Si-ling
Les empereurs maiidelious de la dynastie des Ts’ing ont, suivant un antique usage chinois, choisi remplacement de leurs sépultures dans des lieux éloignés de celles des tamilles impériales qui les ont précédés.
Agités, semblerail-il, par la prescience d'un retour inévitable du peuple chinois vers ses dynasties nationales, ils ont établi leurs champs de repos près de la Grande-Muraille, comme prêts à repasser la frontière le jour où les descendants des Ming (il en existe encore de plus on moins authentiques) remonteront sur le trône usurpé par les Tnrlares.
Leurs tombeaux sont groupés en deux points symétriques
ANN. G
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
par rapport à Pcking, d’où le nom des deux immenses nécropoles Tong-ling, ^ • « cimetière de l’Est »,
Si-ling, , (( cimetière de l’Ouest ».
Bonzerie sur le chemin de Si-ling.
A Tong-ling reposent, avec leur famille, les empereurs : Chouen-tche, Jl|| (1643-1661),
K’ang-hi, M (1661-1722),
K’ien-long, 1^^ (1735-1796),
Hien-fong, S (1850-1861),
T’ong-tche, Ip* (1861-1875).
Si-ling contient les sépultures de :
Yong-tcheng, ^ JE (1722-1735),
Kia-k’ing, M (1796-1820),
Tao-kouang, 5® (1820-1850),
et remplacement du tombeau de l’empereur actuel, Kouang-siu ^ If (1875-19..).
Je ne m’occuperai, dans cette étude, que du cimetière des Si-ling, le seul, d’ailleurs, que j’aie visité et dans lequel j’ai habité du 29 octobre 1900 au 15 avril 1901.
Vue (l’ensemble de la Vallée de Mou-ling.
La route la plus commode pour se rendre de Péking aux Siling sort de la capitale par la porte de l’Ouest, ou P’ing-tso-men, ¥ J] n , se dirige vers le sud-ouest, et passe le fleuve Houen-lio, îÿ , au Lou-keou-k’iao , È. ïi , immense pont en marbre construit sur l’emplacement de celui ([ue traversa et décrivit Marco Polo en 1298; elle passe ensuite au pied de la remarquable tour et des murailles de Leang-liianghien, ^ ||, ruinée par les Allemands le 12 septembre
1900;, puis à Lieou-li-ho, où se trouve un embran-
chement vers les mines de charbon de Tchcou-k’eou-tien, jsi P de la ligne franco-belge de Péking à Ilan-k’eou.
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Elle arrive enfin k Tchouo-tcheou, où elle abandonne
la voie ferrée vers Pao-ting-fou et la direction nord-est-sud-
Pont de Lou-keou-k'iao.
ouest, pour se diriger k l'ouest, en passant par Lai-cliouei-hien,
''Jv El, Yi-tcheou, ^ j)t|, et Leang- kotchouang,^ ^
Cette route est praticable aux charrettes chinoises sur toute son étendue.
Un autre chemin, moins carrossable, part de Tch’ang-sin-tien et vient rejoindre la première route k Eul-che-lip’ou, m + M entre Lai-chouei-hien et
Tour de Leang-hiang-hicn. Yi-tclieOU *, CettC VOie est
Tom Leaux. Jei KIN
Sr-LIXG
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jalonnée de trenle en trente kilomètres par des Hing-kong, ff s, sorte d’hôtelleries
impériales on la Cour pouvait se reposer et faire étape
lorsqu’elle se déplaçait pour les sacrifices funéraires.
Le cimetière de l’Ouest
occupe, au pied des monta-
gnes Si-clian, ^ [1| ( montagnes de l’Ouest), une sorte de cirque elliptique dont le grand axe, dirigé sensiblement est-ouest, a environ
douze kilomètres de longueur, de la porte de Tong-k’eoutseu-men k l’ancienne bonzerie de T’ai-ning-sseu, ^ ^ ^ , construite sous les Ming et aujourd’hui entièrement
détruite, sauf la grande tour.
Ce cirque très mamelonné, au moins dans sa partie ouest, se divise en trois vallées principales convergeant sur Leang-kotchouang, celles de :
Tour de T’ai-ning-sseu.
Mou-lin g ^
7'ch’ang-Iing,
A-ko-Iing,
déterminant trois groupes de tombeaux.
Il est fermé par un mur d’environ quatre mètres de haut, interrompu partout où des obstacles naturels ont rendu sa con-
SJ - LING
Carte cliinoise des Si-lin:
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struction inutile; ce mur est percé de nombreux passages grillés et de onze portes :
1° Toug-k’cou-tseu-mcu P ^
2° Pei-k’eou-lseu-meu n 7- PI
3° Si-k’eou-tseii-men P ^
Porte de Tong-k’cou-lscii-men.
P Xau-k’eou-lseu-uicii \Z\
Picii-mcii
<3, 7, 8, 9, 10^’ Ta-houg-meu fü P^
11° Kouei-mcu-kouau P*^
Les quatre premières tirent leur nom de leur position géographique ; la cinquième, dite7^o/*/e Commode, n’est qu’une porte de service ; les cinq suivantes constituent la Grande porte Bouge, la véritable entrée officielle des Si-ling ; la onzième ne sert que pour la sortie du corps des gardiens décédés accidentellement dans l’enceinte du cimetière impérial et qui, ne pouvant y être inhumés sans profanation, sont emportés à l’extérieur, dans les champs de sépulture de leur famille.
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