SCÈNE VIII
ZÉPHORIS, NÉMEA.
ZÉPBOKIS.
Nous voilà seuls, euflu !
NÉMEA.
Votre Majesté m’a demandé un entretien... et je me rends à ses ordres.
ZÉPHORIS.
Mes ordres!... ordonner? moi qui vous aurais sacrifié ma vie sur un mot, sur un signé, et qui le ferais encore? moi, qui vous aime?
NÉMEA, riant.
Vous m’aimez?
DUO
NÉMEA.
V’ous m’aimez, dites-vous î Ah ! Votre Majesté Veut se jouer ici de ma crédulité,
ZÉPHORIS.
Non, aussi vrai que je respire ,
D’amour mon cœur est éperdu.
, - . . NÉMEA. • .' ‘
Facilement ce cœur soupire , \
Car cet amour ne m’est pas dû. ,
ZÉPHORIS.
' Et qui donc plus que vous mérite D’étre aimée'à l’égal de Dieu?
NÉMEA.
L’amour ne vient pas aussi vite.
O roi ! vous vous faites un jeu.
ZÉPHORIS.
Que dites-vous , hélas 1 un jeu î
Non, non; depuis des jours sans nombre Je vous adore et sans èspoir ;
Comme l’étoile du ciel sombre Qu’on voit, mais qui ne peut nous voir.
SI J’ÉTAIS ROI
NéMEA.
Eh quoi I depuis des jours sans nombre Sur lui j’exerce un doux pouvoir?
Hélas I j’ai fait de loin, dans l’ombre,
Un malheureux sans le savoir.
ENSEMBLE
ZÉPHOBIS.
Cet amour ne vient pas de naître, Croyez-en l’aveu de mon rœur ;
A vous ma vie, à vous mon être ;
A moi la joie et le bonheur.
N^llEÀ.
Malgré moi sa voix me pénètre ;
Je voudrais sourire et j’aî peur.
Hélas 1 il me dit vrai , peut-être ;
Quel trouble s’élève en mon cœur I NÉHEA.
Et depuis quand donc. Majesté ,
Cet amour est-il de ce monde ?
zéPHORIS.
Depuis que par un soir d’été ,
Un pêcheur vous sauva de l’onde.
NÉHEA.
Un pêcheur! ah! que dites-vous?
zêPBOKIS.
Et ce pêcheur est devant vous.
NÉHEA. ^
Qu’osez-vous dire?... y pensez-vousî
ZÉPUORIS. ,
Contre moi soyez sans courroux;
Si j’avais promis le silence,
Je puis le rompre maintenant,
Car le prince, en votre présence,
M’a relevé de mon serment.
NÉMEA.
Et quel serment?
zÉpnoRis.
\ Le serment 'de me taire.
Qu’hier le prince exigea du pêcheur.
Et dont aujourd’hi le sèigneur > Dégage son roi.
NÉMEA, à part.
Quel niystère !
Je tremble de l’approndir.
Le prince aurait pu s’avilir Jusqu’à mentir.