÉTAIS ROI
Celui qui le premier m’appellera le roi. {Silence.)
Les voilà qui soudain restent muets d’effroi.
ENSEMBLE
i ZéPHORlS.
Oh I la surprenante aventure i Je suis pécheur, tout me l’assure,
Cependant l’on me traite en roi, , . ■
Et chacun tremble devant moi.
LE noi.
Pour lui l’étonnante aventure !
Il ne sait déjà plus, je le jure.
S’il est pécheur ou s’il est roi.
Allons, tout ira bien, je croi.
z^raoais, au Roi.
Vous n’osez plus rien dire maintenant.
LE ROI
J’ai peur pour mes jours.
ZÉPHORIS.
Vous? comment?
^LE ROI
Après l’ordre donné, je craindrais, é mon maître»
Qu’on me jetât par la fenêtre.
ZÉPHORIS.
Le feraient-ils?
LE ROI
Je le crois bien.
ZÉPBORIS.
Pour moi, je n’en crois rien.
LE ROI
Tentez l’épreuve à l’instant même Sur cet esclave que voilà.
Oui, vous avez raison, je verrai bien par là Si j’ai la puissance suprême.
Approche, l’esclave, et dis-moi Qui je suis.
l’esclave, tremblant.
' Vous êtes le roi.
(A Vinstant même, les autres eeclaves s’ emparent. de. leur camarade; ils rélèvent au-dessus de leurs têtes et vont le jeter par la fenêtre.)
ZÉPHORIS.
Arrêtez, je vous croi, je vous croi, je vous croi !
{les esclaves s’arrêtent.)